Ce lundi 3 octobre, les plus de 1 400 participants au dialogue national inclusif ont entendu le rapport de la 2e commission ad hoc, chargée de faire l’évaluation de l’accord de paix signé le 8 août à Doha, entre le gouvernement de transition et une quarantaine de mouvements politico-militaires. Même si des dizaines de ces rebelles se trouvent à Ndjamena, sa mise en application n’en est encore qu’à ses débuts.

Sur le papier, la mise en application de l’accord de paix de Doha avance plutôt bien. Moins de deux mois après sa signature, 11 des 29 points de l’accord sont respectés, 2 sont partiellement respectés et 16 autres sont en attente d’exécution, selon le président de la 2e commission ad hoc, Mahamat Alamine Bourma Treye, qui parle d’une évaluation « qui donne beaucoup d’espoir » pour le Tchad.

En effet, un cessez-le-feu a été proclamé, des lois partielles d’amnistie ont mis en application ou encore des dizaines de rebelles dont certains n’avaient plus mis le pied à Ndjamena depuis une trentaine d’années participent, en toute quiétude, au dialogue national en cours.

Un bémol toutefois, des politico-militaires dénoncent notamment le fait que la commission mise en place pour procéder à la restitution de leurs biens et avoirs saisis par le gouvernement a suspendu ses activités, comme le reconnait la commission ad hoc. « Tout est bloqué, certains hauts gradés ont refusé jusqu’ici de restituer des immeubles qu’ils occupent illégalement », selon des sources concordantes.

Mais en réalité, « ce sont surtout des préliminaires qui ont été mise en œuvre jusqu’ici, le cœur de l’accord notamment le DDR et l’intégration de nos combattants doit encore être négocié », selon des politico-militaires.

La commission ad hoc propose donc une feuille de route détaillée dont la mise en œuvre débuterait cette semaine et irait jusqu’à janvier 2023.

Reste l’épée de Damoclès que constituent les groupes armés non signataires de l’accord, qui semblent attendre leur heure. Parmi eux, trois des plus importants mouvements rebelles tchadiens dont le Fact de Mahamat Mahdi Ali, à l’origine du décès de Idriss Déby Itno.

Tchadanthropus-tribune avec RFI

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