Les partis politiques et les politico-militaires ne parlent pas le même langage en plénière du dialogue national. Tout a commencé avec la proposition de la commission ad hoc n°1 de leur accorder 45 places au Conseil national de transition (CNT).

Il s’agit en réalité d’une promesse faite à Doha, ne figurant pas expressément dans l’accord de paix. « À Doha, il a été convenu que les politico-militaires obtiennent 30% des sièges au CNT. Beaucoup discutent des 45 sièges mais il en reste encore. Nous réclamons haut et fort les sièges restants », affirme Mahamat Kebir.

Les partis politiques ont estimé que ce quota est élevé et qu’il encourage les tchadiens à aller en rébellion pour être considérés. À leur yeux, les politico-militaires ne méritent pas ce quota.

« Quand on donne trop d’importance aux politico-militaires, ça veut dire que vous êtes en train d’encourager l’opposition démocratique pour sortir en rébellion. Il ne faut pas donner plus pour encourager d’autres rébellions »,  a affirmé Dr. Ali Haroun. « Nous n’avons que neuf places, nos camarades politico-miliaire ont 45 places. Ça, nous aussi nous sommes obligés d’aller en rébellion, il le faut », a lancé Ismaël Adirdir Mahdi du parti PRS.

Mahmoud Ali Mahmoud fustige le fait qu’au sortir des assises, « le pouvoir soit partagé entre l’ancien régime, les politico-militaires, les anciens qui ont commis des crimes et qui ont fait plonger le Tchad dans le malheur ». Pour Mahamat Bichara, président de l’Alliance socialiste, « l’heure est grave » ; « On n’hésitera pas à prendre les armes si le devoir nous appelle », dit-il.

« On se retrouve encore ici pour installer l’injustice », relève un participant, car pour lui, les 45 conseillers nationaux issus des politico-militaires seront majoritairement des ressortissants de deux provinces.

« Ayez de la grandeur pour vos frères. Pendant que ces politico-militaires étaient dans le désert (…) vous étiez en train de manger des repas copieux (…) avec vos maitresses et femmes. Si le maréchal n’était pas mort, il serait en train de faire ses sept ans. Respectez-nous », a réagi Hilaire Takilal Ndolassem.

À leur tour, d’autres politico-militaires ont dénoncé des attaques et propos insultants. « Avant d’être des politico-militaires, nous sommes des tchadiens », a lancé Aboubakar Choua Dazi.

« Qu’est-ce qu’on va faire avec plus de 200 partis politiques ? On va lancer une fusée ? (…) Il y a des partis politiques qui ne représentent que leur personne, leur famille. C’est connu de tout le monde. Ils vivent sur le dos de l’État. Ce n’est pas un commerce. Que cela s’arrête. Qu’on prenne des dispositions pour qu’il y ait des partis politiques avec des idéologiques. (…) On laisse faire, et tout ça sur le dos de l’État », a fustigé Mahamat Assileck Halata, politico-militaire.

Moumine Souleymane Barka, président du parti Conseil patriotique du peuple tchadien, a répliqué en s’en prenant aux politico-militaires : « je voudrais dire à ceux qui viennent de rentrer de l’extérieur, certains sont en France en train de laver les vaisselles des blancs, certains sont en train de laver les chiens des blancs ». Le micro lui a été retiré immédiatement par le président du Présidium Gali Ngothé Gatta.

Saleh Kebzabo, ex-négociateur de Doha, a souligné que le quota accordé aux politico-militaires est même peu car sans eux, le dialogue n’aurait pas lieu. Les politico-militaires auront bel et bien leur quota de 45 sièges au CNT.

 

Tchadanthropus-tribune avec Alwihda Info

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