En retrait du processus politique organisé par les Nations unies, la diplomatie française a consulté deux de ses fidèles interlocuteurs du sud libyen, Abdelmajid Saif al-Nasr et Musa Koni, dont l’influence a cependant diminué.

Alors que les initiatives de règlement politique entre l’Est et l’Ouest libyens s’accélèrent, la diplomatie française, largement spectatrice, renoue avec ses alliés dans le Fezzan, le grand Sud du pays. L’ambassadrice de France en Libye Béatrice Le Fraper du Hellen, qui officie depuis Tunis, a ainsi rencontré coup sur coup, le 28 janvier, le chef Ould Slimane Abdelmajid Saif al-Nasr et le représentant des Touaregs et ancien vice-président du conseil présidentiel Musa Koni. Ces deux interlocuteurs sont moins incontournables qu’avant sur le terrain. Ils sont cependant candidats au Conseil présidentiel, comme l’a annoncé l’UNSMIL, la mission des Nations unies en Libye, le 31 janvier en publiant la liste des candidats aux postes exécutifs.

Musa Koni a été marginalisé après sa démission du conseil présidentiel de Fayez Sarraj à Tripoli en janvier 2017, largement interprétée comme un signe de soutien à l’homme fort de l’Est, Khalifa Haftar, ce qui a jeté le trouble dans la communauté touareg. Il a, depuis, participé à quelques rounds de pourparlers menés à l’étranger, qui n’ont produit aucun résultat.

Le chef suprême des tribus touaregs courtisé par tous

Abdelmajid Saif al-Nasr est issu d’une lignée de notables du Sud, dont les liens avec la France remontent à la Seconde Guerre mondiale (Africa Intelligence du 17/11/11). Il milite principalement pour l’établissement d’un Etat fédéral libyen, au sein duquel il pourrait faire valoir les intérêts du Fezzan. Mais sur place, il est de plus en plus marginalisé par d’autres acteurs, notamment le Conseil social des tribus touaregs (Social Council of the Tuareg Tribes), dont le chef suprême Moulay Ag-Didi est courtisé par tous, de la Turquie (Africa Intelligence du 25/11/20) au général Haftar.

Abdelmajid Saif al-Nasr est représenté au sein du Forum de dialogue politique libyen (FDPL) des Nations unies par une parente, Wafia Saif al-Nasr. Cette ancienne conseillère de l’ex-premier ministre Ali Zeidan a même été intégrée au comité de conseil restreint du FDPL, mis sur pied le 2 janvier par la cheffe de l’UNSMIL, Stephanie Williams. Le FDPL doit désigner, en principe d’ici au 5 février, un exécutif de transition pour succéder au Gouvernement d’union nationale (GUN) de Fayez Sarraj.

Tchadanthropus-tribune avec la lettre du Continent

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