En position financière délicate, le Tchad veut régler au plus vite l’épineuse question de sa dette souveraine avant que le pays ne doive à nouveau s’acquitter d’intérêts, suspendus pendant près de deux ans pour cause de pandémie de Covid-19.

N’Djamena est toujours à la recherche d’une bouffée d’oxygène financière, alors que les échéances approchent à grands pas. Le 3 décembre est particulièrement scruté par le Palais Rose : c’est à cette date que prendra fin l’Initiative sur la suspension des services de la dette, instaurée et mise en place par le G20 en mai 2020, au début de la pandémie de Covid-19. Prolongée à deux reprises pour six mois, en décembre 2020 et juin 2021, ce moratoire a permis, selon la Banque mondiale, de donner au Tchad un répit à hauteur de 152 millions de dollars.

Certes, la hausse des prix du baril, l’émission de droits de tirages spéciaux par le Fonds monétaire international, ou encore l’appui budgétaire de la France (AI du 07/07/21), ont permis de gagner un peu de temps. Mais le plus dur, à savoir la restructuration de la dette, est encore loin d’être assuré.

Rothschild en appui

Depuis plusieurs mois, le Tchad est épaulé dans ses relations avec son comité de pays-créanciers par la banque-conseil Rothschild. Celle-ci a déjà assisté le pays, en 2018, lors de ses négociations de rééchelonnement avec son principal créancier privé, Glencore, qui réclamait au pays près d’1 milliard de dollars, une dette contractée en 2014 par la Société des hydrocarbures du Tchad, dans le cadre du rachat des parts des champs de Doba détenues par Chevron.

Les relations avec les créanciers du pays, qu’il s’agisse de pays souverains ou d’entreprises privées comme Glencore, sont régies par le « cadre commun pour le traitement de la dette souveraine » (AI du 08/09/21) instauré par le G20 et mis en place par le Club de Paris, et qui oblige à traiter tous les créanciers sur un pied d’égalité. Plusieurs rencontres ont déjà eu lieu cette année avec les quatre principaux créanciers souverains du Tchad, que sont la France, la Chine, l’Arabie Saoudite et l’Inde.

Après avoir commencé à ébaucher un premier compromis avec ces quatre pays, le Tchad doit désormais obtenir des concessions de la part de Glencore afin d’obtenir la signature d’un accord avec le Fonds monétaire international. La créance de l’entreprise a été l’un des dossiers abordés lors du récent voyage de Mahamat Idriss Déby au Qatar : le fonds souverain de l’émirat est en effet actionnaire du géant du négoce (AI du 22/09/21).

Tchadanthropus-tribune avec Africa Intelligence

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