Le Parlement français se pronoce sur cinq opérations militaires extérieures

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Les députés et les sénateurs voteront mercredi sur la prolongation des interventions de l'armée française en Côte d'Ivoire, au Tchad, en Centrafrique, au Liban et au Kosovo.
Ces deux débats suivis de votes sur chaque intervention, à l'Assemblée l'après-midi, au Sénat le soir, marquent la deuxième application du nouvel article 35 de la Constitution issu de la révision du 23 juillet 2008. La Constitution révisée impose en effet au gouvernement de soumettre à l'autorisation du Parlement la prolongation des opérations militaires à l'étranger (OPEX) dès lors que leur durée excède quatre mois. Le nouvel article 35 a été appliqué pour la première fois le 22 septembre dernier, quand le Parlement a prolongé le mandat des troupes françaises en Afghanistan.
Mercredi, les parlementaires sont invités à "régulariser" des opérations menées de longue date dans cinq pays, dont trois en Afrique. En Côte d'Ivoire, 1.800 hommes participent à l'opération Licorne, lancée en septembre 2002 pour s'interposer entre les forces gouvernementales et rebelles, et 200 autres militaires à la force des Nations unies (ONUCI), selon l'état-major des armées.
Au Tchad, 1.150 militaires sont déployés dans le cadre de l'opération Epervier, qui remonte à 1986. S'y ajoutent 1.800 hommes déployés depuis 2008 dans l'Est du Tchad et le Nord-Est de la République centrafricaine au titre de l'opération EUFOR de l'Union européenne, destinée à éviter une contagion du conflit du Darfour. En outre, 230 militaires français sont présents en Centrafrique au titre de la mission Boali.
Le Parlement est aussi invité à autoriser la prolongation du mandat des 1.850 casques bleus français au Liban. Ces militaires font partie de la FINUL 2, renforcée après la guerre de l'été 2006 entre Israël et le Hezbollah au sud-Liban.
Députés et sénateurs se prononceront enfin sur la mandat des militaires français déployés au Kosovo dans le cadre de la KFOR de l'OTAN (1.850 hommes) et de la mission EULEX de l'Union européenne (55 civils et 146 militaires).
Au total, 13.290 militaires français sont déployés dans 33 opérations extérieures, pour un coût de 857 millions d'euros en 2008, selon le ministère de la Défense. Sur ce total, 71% des effectifs déployés le sont dans un cadre multilatéral (4.800 hommes engagés dans des opérations de l'OTAN, 2.100 sous les couleurs de l'ONU, 2.100 de l'Union européenne). Le reste, soit 3.500 hommes, est engagé dans des opérations nationales, essentiellement en Côte d'Ivoire et au Tchad.
Le débat de mercredi sera l'occasion de faire le point sur la pertinence de chaque opération, alors que des redéploiements pourraient intervenir dans les prochains mois.
Le Livre blanc sur la défense, publié en juin 2008, a appelé à une "sélectivité" dans les engagements extérieurs de l'armée française, dont le coût n'a cessé d'augmenter ces dernières années. Le Livre blanc avait retenu sept principes directeurs pour ces opérations, dont une "définition de l'engagement dans l'espace et dans le temps, avec une évaluation précise du coût".
En présentant ses voeux aux armées le 6 janvier dernier, Nicolas Sarkozy avait fait part de son intention d'"examiner nos opérations extérieures pour s'assurer que nos engagements correspondent bien à la défense de nos intérêts stratégiques".
Dans un rapport publié pour le débat, la commission des Affaires étrangères du Sénat estime que le report de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire "pourrait inciter à une réflexion sur le bon niveau des effectifs français dans ce pays". Les sénateurs s'interrogent aussi sur le maintien de la participation française à la KFOR, alors que le Kosovo est aujourd'hui stabilisé. Ils estiment enfin que la fin programmée le 15 mars du mandat de l'EUFOR au Tchad "devrait naturellement entraîner" un retrait des effectifs français de la force internationale et un renforcement du dispositif Epervier.
Les parlementaires socialistes ne participeront pas aux votes, a annoncé le PS dans un communiqué. Les socialistes dénoncent le "blanc-seing" demandé par le gouvernement, qui "ne précise pas les redéploiements qu'il envisage". Pour Clotilde Valter, secrétaire nationale à la défense, "ces effectifs sont destinés à être redéployés en Afghanistan dans le cadre de 'l'otanisation' des forces demandée par les Etats-Unis".

AP