Longues journées de travail, mauvais salaires, non respect des lois sur le travail, contacts avec les produits chimiques dangereux…

 

De manière générale, le problème de l’emploi se pose avec acuité au Tchad. Il est tant urbain que rural et touche pour la plupart de jeunes. Au demeurant, pendant que le marché d’emploi se dégrade au jour le jour, des milliers d’employés tchadiens travaillant dans les entreprises chinoises sont victimes d’exploitation et de mauvais traitements avec peu de garantie de l’Etat tchadien. L’arrivée de 34 compagnies chinoises pour répondre à l’appel d’offres des six grands projets lancés par l’Etat, autorise un espoir pour les nombreux chômeurs que compte le Tchad. Cependant, travailler avec les Chinois est loin d’être une sinécure. En effet, plusieurs entreprises chinoises emploient actuellement des milliers des Tchadiens qualifiés ou non qualifiés. 

Ces employés ne cessent de se plaindre des mauvais traitements dont ils sont l’objet. Traitement par rapport au salaire et au travail. Un ex-employé de la CNPC, ayant démissionné un mois après son emploi confie: «travailler avec les chinois, c’est aller en enfer. Vous travaillez beaucoup pour gagner peu. Vous avez un temps de pause très court. Ils nous utilisent de 7 heures à 18 heures». Selon lui, «tu peux faire un même travail qu’un chinois ou un autre expatrié, mais, les rémunérations ne sont pas les mêmes. Le chinois ou l’expatrié a peut être le triple de ton salaire, voire plus». Un autre ex-employé de la CNPC confirme: «des mauvaises pratiques constatées sur le terrain sont dues à la pénibilité du travail, au travail physique qui peut facilement conduire à la mort. En plus, les Chinois ne respectent la législation du travail et n’assurent pas la sécurité des travailleurs».

 

 
© La Voix 
Le Chinois du et au Tchad!!!

Contentieux
Preuve que la situation n’est pas du tout facile pour les employés tchadiens, l’inspection et le tribunal de travail reçoivent régulièrement des plaintes. Ces plaintes sont soit collectives, soit individuelles. Elles portent généralement sur l’amélioration des conditions de vie, sur la revendication des droits sociaux. Diverses sources confirment que les textes réglementaires ne sont pas toujours respectés. Les employeurs ne tiennent pas toujours compte du code du travail. La période d’essai – fixée à 15 jours pour un contrat à durée déterminé et 3 mois pour un contrat à durée indéterminée – n’est plus respectée. Il y a des périodes d’essai qui s’étendent à une année voire une année et demie.

D’autres employeurs ne passent plus par l’Office national pour la promotion de l’emploi (ONAPE) pour lancer les recrutements. Mais, malgré ces multiples difficultés et violations du code du travail, les jeunes tchadiens n’ont pas d’autre choix que de « se débrouiller » dans ces chantiers. Titulaire d’une maîtrise en sociologie, Jean Soumaïla, employé à la raffinerie de Djermaya fait partie de ces jeunes. «Je suis obligé de continuer avec ce travail afin de subvenir aux besoins de ma famille. Il y a 3 ans, j’étais vacataire dans un lycée de N’Djaména, mais cela ne me rapportait que 25 000 francs CFA par mois. Avec la cherté de la vie, je ne pouvais pas joindre les deux bouts. C’est ainsi que j’ai eu la chance d’être recruté par les Chinois, même si la communication ne passe pas bien entre nous». Contrairement à Jean, certains employés tchadiens n’hésitent pas à saisir l’inspection du travail pour obtenir une réparation. A l’inspection de travail, la conciliation est la voie la plus sûre. En cas de conciliation, un procès verbal est signé par les deux parties et, c’est l’inspecteur de travail qui a fait la conciliation. Dans le cas contraire, il dresse un procès verbal de non conciliation et l’envoie au tribunal de travail, qui statue illico.

Il reste cependant à savoir si les projets annoncés pourront offrir assez d’emplois. En effet, pour les travaux de construction, il se souvent le problème de l’expertise qui fait souvent défaut. Faute d’avoir des travailleurs qualifiés sur place, les Chinois sont obligés d’employer leurs propres cadres. Ce qui est, un manque à gagner pour les Tchadiens.

 

 

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