Point de presse du 1er Vice-président de l’Union Nationale pour le Développement et le Renouveau (UNDR), Célestin Topona Mocnga. Ndjamena le 09 Janvier 2018 – siège du Parti.

Mesdames et Messieurs les Journalistes

Chers Invités

Camarades Militantes et Militants

De quel sujet un Parti politique peut-il s’entretenir avec la presse en ce début de l’année 2018 au Tchad, si ce n’est de l’impasse dans laquelle le Pouvoir en place nous a plongé tous! Le 20 décembre 2017, le Président National de l’UNDR dans sa conférence de presse organisée à l’occasion des fêtes de fin d’année avait passé en revue tous les maux qui minent l’évolution du Tchad dans un processus démocratique biaisé par le régime. L’écho de la pertinence des propos du Président Saleh Kebzabo, par ailleurs chef de l’opposition démocratique, sur la descente aux enfers du Tchad, a été retentissant au sein de l’opinion tchadienne et internationale. La situation de notre pays a atteint un point de non retour et l’incompétence de notre gouvernement est patente. En ce moment où je m’adresse à vous,  rien ne va plus et les citoyens tchadiens sont désemparés.

Les Tchadiens s’attendaient à ce que l’année nouvelle leur soit annoncée sur le plan politique notamment, avec quelques lueurs d’espoir par des mesures responsables prises par leurs Gouvernants pour juguler le drame financier et économique qui étrangle le pays. Malheureusement, dans sa Déclaration à la Nation, on a entendu le Président Idriss Deby Itno dire tout le contraire des aspirations légitimes de ses concitoyens en obstruant toutes perspectives de règlement de la crise que traverse le pays.

Qu’avons-nous constaté ? Aucun état des lieux de l’économie, aucune phrase sur la gabegie des ressources nationales ni sur le sort réservé aux très nombreux voleurs de la République qui ont asséché sans pitié le trésor public. Rien également de la bouche du chef de l’Etat qui puisse faire dire aux Tchadiens de base, qu’ils ont des dirigeants soucieux de leur sort devant cette crise grave.

Au lieu de cela et parallèlement, des instructions sont plutôt données aux Ministres, d’annoncer au peuple tchadien des mesures encore plus dures comme l’augmentation du prix de l’essence à la pompe qui viendront renforcer les « 16 mesures » antisociales prises unilatéralement en 2016 et dont aucun bilan n’a jamais été fait jusqu’ici. Cette fuite en avant est bien entendu inacceptable.

La sortie médiatique teintée d’arrogance comme d’habitude du Ministre des Finances et du Budget sur un projet d’abattement des salaires des travailleurs de l’Etat, qui circulait en vérité sous le manteau, est venue mettre un terme à tout espoir logique escompté par les fonctionnaires de voir annoncée la fin de leur calvaire provoqué par les mesures antisociales qui les ont plongées dans la précarité extrême. Parce que les mesures prises étaient pour dix huit mois et Décembre 2017 était bien le terme échu à cela. Mais on claironne plus en insultant les agents de l’Etat qui s’accapareraient de toutes les ressources nationales alors qu’ils ne représenteraient que seulement 1% de la population tchadienne. Ce Ministre ignore donc superbement la redistribution du maigre salaire du fonctionnaire à partir du foyer familial jusqu’au village. N’étant peut- être pas un travailleur de l’Etat, il ne comprend pas cette triste réalité.
L’UNDR rejette donc avec la dernière énergie ces dérives du pouvoir, toutes les mesures prises sans concertation avec les acteurs sociaux, et exige du Gouvernement le retrait pur et simple de tout projet allant dans le sens de réduire encore d’avantage les salaires des agents de l’Etat. Ceux-ci ne tiennent déjà pas avec les maigres émoluments qui leur sont versés et les indemnités coupées en deux pour ceux qui en bénéficient.

Le parti renouvelle son soutien total à toutes les forces sociales et politiques opposées à la destruction du Tchad par un régime qui n’a aucune vision du Pays. Seule responsable du drame que les Tchadiens traversent, le pouvoir court le risque sévère de rendre des comptes un jour au peuple tchadien pour les détournements massifs des revenus pétroliers, la mise sous coupe réglée de toutes les régies financières asphyxiant en conséquence l’économie nationale et plongeant ainsi le Tchad dans la banqueroute actuelle.
Célestin Topona : « Aucun abattement de salaire ne saurait être accepté par les travailleurs tchadiens »

 Aucun abattement de salaire ne saurait être accepté par les travailleurs tchadiens. Et l’UNDR appelle le Gouvernement à revenir sur terre, entamer des négociations avec les forces vives pour trouver les voies et moyens de juguler la crise financière.

Sur le plan politique seul un dialogue inclusif permettra au Tchad de sortir de l’ornière dans la quelle l’a enfermé le régime. l’UNDR dans tous les cas, ne s’associera à aucun soit disant Forum qui n’est en réalité que de la diversion pour esquiver les vrais problèmes auxquels le pays est confronté.

Car, comment dans un tel désordre économique, financier, social, politique on peut parler décemment de reforme institutionnelle alors que d’autres part, le contentieux électoral de la présidentielle truquée de 2016 n’est pas vidé et soldé ?

Aussi l’UNDR lance – t- elle un appel pressant à tous les partis politiques et à la société civile de se mobiliser pour faire échec aux actions dilatoires en particulier, pour le retrait immédiat des 16 mesures antinationales, l’annulation de la majoration de 50 000 FCFA des frais d’inscription à l’Université, le rétablissement des bourses des Etudiants, l’annulation de l’augmentation du prix de l’essence à la pompe….

Un des canaux, sinon la principale source de recettes nationales à savoir les services des douanes doivent absolument être assainis par le renvoi systématique des non professionnels qui y pullulent et leur remplacement total par les douaniers de carrière dont beaucoup sont aujourd’hui hors du circuit de leur métier pour des raison inavouées.
La non utilisation des compétences nationales par le régime apparait aujourd’hui comme un véritable programme politique et alimente ainsi l’intolérance d’opinion qui frappe injustement des cadres formés pour servir leur pays et qui sont prêt à le faire.

Le clanisme et le tribalisme exacerbés, érigés en système de gouvernement est en train de diviser en plusieurs fractions l’entité nationale. Le régime en est le seul responsable, et l’UNDR lui demande de faire une volte-face salutaire par rapport à ce comportement politique d’un autre temps. Car, sa perpétuation est obsolète et porteuse de germes qui sont des risques existentiels pour le Tchad.

Comme elle l’a toujours réaffirmé aux Tchadiens, l’UNDR dit qu’il n’est jamais trop tard pour sauver une situation même désespérée. Il est demandé aux gouvernants d’écouter la voix du peuple et en particulier au chef de l’Etat de chercher à sauver avec les autres acteurs politiques de l’opposition le pays qui nous appartient tous en allant à un dialogue politique vrai et inclusif. Toute autre voie nous amènera tout droit au mur.

Je vous remercie

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