A l’Est comme à l’Ouest, l’annonce de la “libération” de Saïf el-Islam Kadhafi, le 9 juin, a déclenché de grandes manœuvres visant à réintégrer les nostalgiques du kadhafisme au jeu politique… tout en “neutralisant” l’ex-dauphin putatif de Mouammar Kadhafi. En recevant une grande délégation de notables Tarhounadans son quartier général d’Al Marj, le 12 juin, Khalifa Haftar a avant tout cherché à “préempter” cette tribu, incontournable en Tripolitaine, face au possible retour de Saïf el-Islam sur la scène politique. Les Tarhouna, qui avaient fourni de nombreux cadres militaires et sécuritaires au régime du “colonel”, lui étaient restés fidèles jusqu’aux derniers jours de la révolution de 2011. C’est d’ailleurs la ville de Tarhouna qu’avait choisi l’un de ses fils, Khamis Kadhafi, pour se replier avec les restes de sa 32e brigade blindée. Depuis, les Tarhounasont restés relativement neutres. Leur basculement dans le camp du général Haftar ne permettrait pas seulement à celui-ci de renforcer son statut de chef naturel des kadhafistes : bien implantés dans certains quartiers de Tripoli, les Tarhouna lui permettraient d’accentuer la pression militaire sur la capitale.De son côté, le chef milicien Haitem Tajouri tente de mettre à profit sa récente mainmise sur les prisonniers VIP de l’ère Kadhafi, pour ouvrir des canaux de discussion. C’est le sens du dîner d’iftar qu’il a ostensiblement offert, le 12 juin au Radisson Blu de Tripoli, à Saadi Kadhafi, l’ex-premier ministre Abu Zaid Dorda et, surtout, à l’ancien patron des renseignements Abdallah Senoussi. Ces dignitaires, longtemps détenus par le chef islamiste Khaled al-Sharif, sont passés sous son contrôle après la reprise de la prison de Habda par des forces loyales au gouvernement d’union nationale de Fayez Sarraj, fin mai. Ils ont été placés, selon nos sources, en résidence surveillée dans un très cossu ensemble de villas de Tajoura, fief de Haitem Tajouri. En “fêtant” ainsi ses prisonniers, ce dernier tente de jeter des ponts avec leurs tribus d’origines : Kadhafa, Gharian, et Megrahi.Ces manœuvres pourraient accélérer le rapprochement entre Khalifa Haftar et le premier ministre Fayez Sarraj, négocié depuis un mois (Aucun des deux ne tient à voir un membre de la famille Kadhafi revenir en première ligne. Et Haitem Tajouri a déjà facilité leur rapprochement en expulsant de Tripoli les milices affiliées à l’exécutif “rebelle” de Khalifa al-Ghwell

Tchadanthropus-tribune avec Africa-intelligence

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