Quel est le nombre des chômeurs au Tchad ? Répondre à cette question, c’est comme tenter de savoir le nombre des Tchadiens souffrant du paludisme… En effet, il n’existe pas des statistiques officielles exhaustives pour évaluer le nombre des chômeurs et des emplois crées. Aussi ce pays ne dispose pas de politique publique adéquate du gouvernement dans ce sens en dehors de l’Office National pour la Promotion de l’Emploi(ONAPE) qui est un organisme public qui fonctionne sans un véritable résultat dans la collecte et la production des statistiques des chiffres sur les chômeurs sur l’ensemble du territoire tchadien. Cependant, l’ONAPE possède à son sein une Division Statistique, Etudes et Evaluation, produisant des statistiques sur l’emploi, mais qui sont très limitées et qui ne reflètent pas sur l’ampleur du phénomène du chômage au Tchad. Ainsi, avant d’aborder la question, il est important de défini le chômeur, les différentes formes de chômage et enfin les catégories socioprofessionnelles qui sont beaucoup touchées.

Le chômage par définition est généralement la situation d’une personne âgée de plus de 15 ans, privée d’emploi et qui souhaite vraisemblablement travailler. C’est une définition qui est beaucoup restrictive, cependant la suivante repose sur les différents critères : « Sont au chômage toutes les personnes au-dessus d’un âge déterminé, qui n’exercent pas d’emploi rémunéré ou ne sont pas travailleurs indépendants, sont disponibles pour travailler et s’efforcent de trouver un emploi rémunéré ou devenir travailleurs indépendants. » De cette définition peut découler les différentes formes de chômages telles que le chômage volontaire qui provient du refus de travailler, résultant d’un niveau réputé trop bas des salaires ou de conditions de travail jugées non-acceptables. En revanche, le chômage involontaire correspond à la définition entendue par le Bureau International du Travail(BIT).

Il existe aussi le chômage d’attente, de recherche ou de prospection. Ceci est à noter que le chômage volontaire correspondant à la période d’investissement en information ou formation pour trouver le meilleur emploi (sachant que le chômeur peut disposer au cours de cette période d’un revenu de remplacement). Le chômage frictionnel quant à lui est lié au délai nécessaire pour trouver un autre emploi. Ce type de chômage mesure l’imperfection du marché du travail (absence de transparence ou mauvaise information). Pour ce qui est du chômage de mobilité, il faut noter que les travailleurs employés sont en permanente mobilité. À tout moment, des individus quittent leur emploi pour changer d’entreprise, de région, de salaire, de poste, de conditions de travail. Dans ce sens, à la mobilité entre les différents emplois s’ajoutent les périodes de mobilité entre activité et inactivité. On a aussi le chômage conjoncturel ou le chômage cyclique qui illustre l’idée que l’emploi est tributaire du niveau de l’activité économique. Il peut résulter d’un ralentissement d’activité ou de l’évolution négative de l’économie qui peuvent présenter un caractère cyclique. Le chômage saisonnier est lié aux variations d’activité au cours de l’année dans certains secteurs économiques (exemple le tourisme). Lorsque 52.000 candidats participent au concours d’entrée à la police nationale pour 5000 places, cela nous donne de façon précise une idée sur l’ampleur du phénomène de chômage surtout touchant les jeunes tchadiens ou ayant adoptés le Tchad comme demeure. Une population de plus en plus très jeune dont 49% des Tchadiens sont âgés de moins de 15 ans, 48% entre 15 et 63 ans et seulement 3% ont plus de 63 ans. De 3 millions d’habitants en 1960, la population passe un peu plus de 13 millions en 2015 et elle sera probablement doublée d’ici 2030.

D’Ici 2030, le taux de moins de 15 ans et plus sera considérablement augmenté. En outre, ce rajeunissement naturel ou exponentiel se traduit par un taux de croissance démographique de l’ordre de 3,5% par an, un taux de fécondité de 6,4 enfants par femme et par an, le plus élevé au monde, suivi ou avec celui du Niger, pays voisin du Tchad. Cette pression démographique aura d’énormes conséquences sur les capacités d’offres de l’emploi, habitat, santé, éducation, production d’électricité, d’eau, agricole etc. Pour revenir à la question d’emploi, des jeunes qui sont de plus en plus nombreux à venir sur le marché de l’emploi, il existe en général deux secteurs qui peuvent recruter. Il y a d’une part le secteur public et d’autre part le privé surtout l’économie formelle, dont le premier est incapable d’absorber toute la demande faute de places et de budget. Malheureusement le second recrute certes, mais suivant d’exigences professionnelles. Que doit finalement faire l’Etat tchadien pour encourager la création d’emplois, surtout en faveur des jeunes ? Cette réponse doit s’orienter vers un assainissement du cadre macro-économique pour permettre à l’économie nationale de créer des richesses légales et profitables à tous les fils et filles du Tchad. Et dites-vous que sans cela, aucune création massive d’emploi n’est pas possible. Par conséquent, il faut développer si cela est possible tous les secteurs (primaire, secondaire et tertiaire) de l’économie en encourageant le secteur privé. Sinon, une grande bombe démographique qui s’accumule devant nous, surtout des jeunes avec des conséquences politiques sociales et économiques prévisibles que cela pourra entraîner….

Chronique de Kébir Mahamat Abdoulaye

http://zeidane.over-blog.fr/2017/05/tchad-il-n-existe-pas-des-statistiques-officielles-exhaustives-pour-evaluer-le-nombre-des-chomeurs-et-des-emplois-crees-constate-l-e?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_sharebar

Tchadanthropus-tribune avec Regards Africains de France

 

1524 Vues

Il n'y a pas encore de commentaire pour cet article