La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris vient de rendre un avis favorable à l’extradition vers le Burkina Faso de François Compaoré. Le frère de Blaise Compaoré, dictateur renversé par la rue en 2014 après 27 années au pouvoir, est suspecté d’être le commanditaire de l’assassinat de Norbert Zongo et ses compagnons, le 13 décembre 1998 : cette décision intervient donc quasiment 20 ans jour pour jour après la mort de ce journaliste.

L’association Survie, qui demande cette extradition depuis longtemps [1], salue cette décision qui est un pas important vers un procès dans cette affaire emblématique des années Compaoré au Burkina Faso. Il reste cependant d’autres étapes avant que cette extradition puisse avoir lieu et que la justice burkinabè puisse faire son travail. La décision d’aujourd’hui est en effet susceptible d’un recours, dans un délai de cinq jours, auprès de la Cour de Cassation. Si tel était le cas, Survie espère un rejet et sera surtout vigilante sur la phase politique qui s’ouvrira ensuite : la Garde des sceaux devra en effet soumettre au Premier ministre un décret d’extradition, sans qu’aucun délai ne soit fixé [2].

Thomas Borrel, porte-parole de Survie, l’explique : « Nous nous réjouissons de la décision judiciaire rendue aujourd’hui, même si nous sommes conscient que les avocats de François Compaoré ne manqueront pas de l’attaquer devant la Cour de Cassation. Nous espérons que ce pourvoi sera rejeté, et nous demandons au gouvernement français de tout mettre en oeuvre pour que soit alors pris sans délai un décret d’extradition. Le président Emmanuel Macron, qui avait été interpellé à ce sujet par une étudiante après son discours à Ouagadougou l’année dernière, a conscience que la France est attendue sur ce dossier emblématique. »

L’association Survie rappelle que les autorités françaises ont déjà permis au frère de François Compaoré, l’ex-dictateur Blaise Compaoré, d’échapper à la justice de son pays : les forces spéciales françaises l’avaient discrètement exfiltré il y a quatre ans, à l’issue de l’insurrection populaire. Il a vécu depuis au Maroc et en Côte d’Ivoire, à l’abri de toutes poursuites.

 

Contact presse :

Thomas Borrel – (+33)6 52 21 15 61 – thomas@survie.org

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