Le chef de l’État est arrivé jeudi soir au Tchad où il a assisté ce matin aux funérailles du défunt président Idriss Déby Itno, tué au front par des rebelles selon l’armée.

Aux funérailles vendredi d’Idriss Déby Itno à N’Djamena, la France a promis son soutien à la junte militaire dirigée par le fils du défunt président tchadien pour préserver la « stabilité » de son allié dans la lutte contre les djihadistes au Sahel.

« La France ne laissera jamais personne, ni aujourd’hui, ni demain, remettre en cause la stabilité et l’intégrité du Tchad », a promis ce vendredi le président Emmanuel Macron aux funérailles d’Idriss Déby Itno, tué au front par des rebelles et remplacé par une junte militaire dirigée par son fils.

« Cher Président, cher Maréchal, cher Idriss (…) vous avez vécu en soldat, vous êtes mort en soldat, les armes à la main », a déclaré Emmanuel Macron en préambule. « La France sera également là pour faire vivre la promesse d’un Tchad apaisé », a-t-il poursuivi, en appelant le Conseil Militaire de transition (CMT) dirigé par le jeune général Mahamat Idriss Déby (fils du défunt président) qui a promis des « élections libres et démocratiques dans 18 mois », à promouvoir la « stabilité, l’inclusion, le dialogue, la transition démocratique ».

Paris a installé le QG de Barkhane, sa force antijihadiste au Sahel, au Tchad, son plus solide allié contre les djihadistes dans la région. Depuis son arrivée au pouvoir par les armes en 1990, avec l’aide de Paris, Idriss Déby avait toujours pu compter sur l’ancienne puissance coloniale.

Menaces extérieures et intérieure

« Est-ce que le Conseil militaire de transition va assurer la stabilité, l’intégrité du Tchad ?», s’était demandé jeudi Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, s’interrogeant également sur sa capacité à « mettre en œuvre un processus démocratique » tout en respectant ses engagements militaires dans la région.

Même constat pour Josep Borell, le chef de la diplomatie de l’Union européenne. « Il faut aider le Tchad. Il faut passer outre les considérations politiques », a-t-il estimé jeudi lors d’une visite en Mauritanie, avant de se rendre lui aussi aux funérailles d’Idriss Déby.

Vendredi, après les prises de paroles et une prière à la Grande Mosquée de N’Djamena, la dépouille d’Idriss Déby sera emmenée en avion à plus d’un millier de km, à Amdjarass, petit village non loin de sa ville natale de Berdoba, chef-lieu de la province de l’Ennedi Est (nord-est), près de la frontière soudanaise, où il sera inhumé au côté de son père.

Outre celle des rebelles, la menace pour le nouveau régime pourrait aussi venir de l’intérieur. Car la prise de pouvoir du jeune Mahamat Idriss Déby est soudaine et risque d’attiser certaines convoitises au sein du clan du défunt chef de l’État et de son ethnie Zaghawa, accusé par l’opposition et les ONG internationales d’avoir accaparé depuis 30 ans les principaux postes au sein de l’armée, du pouvoir civil mais aussi l’essentiel des ressources d’un État classé par l’ONU troisième pays le moins développé du Monde.

Tchadanthropus-tribune avec le Figaro

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