Alors que le Conseil militaire de transition (CMT) dirigé par “Kaka” est au cœur des critiques depuis le décès d’Idriss Déby, l’Élysée et le Quai d’Orsay multiplient les rendez-vous avec des figures de l’opposition tchadienne.

Ambassadeur de France au Tchad, Bertrand Cochery s’est entretenu fin avril avec le président de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), Saleh Kebzabo. Opposant à Idriss Déby, l’ancien candidat aux élections présidentielles de 2016 et 2021 a multiplié ces derniers jours les critiques à l’encontre du Conseil militaire de transition (CMT), tout en appelant à une médiation du G5 Sahel entre l’opposition et les militaires.

Quelques jours plus tôt, le 22 avril, Bertrand Cochery avait déjà discrètement organisé une rencontre avec Saleh Kebzabo – dont l’attitude est appréciée côté français depuis le 20 avril – et l’équipe diplomatique d’Emmanuel Macron, alors présente dans la capitale tchadienne pour participer aux obsèques d’Idriss Déby. Tard dans la soirée du 22 avril, le patron de l’UNDR s’est ainsi entretenu avec le conseiller diplomatique du président français, Emmanuel Bonne, ainsi qu’avec son “Monsieur Afrique”, Franck Paris. Ces derniers ont notamment appelé l’opposant “à jouer l’apaisement”.

Le 28 avril, Saleh Kebzabo a également été reçu par le nouveau premier ministre de transition, Pahimi Padacké Albert, qu’il connaît depuis plus de vingt ans.

Réunion à Paris

En France, l’ambassadeur envoyé spécial pour la diplomatie publique en Afrique, Sylvain Itté, a organisé une réunion le 29 avril à l’Élysée avec des représentants de la communauté et de la diaspora tchadiennes, parmi lesquels plusieurs figures en exil hostiles à Idriss Déby. La rencontre a notamment été organisée conjointement avec la réalisatrice tchadienne Aché Ahmat Moustapha, membre du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA).

Alors qu’Emmanuel Macron a déclaré le 27 avril s’opposer à tout “plan de succession” au Tchad tout en dénonçant la répression des manifestations du même jour, les dernières sorties du président français ont été particulièrement appréciées dans les réseaux d’opposants tchadiens dans l’Hexagone, pourtant peu avares de critiques quand il s’agit d’évoquer le rôle de la France dans leur pays.

Discrets canaux avec Mahamat Mahdi Ali

Beaucoup plus discrets, les services français ont de leur côté initié des contacts avec le leader du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), Mahamat Mahdi Ali, qui a vécu plus de quinze ans en France dans la ville de Reims, où il a même milité au Parti socialiste (PS).

Ces derniers jours, conjointement avec le président du Niger Mohamed Bazoum, Paris lui a ainsi fait passer plusieurs messages d’apaisement, alors que les combats dans le Kanem ont violemment repris le 28 avril.

Tchadanthropus-tribune avec la lettre du continent.

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