
KHARTOUM - Le premier commandement de la force mixte tchado-soudanaise reviendra au Soudan, selon les discussions à Khartoum entre les représentants des deux pays, a appris vendredi l'AFP auprès des délégations.
"Les deux parties ont convenu que pour les six premiers mois le commandement de la force mixte soit assuré par la partie soudanaise", indique le document paraphé par le secrétaire d'Etat à la défense tchadien Mahamat Bechir Okoromi et le général soudanais Mohammed Atta al-Moula, chef des services de renseignement et de sécurité. "L'Etat-major de la force mixte, qui sera dirigé par un Soudanais et secondé par un Tchadien pour les six premiers mois, aura son quartier général à El-Geneina", capitale de l'Etat soudanais du Darfour-Ouest située à une vingtaine de kilomètres du Tchad, a indiqué à l'AFP un officiel tchadien sous le couvert de l'anonymat.
"Le 18 février, les commandants de la force mixte des deux pays doivent se rencontrer à El-Geneina pour une prise de contact" pendant laquelle ils "feront la reconnaissance des postes d'observation et arrêteront les modalités pratiques du déploiement de la force d'ici le 25 février 2010", ajoute le document. Auparavant, une rencontre des conseillers juridiques de deux pays est prévue le 8 février à N'Djamena pour "élaborer les règles juridiques d'engagement devant régir la force mixte de sécurisation de la frontière".
Le Tchad et le Soudan, qui entretiennent des relations chaotiques depuis cinq ans, s'accusant notamment de soutenir des rébellions hostiles à leur pouvoir, ont signé mi-janvier à N'Djamena un "accord de normalisation" assorti d'un "protocole de sécurisation des frontières".Dans ces accords, les deux pays se sont engagés à cesser tout soutien à leurs mouvements rebelles respectifs et ont également établi un calendrier pour la création d'une force mixte.
"Nous, nous avons déjà pré-positionné nos forces ainsi que notre matériel. Nous avons nommé nos responsables et attendons le feu vert pour nous déployer", a dit à l'AFP un diplomate soudanais qui a requis l'anonymat. Selon la même source, la force devrait être composée de 3.000 hommes, chaque pays en fournissant 1.500.
Selon le procès verbal de la rencontre, "en cas de besoin", la force "peut solliciter l'intervention des forces de sécurité du pays où elle est déployée".
"Nous sommes décidés à en finir avec ce qu'on appelle le conflit Tchad-Soudan" a déclaré M. Okoromi, ajoutant: "dès notre retour, nous allons tout mettre en oeuvre pour appliquer immédiatement (...) l'accord".
Le président tchadien Idriss Deby Itno est attendu lundi à Khartoum. Une importante délégation tchadienne est arrivée vendredi dans la capitale soudanaise afin de préparer sa visite, selon un journaliste de l'AFP.