A chaque élection, les futurs présidents français jurent vouloir en finir avec la Françafrique. Promesse bien vite oubliée une fois le scrutin passé. La realpolitik reprend ses droits, et sans attendre, les autocrates africains retrouvent le chemin de Paris, le perron de l’Elysée. Les grandes multinationales hexagonales continuent de se frotter les mains, les profits s’accumulent par-delà la Méditerranée, et tant pis si pour cela, il faut piller, spolier, polluer. Les bases militaires françaises entretiennent la valse des Rafale, dont on ne sait trop s’ils bombardent (à raison) les fous de Dieu ou (à tort) les fous de liberté. Les rotatives de Chamalières, petite bourgade auvergnate, ne cessent de cracher des billets de Franc CFA, ces vestiges de la colonisation qui iront s’échanger sur les marchés de Bamako ou de Douala. Cameroun, Rwanda, Côte d’Ivoire, Centrafrique… On ne compte plus les théâtres d’opération où l’Etat français a failli ces soixante-dix dernières années, contribuant à entraîner des pays dans la ruine et parfois même le génocide.

Mais la donne change. Les réseaux françafricains ne sont plus aussi puissants qu’ils l’étaient du temps de Jacques Foccart ou même de Jean-Christophe Mitterrand, alias « Papa-m’a-dit ».  Déjà, parce que la France n’est plus seule maître de l’échiquier. Outre les traditionnels « partenaires » de la Perfide Albion et de l’Oncle Sam, se sont faits une place au soleil brûlant d’Afrique les Chinois et leur impérialisme économique, les pays du Golfe et leurs pétrodollars, les Russes et leurs mercenaires. Par ailleurs, certains gouvernements du continent veulent désormais aller au bout de l’indépendance et appliquer la maxime du révolutionnaire burkinabé Thomas Sankara, qui proclamait : « nous préférons faire un pas avec le peuple plutôt que dix pas sans le peuple ». Et surtout, les citoyens n’entendent plus rester les bras croisés. Aidés par les réseaux sociaux et le développement fulgurant des sociétés civiles, ils militent pour que ces rapports de domination d’un autre âge n’aient plus cours dans l’Afrique du XXIème siècle.

La Françafrique est-elle condamnée ? A terme, sans doute. Mais pour le moment, aidée en cela par une guerre contre le terrorisme islamiste qui justifie tout, y compris de maintenir les plus barbares tyrans au pouvoir, elle semble avoir de beaux jours devant elle. Ainsi, à l’initiative du romancier Thomas Dietrich, en partenariat avec les ONG Survie, Internet Sans Frontières, Diplo21 et le journal Fakir, une conférence-débat est organisée :

 

En finir avec la Françafrique Le samedi 6 octobre 2018 de 14 heures à 18 heures 30 Au Normandy Hôtel, 7 rue de l’Echelle, 75 001 Paris 

(Métro : Palais-Royal-Musée-du-Louvre) 

 

Cette conférence-débat se structurera en 3 tables-rondes, qui permettront de se questionner, d’analyser les différentes facettes, les différentes mutations de la Françafrique mais aussi de militer pour des rapports entre le continent africain et la France qui ne soient plus marqués du sceau de la sujétion.

 

  • Ouverture par Danièle Obono (députée La France Insoumise de Paris) ;

 

  • 1ère table-ronde sur l’Histoire de la Françafrique à travers ses grandes crises avec Thomas Deltombe (journaliste et essayiste), Théophile Kouamouo (journaliste au Média), David Mauger (porte-parole de Survie) et Abdourahman Waberi (écrivain). Modération par Thomas Dietrich (écrivain) ;

 

  • 2ème table-ronde sur la persistance de la Françafrique à l’heure actuelle avec Abdelkerim Y. Koundougoumi (responsable Afrique Centrale d’Internet sans frontières), Mahamat Nour Ibedou (secrétaire général de la Convention tchadienne pour la défense des Droits de l’Homme), Bienvenu Matumo (membre de La Lucha) et Laurence Ndong (Enseignante-chercheuse, membre du collectif Tournons la Page). Modération par Makaila Nguebla (journaliste) ;

 

  • 3ème table-ronde sur les solutions pour en finir avec la Françafrique et refonder le partenariat entre la France et l’Afrique avec Francis Laloupo (enseignant, journaliste à Africa n°1), Yannick J. Nambo (auteur, président de Diplo21), Kako Nubukpo (économiste) et Michèle Rivasi (députée européenne EELV). Modération par Stéphanie Hartmann (journaliste à Africa n°1) ;

 

  • Mot de la fin par Thomas Dietrich et Michèle Rivasi.

 

L’entrée sera libredans la limite des places disponibles. Chaque table-ronde sera suivie par des questions de la salle. Les ouvrages des différents intervenants seront en vente lors de la conférence. Survie, Tournons la Page et Fakir tiendront également chacun une table avec leurs publications.

Tchadanthropus-tribune

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