Aujourd’hui la Suisse, l’Allemagne, les États-Unis d’Amérique, les Émirats arabes unis, le Brésil, l’Argentine, le Nigeria tous fonctionnent sous un régime fédéral alors pourquoi pas au Tchad ?

Le fédéralisme est un assortiment de particularités et de modes institutionnels des Etats fédéraux… il fait penser également aux concepts politiques élaborés pour décrire ces particularités et modes institutionnels –les modalités de mise en place sont variées, de la réunification d’entités souveraines ou de leur éclatement… de nos jours, la plupart des Etats africains francophones sont construits sur le modèle de l’État unitaire, suivant en cela la France, qui depuis la révolution, s’est fermée au fédéralisme… ainsi, des girondins qui en souhaitaient l’avènement avaient été combattus par les jacobins qui le présentaient comme « une invention calomnieuse, le crime de vouloir démembrer la France »…

Ils n’étaient pas manque d’arguments : « en dressant les départements contre Paris, la Gironde se rendait coupable de « fédéralisme », tendait à rompre l’unité de la République, trahissait la nation » …

L’héritage colonial, que les dirigeants africains ont un zèle incompréhensible à sauvegarder –et surtout à perpétuer-, n’est pas étranger à cet état de fait… à l’indépendance, il s’agissait de fondre les différentes communautés ethniques dans un creuset national, pour faire taire toute velléité sécessionniste…

bientôt, naquirent des pères de la nation, hommes ombrageux, qui se rivalisaient dans la course à l’abjection sournoise de la tyrannie, de la barbarie –tout aussi soufflées qu’en encouragées par des conseillers « toxiques » qui télégèrent ces affaires depuis Paris… depuis lors, l’État unitaire est devenu est acquis, que dis-je, un dogme : comment accepter la dualité étatique qui risquerait d’amoindrir la loyauté totale des citoyens –totalitarisme africain… pourquoi partager les compétences institutionnelles avec des citoyens écervelés, justes bons à psalmodier la louange du chef de l’État et de sa tribu perchés tellement haut, pour espérer qu’ils daignent laisser tomber une miette de pain – ce n’est pas La Fontaine qui a appris au renard que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute… malheur à qui ose revenir sur cet acquis… mais, mais, mais… la centralisation obsessionnelle censée garantir l’unité nationale s’est bien souvent muée en cauchemar républicain pour certains peuples… rares sont ceux qui n’y ont pas encore goûté… l’État unitaire en Afrique francophone est devenu un État tribal, point final… un État tribal, véritable continuum de la colonisation… le colon autochtone a juste remplacé le colon allochtone… ce dernier faisant du premier une espère de marionnette dont il tire des ficelles de plus en plus grotesques… seulement voilà… dans ses avatars, l’État centralisé adopte des systèmes d’assouplissement comme la décentralisation… à l’heure qu’il est, demandez le catalogue démocratique de la plupart des Etats africains francophones, vous trouverez en bonne place le processus de DECENTRALISATION, alors que la mère-patrie elle-même commence à réviser la décentralisation qui superpose des institutions en les compliquant un max… l’Europe, prenant exemple sur le modèle helvétique, file vers le fédéralisme…

La mondialisation nous apprend, avec l’évidence insolente, que seules des entités fédérées et à plusieurs peuvent faire poids, peuvent faire jaillir leurs génies, l’avenir serait-il « fédéraliste »… la réalité nous rattrape et l’on pourrait presque s’en réjouir : les BRICS, lassés des serres tutélaires des occidentaux, décident de créer leur propre banque de développement… néanmoins, l’Afrique ne semble décidément jamais vouloir tirer les enseignements de ses errements… cela semble lui aller comme des gants… dura Lex Sed latex !

Kaar Kaas Sonn

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