
A la tête du patibulaire MPS, Monsieur Idriss Deby avait annoncé en 1990 qu’« il n’a apporté ni or ni argent mais la liberté ». Un aphorisme qui n’a duré que le temps de sa publicité, car les tchadiens ne connaissant pas l’homme, avaient cru et se sont réjouis de l’Etat de droit, mais ils ont vite réalisé qu’ils n’ont aucun droit.
Le peuple tchadien s’est laissé abuser une deuxième fois quand ce dernier avait annoncé qu’il se retirerait de la présidence au terme de son second mandat. Dépourvu de tout droit, le peuple tchadien avait misé tout son espoir de recouvrer sa liberté grâce à une alternance démocratique. Mais très vite l’espoir a fait place au doute que les tchadiens avaient de ce personnage controversé, car il a modifié la constitution pour que vive éternellement le royaume Deby. La suite jugez-en vous-mêmes sinon mon inspiration risque de faire place à la colère.
En faisant le bilan de ce royaume pétrolier, nous apercevons un décalage extraordinaire entre le discours du roi Deby (le Tchad est en chantier) et la réalité des tchadiens qui vivent dans une misère indescriptible. Etranger dans son propre pays, le tchadien ne bénéficie d’aucun service public : il n’y a ni route, ni dispensaire, ni école, ni sécurité qui relève du domaine privé du roi et des princes qui sont au dessus de la loi. Ils tuent, emprisonnent (sans jugement au bagne de Koro Toro, où on compte 15 morts de malnutrition et des tortures depuis le début de l’année. Les survivants ressemblent à des fantômes car ils ont perdus dents et cheveux).
Pour ce qui concerne les observateurs étrangers, je leur demande de s’inspirer du passage au Tchad de la charmante Arielle Dombasle qui n’a rien à gagner dans le discrédit du Tchad ni de notre roi Moussa Dadis Camara, oups pardon Idriss Deby Itno. Le slogan de notre roi qui consiste à marteler « le Tchad est en chantier » c’est de la poudre aux yeux. En réalité c’est une manière assez astucieuse d’enrichir sa gloutonne famille, par qui passent tous les marchés publics exécutés ou sous-traités. Tout dépend de la position géographique des marchés.
De quelles routes parle-il ? Le boulevard Taiwan qui n’a duré que six mois ? Alors que l’échéance de vie d’une route bitumée est de cinquante (50) ans. De quel hôpital parle-il ? De l’hôpital de Melfi qui sert d’enclos aux ânes… De quelle école fait-il allusion ? Des établissements scolaires où ses enfants et ses neveux arrivent à bord de leurs grosses cylindrées munis de leurs pistolets et kalachnikovs terrorisants filles et enseignants ? (le directeur de l’école Thilam-Thilam fut assassiné ainsi). Où encore des châteaux sans eau tel celui de Bebedja etc.
Sa majesté est-il aveugle de ne pas voir le parallèle hautement révélateur du fossé abyssal. Tout ce fait créé et entretenu sciemment entre le bas niveau de vie de l’écrasante majorité des tchadiens, et les gâchis auxquels s’offrent volontiers les princes Deby Itno. Ce sont ces désordres, les injustices et les inégalités qui désespèrent le peuple et le pousse à la révolte, l’UFR en est un exemple.
Qu’est-ce qui peut expliquer le mépris et la violence souvent disproportionnée que les Deby Itno vouent à l’égard des autres tchadiens ? En effet c’est le confort matériel inattendu dans lequel ils vivent et évidemment se complaisent, qui les empêche d’entendre, de voir et de se ressaisir. Sa majesté Deby Itno abuse de ce peuple pacifique une troisième fois, et c’est le comble car il parle de la justice. Il parle de cette justice qui libère et gracie les voleurs de cent trois (103) enfants tchadiens victime de l’arche de zoé.
Quelle honte pour notre roi qui n’hésite pas à condamner l’un de ses plus fideles compagnons depuis plus de vingt ans, qui est aussi son sauveur de février 2008, quand ce dernier a pu convaincre ses frères Zakawa de préférer Idriss à un Gorane.
Pendant que le Président de la plus grande nation des droits de l’homme déclare à la presse qu’il ira chercher les voleurs de l’arche de zoé quoi qu’ils aient fait au Tchad et qu’il viendra les chercher…
Rendre justice c’est condamner à cinq ans de prison un innocent qui a servi d’intermédiaire, pourtant vos frères et sœurs Deby Itno organisent des fêtes pour chaque nouveau milliard soutirés aux contribuables tchadiens. Non Monsieur votre jugement n’est que la justification de l’adage qui dit « qui veut noyer son chien l’accuse de la rage » sinon votre famille qui ne compte aucun financier mais propriétaire du ministère des finances (Douane, trésor, Fiscalité pétrolière) propriété de l’ignare Salaye Deby le nouveau milliardaire » devrait servir d’exemple.
Encore et encore le ridicule sous certains cieux ne provoque pas de honte, n’est-ce pas le Tchad est le seul pays au monde où, au nom du clan, des cadres surgissent de l’ombre comme des fantômes sans passé ni présent, venus de nulle part, dont la seule valeur réside dans leur appartenance au clan. Cette tendance à nous livrer au culte de la médiocrité, à lutter contre les compétences nationales rendent vains tous efforts de développement. Mais rien à faire le fanatisme de Monsieur Idriss Deby est imperméable à tout raisonnement. Les résultats sont là : le Tchad est le pays le plus corrompu au monde, le dernier sur l’indice de développement humain, le dernier après la Somalie sur le respect des droits humains. La liste est longue …Les tchadiens sont-ils dupes ? Non au contraire… Ce sont des personnes conscientes de la situation et qui n’attendent que l’occasion. Les événements de février 2008 devraient servir de leçon. Mais… le mépris d’Idriss Deby à l’égard de ce peuple résiste malheureusement à tout.
Notre drame, ce que nous pensons que l’humiliation (meurtres, viols, pillages, emprisonnements etc.…) réside uniquement dans les violences auxquelles Idriss Deby nous a habituées. Mais en réalité, elle réside également et surtout dans notre réfus obstiné de comprendre ce qui nous arrive. D’organiser la résistance et d’amener le changement tant attendu par le peuple tchadien. N’avons-nous vraiment rien en commun ni rien à proposer ensemble en dehors du modèle tel que conçu et imposé par sa majesté Deby Itno, uniquement pour nous asservir et se servir en toute impunité ? N’est-il pas temps que nous regardions dans la même direction.
Correspondant particulier
N’Djamèna Tchad