Selon des informations vérifiées, des cavaliers armés des fusils ont exécuté dans la région de Bahr El gazelle. Bilan de cette activité macabre – 2 morts et 9 blessés suite à une attaque dans le village Hougué à l’est de Moussoro.

 

Vendredi 19 octobre 2018 à 5 heures du matin, des cavaliers armés des divers fusils ont surpris des familles pendant la préparation de la prière de Soubouh (aube). Ils ont tué 2 hommes et blessé 9 autres (dont 2 femmes et un enfant). Les cavaliers auraient aussitôt pris la fuite lorsqu’ils ont fini de cribler des balles des familles appartenant à la communauté yiria (Kréda. Des familles qui ont été désarmées la veille par les autorités locales, suite à un différend autour d’un puits. Le différent les oppose à une autre faction de communauté Arsara (Kréda), mais qui est rattaché au canton Gourda (Kréda). Un canton nouvellement mit en place qui ce dernier temps.

 

Aucun assassin n’aurait été arrêté et tout ce beau monde se serait retranché dans un village sous la haute protection du puissant général de la garde nomade, le nommé Mahamat Saleh Brahim, par ailleurs oncle maternel du président Deby.

 

Mahamat Saleh Brahim dont le rôle dans le conflit n’est pas innocent serait le gendre de la fraction Arsara (canton Gourda) et il aurait donné des instructions fermes pour neutraliser toute tentative d’attaque du village où se seraient retranchés les assaillants. C’est ainsi que 3 personnes ont été grièvement blessées il y a trois jours lorsqu’ils ont tenté d’attaquer ledit village.

 

 

Les deux communautés Kréda par ailleurs très proches par le lien du mariage ne sont pas à leur première bataille, mais c’est pour la première fois que des armes à feu soient utilisées. Pour le moment le conflit reste encore ouvert et malgré une forte mobilisation des gardes nomades de diverses régions sous la direction du même général Mahamat Saleh Brahim qui en fait un problème particulier. La tension reste vive.

 

C’est ainsi qu’une première tentative de conciliation à partir de Ndjamena a échoué. Cette recrudescence de conflits au Bahr El gazelle laisse aussi plusieurs points d’interrogation. Qui a armé une partie et désarmé l’autre camp ? Aussi, cette attaque de cavaliers qui s’est produite au même moment que celle dans la région du Ouaddaï semble user des mêmes méthodes malgré l’affirmation d’indépendance de la communauté Arsara dans l’attaque.

 

 

Par ailleurs l’ont remarque que les conflits latents au Bahr El Gazelle ressurgissent subitement au même moment. Il y a de quoi s’interroger sur les vraies causes du conflit et la nature des acteurs impliqués à différent niveau. Surtout celui du général Mahamat Saleh Brahim et celui du pouvoir en général. Il n’est pas superflu de penser qu’une main cachée attise les tensions intercommunautaires.

 

Correspondance particulière pour Tchadanthropus-tribune

 

Guinassou Ogouzami

 

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