Commentaire sur la sortie du ministre, porte-parole du gouvernement m Koulamallah sur le dialogue national et les pourparlers avec les politico – militaires.

Après la phase 1 des prises de contact, nous avons lu et apprécié les différents communiqués des politico-militaires et du chef de délégation du Comité technique Spécial M Allamine Bourma Treya. Tout le monde a souligné le climat serein, la cordialité qui a entouré les échanges. On pouvait espérer une avancée lors de la prochaine étape du Pré-dialogue. Toutes les délégations sont rentrées au Tchad pour faire leur compte rendu.

Que s’est-il donc passé pour que Koulamallah remette tout en question

Pourquoi dégage-t-il le responsable en chef, Goukouni Weddeye, pour, au nom du gouvernement, saboter les pourparlers avec les politico-militaires ?
Koulamallah a posé un acte grave en remettant en question tous les échanges avec les politico-militaires.
Voici précisément ce qu’il a déclaré :

« La négociation avec les politico militaires est une négociation exclusive du Comité spécial…Ce que nous nous demandons au niveau du gouvernement c’est, est-ce que ces conditions sont réelles pour venir au dialogue ou bien, est-ce de la simple poudre aux yeux pour refuser de venir au Dialogue ? »

Sur l’amnistie et la libération de tous les prisonniers politiques :

« La question de l’amnistie est un peu prématuré, les gens ne sont même pas venus au Dialogue, qu’ils posent qu’on libère des personnes qui ont été arrêtées sur le champ de bataille en mettant en danger les institutions de la République. Ils ont signé des accords avec le Comité technique, Ils doivent montrer leur volonté de dialogue. Qu’ils viennent au Dialogue. C’est normal que ce dialogue renferme tous les aspects de la réconciliation nationale. Et la libération de prisonniers politiques fait partie de ces aspects. »

Sur l’affaire Tom Erdimi et la demande de libération formulée par son frère Timan Erdimi :

« M Tom Erdimi est un tchadien, qui a été arrêté en Égypte. Il était un réfugié politique en Égypte. Timan doit interroger les autorités égyptiennes. Donc cette question ne me parait pas essentielle dans ce dialogue. Que M Timan Erdimi vienne au dialogue et expose la situation de son frère et je pense que le Dialogue National prendra probablement une résolution. Nous n’avons rien à avoir avec cette affaire »

Sur le Pré- dialogue :

« Nous n’allons pas multiplier les dialogues et les pré-dialogues. Les discussions entamées avec le CTS sont déjà un pré-dialogue. Qu’est-ce qui est important ? Il faut que nous nous retrouvions dans une salle en train de reconstruire notre pays.

Commentaire :

La sortie de Koulamallah démontre à l’évidence qu’il y a une grosse reculade du CMT par rapport à sa volonté de négocier la paix. M Koulamallah dit que les négociations sont du ressort exclusif du CTS, alors de quoi, il se mêle ? Qu’il laisse les responsables des organes compétents se prononcer. Il les écarte et déclare agir au nom du gouvernement. Il informe donc que le gouvernement est en train de reculer.

La mauvaise foi de Koulamallah lui pend au nez quand il parle de doute sur les intentions de paix des rebelles. Il est clair que les problèmes se sont accumulés sur leur tête par rapport aux préalables posés par les politico-militaires.

Koulamallah a parlé de signature d’accords avec le CTS, or, ce que l’on a vu : ce sont des signatures de PV sur des préalables, sur l’acceptation de ces préalables qui ouvriraient une autre phase de Pré-dialogue avant le Dialogue National Inclusif.

Manifestement, selon Koulamallah, le gouvernement n’est plus d’accord. Il a ainsi démontré que Goukouni Weddeye est un responsable sans aucune importance et qu’il convient de mettre de côté, à son profit.

Sur l’amnistie et la libération des prisonniers politiques et de guerre.

Un petit rappel : M KOULLAMALLAH faisait partie des politico -militaires en 2008, au Soudan. Idriss Deby l’avait fait condamner en même temps que tous les responsables des groupes politico-militaires. En 2010-2011, Koulamallah demanda à rallier le régime d’Idriss Deby. Ce dernier exigea que M Koulamallah passe par la case prison avant de bénéficier d’une amnistie. C’est ainsi que Koulamallah, dès son arrivée au Tchad, fut mis en prison.  Il resta un mois ou deux et il fut amnistié par un décret de Deby.

Voilà l’humiliation que lui fit subir Idriss Deby sans compter mille autres choses.

On voit bien ce qui attend les personnes condamnées par Idriss Deby, dès leur arrivée sur le sol, ils courent le risque de se voir appliquer la condamnation et de se retrouver en prison. C’est pourquoi, il est normal que, comme il a été prévu : le Pré- dialogue hors du Tchad concrétise cette amnistie.

La question des prisonniers de guerre, prisonniers politiques, assassinats, déportations de Tchadiens de nombreux pays de la sous-région est une affaire tellement grave que le gouvernement de M Koulamallah devrait au minimum donner des preuves de vie aux médiateurs internationaux.

A ce sujet, à entendre M Koulamallah, le Dialogue sera tchado-tchadien sans observateurs, sans la présence de pays et des institutions internationales comme l’UA. On voit bien que le gouvernement à travers M Koulamallah cherche à créer une crise pour rompre avec les politico militaires et les exclure du Dialogue.

Le Dialogue National Inclusif est un grand bluff.

Est- ce qu’il y a un dialogue, c’est- à- dire un échange avec une autre partie qui vous répond et au sortir, on aura réussi à avancer, pour faire la paix et aboutir à une réconciliation ?

Ou bien, et, c’est ce qui va se passer ; chacun va venir parler, les gens vont prendre note et après, faire un rapport au Premier Ministre. A la fin du dialogue, comme l’a dit, par ailleurs, Koulamallah, des simples résolutions sans force aucune, seront annoncées par thèmes.

La question de fond qui émerge à la surface est la suivante :  Le CMT est-il un autre pouvoir que celui d’Idriss Deby ou est-il la continuité du régime Deby ?

Ils ont dit qu’ils ne sont pas des putschistes parce qu’ils sont en train d’exécuter une vacance.

La question est très importante quant au sort des prisonniers de guerre, des prisonniers politiques, des enlèvements de tchadiens, d’achat cash de tchadiens dans les pays voisins, de viols organisés.  Face à la machine à tuer d’Idriss Deby qui est toujours en place et qui a agit en exécutant des prisonniers de guerre qui ont été filmés, montrés à la télé Tchad et exécutés par la suite, et ce, bien après la mort d’Idriss Deby.

Le CMT qui se positionne dans la continuité de l’œuvre et du système Deby doit alors assumer le lourd héritage de crimes politiques et de crimes économiques de ce régime. Si le CMT dit qu’il ne se sent pas responsable de ce qu’a fait Deby sur l’affaire Tom Erdimi comme le prétend Koulamallah, alors, que le CMT permette à une commission d’enquête de donner des informations sur toutes les questions attendues autour des assassinats et que Justice soit rendue en mettant aux arrêts les meurtriers qui sont dans le CMT pour la plupart notamment sur l’exécution des prisonniers de guerre qui s’est passée après la mort de Deby.

Le Dialogue National Inclusif est face au lourd et terrible héritage de crimes de toutes sortes du clan Deby au pouvoir depuis plus de trente ans : trafic de drogue, fausse monnaie, déportation de Tchadiens du Nigeria, du Niger, d’Éthiopie, achats de la vie de ces Tchadiens auprès des gouvernements des pays concernés, élimination en France d’opposants.

Le CMT ne peut pas obtenir des Tchadiens que la page des années noires du pouvoir Deby soit tournée tout simplement. L’idée du Dialogue a été lancée pour donner une image positive au CMT. Aujourd’hui, le CMT se rend compte que l’héritage de Deby fait de crimes atroces et odieux doit aussi être assumé mais l’attente des populations : c’est que justice soit rendue que les criminels ne restent pas impunis. Alors pour le CMT, le dialogue a perdu tout son attrait d’où la sortie de Koulamallah qui, brusquement, doute des intentions de paix des politico-militaires, rejettent le Pré-dialogue, et refusent aussi l’amnistie et quant à l’affaire Tom Erdimi, Koulamallah dit que c’est Idriss Deby qui est responsable et pas le CMT.

Le Dialogue était un simple bluff, il s’agissait de venir faire des simples propositions, échanger et c’est tout. Les différentes institutions comme le CTS étaient de simples coquilles pleines d’argent à se partager pour organiser ce bluff. Aujourd’hui l’escroquerie au Dialogue est mise à nue, d’où la reculade du gouvernement par son porte-parole Koulamallah.

LA REDACTION DE ZOOMTCHAD

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