Amnistie au Tchad, le ministre de la Justice Djimet Arabi confirme la décision sur l’étendue du territoire. Une amnistie que plusieurs entités opposées au pouvoir autocratique du MPS réfutent et rejettent.

Le Tchad est passé le vendredi 4 mai dernier à sa IVe République. Une 4ème république qui l’engage, et par laquelle il voudrait faire absoudre toutes les ratées de sa gouvernance. Au cours de la promulgation, Idriss Déby a annoncé une amnistie générale à tous les Tchadiens en exil pour des raisons politiques ou quelconques. Mais, personne n’y croit, car par cette décision, le dictateur tchadien veut faire admettre à la communauté internationale qu’il passe l’éponge sur ses propres dérives en excusant ses adversités. Pratiquement toute l’opposition politico-militaire, l’UFDD, et l’organisation de monsieur Timan Erdimi ont rejeté en bloc cette amnistie qui résonne faux.

Dimanche dernier, le ministre tchadien de la Justice, Djimet Arabi, est revenu sur la portée de cette mesure. Selon le ministre de la Justice, “ La prochaine loi d’amnistie sera prise assez rapidement va concerner un large éventail de crimes – quand on parle de l’amnistie, c’est une loi qui efface toutes les infractions qui ont été commises, et ça le fait d’une façon rétroactive. Même ceux qui ont détourné de l’argent, ceux qui ont tué, ceux qui ont pillé. Une fois qu’il y a cette loi d’amnistie, elle efface toutes les infractions et ils peuvent tranquillement rentrer chez eux “.

Comment peut-on mettre sur les mêmes pieds d’égalité des personnes qui ont commis un crime économique, assassiné une personne gratuitement avec l’opposition qui se bat pour ses idées et la démocratie ?

Comment peux-on confondre iniquement et cyniquement l’absolution des tords faits contre le peuple tchadien ?

Aucun patriote ne doit accepter cette soustraction faite expressément pour absoudre ses proches parents, ses complices et ses alliés dans la mise à sac de notre pays. Les Tchadiens ne doivent pas être dupes. La jeunesse ne doit pas accepter de se faire lapider de cette manière, car seule la justice saura faire la balance des actes. Aucune amnistie n’intéresse les Tchadiens sobres et alertes. Il faut séparer le foin de l’ivraie.

Comme par ironie et arrogance, dans son discours, à l’occasion de la promulgation de sa IVe République, Idriss Déby lui-même a annoncé une guerre sans merci contre les détournements et les vols des biens publics. Ce faisant, ne donne-t-on pas une prime aux auteurs de détournements ? Non, estime le garde des Sceaux Djimet Arabi “ Ce n’est pas forcément pour favoriser l’impunité, mais je pense qu’à un moment donné, il faut pardonner, il faut tourner la page pour que les gens recommencent à zéro “. Mais de qui se moque-t-on ? Peut-être en s’exprimant ainsi le même Djimet Arabi pense à ses détournements faits quand il était responsable à Moundou ?

Quant à douter de la sincérité du pouvoir, qu’Idriss Déby libère Daoud Bouyeneou emprisonné par la complicité des services d’Oumar Al-Béchir avant de le livrer à Idriss Déby qui le torture par l’intermédiaire de ses sbires à Abéché ! Que ce même pouvoir admette de libérer tous les prisonniers politiques dans ses geôles et à Koro-Toro, qu’il libère Mahamat Hassan Boulmaye, Adam Yacoub Ahamat et Abderaman Issa Youssouf. Les Tchadiens ne sont pas dupes, la réaction viendra à point nommée.

Tchadanthropus-tribune

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