Le Mercato club a organisé ce lundi 1er février 2021 un café-débat autour du thème ‘apport de la diaspora tchadienne dans le processus de développement’ avec un panel constitué de juriste, banquier et sociologue. Il s’agit d’un rendez-vous du donner et du recevoir qui va se pérenniser dans les mois à venir.

Une trentaine de jeunes issus de milieux socio-professionnels différents se sont réunis autour du Mercato-Café, un cadre d’échange initié par le Club Mercato pour leur permettre  de se partager des idées et des connaissances. Dans l’après-midi de ce lundi 1er février 2021, c’est la question de l’apport réel de la diaspora tchadienne dans le processus de développement qui était au centre des échanges qui ont duré près de trois heures.

Du point de vue intellectuel et social, la diaspora, révèle Dr Robeye Aimé, contribue à l’accès à l’éducation, à la santé et aux soins de qualité mais facilite aussi à la poursuite de l’enseignement supérieur à un niveau élevé. « Nous citons à titre d’exemple le Groupe d’entraide à l’enseignement supérieur et à la santé au Tchad-Geais- composé des universitaires tchadiens qui ont décidé de rentrer pour apporter leur pierre à l’édifice à la construction de notre pays », précise le juriste qui cite l’Hôpital de la Renaissance comme l’un de leurs de l’œuvre du Geais. « Le personnel de cet hôpital était constitué majoritairement par des Tchadiens de la diaspora au début. Beaucoup ont réduit leur masse salariale pour venir donner un coup de main à leur pays. Ce groupe a non seulement organisé des cours missionnaires en partenariat avec des universités de la place mais a aussi contribué à la signature de partenariats avec les instituts d’ici et de l’occident et au déploiement des enseignants européens pour donner un appui à notre pays dans le cadre de la coopération scientifique et intellectuelle », ajoute-t-il. Dans le même cadre, le panéliste précise que beaucoup de cadres de la diaspora ont créé des associations dans le domaine culturel, humanitaire et qui aujourd’hui ont permis de donner des appuis à la population. « Il y aussi ’’un cœur, un rythme et une vie’’ une Ong créée par les Tchadiens qui fait des opérations pour implanter des pacemakers pour des personnes souffrant des maladies cardiaques. Ils ont apporté la première année plus de 15 machines et chaque deux ans, ils viennent faire ces opérations au Tchad. En plus des opérations, ils donnent des appareils médicaux à des hôpitaux Hôpital et leur facilitent l’achat des matériels pour la cardialgie et certaines spécialités à des moindres coûts », complète-t-il. En outre, il relève la participation des Associations qui œuvrent pour la petite enfance ou qui construisent des écoles et des centres de santé dans les zones reculées du pays. « Non seulement ils construisent ces écoles mais ils les équipes des matériels et mobilisent ensuite des ressources pour former les maitres communautaires pour donner le minimum possible à des élèves », renchérit Dr Robeye Aimé.

D’après le sociologue Nadjirambaye Maxime la diaspora est un acteur majeur de la transformation de l’Afrique. « Elle contribue pour une part non moins à l’effort de développement », complète-t-il.

Siaka Clément assure pour sa part que l’apport de la diaspora en Afrique est plus important que l’aide publique au développement. « Il y a l’aide à la survie familiale. Ceux qui sont partis pour des raisons diverses n’oublient pas leurs familles. Certains construisent, d’autres investissent dans les affaires formelles ou informelles. Des Tchadiens de la diaspora ont créé des micro-crédits chez nous. A cela, cette diaspora contribue au débat économique et au partage d’expériences en matière de savoir-faire, de ressources humaines et autres qui sont très importants pour notre pays », complète-t-il. Mais il demande la diaspora tchadienne de faire encore davantage dans le domaine de l’habitat pour que « chacun ait chez lui quelque chose. Socialement, c’est très important que la famille reconnaisse que cette personne qui est dehors physiquement est présent parce qu’elle a une maison », ajoute-t-il appelant ainsi la diaspora à créer davantage dans les Pme et Pmi.

Les panélistes sont confrontés à l’épineux problème de statistiques sur l’apport financier de la diaspora dans le processus de développement au Tchad.

Stanyslas Asnan

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