Pourquoi le président congolais Dénis Sassou Nguesso force pour que le tchadien Abbas Tolli soit éjecté de son poste de gouverneur de la BEAC à Yaoundé ?

C’est un tournant décisif pour la survie du gouverneur Abbas TOLLI à la tête de la BEAC. Tout a commencé le 28 mars 2020, le Gouverneur ABBAS TOLLI prend part à Brazzaville à la 3e session extraordinaire du Comité de Pilotage (COPIL) du Programme de Réformes Économiques et Financières de la Cemac (PREF-CEMAC).

Au cours de cette session il avait été décidé que la BEAC mettra à disposition de la BDEAC (Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale) dont le siège est à Brazzaville la somme de 90 milliards comme contribution aux efforts déployés par les États dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Il avait été aussi acté que la BDEAC mettrait les fonds à la disposition des États après que ceux-ci ont soumis un projet public recevable par la BDEAC en rapport à la riposte contre la Covid-19.

L’État Congolais comme tous les autres États membres de la Cemac soumettra un projet de riposte anticovid-19 à la BDEAC. Le projet jugé recevable, la BDEAC donnera l’ordre à la BEAC Nationale du Congo, où est domicilié son compte contenant les 90 milliards, de virer la quote-part du Congo. Le Directeur National pour le Congo étant absent, le virement sera validé par ses deux Adjoints conformément aux textes de l’institution. 

D’après les faits rapportés, et chose curieuse, le gouverneur ABBAS TOLLI entrera dans une colère noire après l’exécution de ce virement et décidera de relever de leurs fonctions les deux adjoints avec effet immédiat et de les remplacer par ses affidés des Services Centraux au mépris des équilibres sociologiques et politiques de l’État Congolais. Une décision prise sans consultation des autorités congolaises et pire du représentant de l’État Congolais au sein du Gouvernement de la BEAC. 

Le Gouverneur ABBAS dans son incompétence notoire estime que la mise à disposition de ces fonds en faveur des États devait être subordonnée à son accord conformément aux procédures de la BEAC en matière de refinancement pourtant ladite opération n’était nullement une opération de refinancement au sens stricto sensus. 

Bien plus la procédure pour ces opérations avait été décidée à l’unanimité par ses patrons les Ministres en charge de l’économie et des finances lors d’une réunion à laquelle il a pris part mais sieur ABBAS TOLLI par mauvaise foi mais surtout pour légitimer la sanction des cadres congolais s’entête à vouloir assimiler l’opération à une opération de financement or il n’en est rien !

Il est important de relever qu’ABBAS TOLLI entretient des rapports très conflictuels avec l’actuel Président de la BDEAC, l’équato-guinéen Fortunato MBO NCHAMA, et dans sa volonté de nuire à ce dernier il s’en prend aux cadres congolais à qui il reproche en réalité d’avoir exécuté un ordre de son ennemi. Pourtant ceux-ci ont fait uniquement leur travail conformément aux résolutions du COPIL PREF-CEMAC en séance du 28 Mars 2020 et dans le strict respect des procédures, de l’éthique et de la déontologie.

Cet excès de zèle du gouverneur ABBAS n’est d’ailleurs par le premier, surtout vis-à-vis de l’État Congolais. Le cadre congolais TSONO NDZALE Dominique exerçant aux Services Centraux de la BEAC avait été sollicité par l’État Congolais pour son expertise mais le Gouverneur ABBAS refusa de le mettre en disponibilité pour aller servir son pays et ceci sans aucune raison. Pire il traduira ce dernier au conseil de discipline dans la perspective de son licenciement en violation de tous les textes de la Banque. De même le Gouverneur ABBAS fait obstruction depuis des longs mois déjà au choix souverain de l’État Congolais sur le nouveau Directeur National désigné pour remplacer l’actuel appelé à d’autres fonctions. 

Le limogeage des deux Adjoints au Directeur National de la BEAC pour le Congo tombera comme une goutte d’eau qui va déborder le vase et soulèvera le courroux des autorités Congolaises qui après avoir qualifié l’acte d’inopportun, de violent, d’injuste et ayant pour but de déstabiliser la position de la République Congolaise au sein de la BEAC, demanderons au Gouverneur ABBAS de reconsidérer cette sanction.

À la suite de ces sanctions, le 5 mars 2021, trois ministres congolais ont adressé une correspondance au directeur de la Beac, lui demandant de « reconsidérer ses sanctions » contre les directeurs congolais au sein de la banque.

Pire Le Gouverneur ABBAS sera convoqué manu militari à Oyo par le Président Denis SASSOU NGUESSO. Celui-ci lui aurait d’un ton très ferme exprimé son mécontentement. Après le départ d’Abbas Tolli du palais présidentiel, Sassou Nguesso confie à ses ministres qu’il va demander le départ, d’Abbas Tolli de la tête de l’institution.

Rappelons que depuis son arrivé à la tête de l’institution ABBAS TOLLI brille par une incompétence à nulle autre pareille. Tout y passe : gabegie, népotisme, clientélisme, favoritisme, brimades, gestion chaotique du personnel et violation de leurs droits acquis, transgression des textes fondateurs de l’institution, mépris de sa hiérarchie, politique du deux poids deux mesures.

Le climat social y est complètement détruit avec pour conséquences des menaces de grève à répétition, la démotivation généralisée, les départs volontaires et démissions en série. La position du Président SASSOU NGUESSO de limoger ABBAS TOLLI est perçu comme salutaire par la majorité des employés de la BEAC y compris tchadiens. Les autres Chefs d’États de la Cemac emboîteront sûrement le pas pour sauver ce fleuron de la Cemac.

Ainsi va la République

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BORIS BERTOLT

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