Malgré l’espoir mis en la coopération militaire internationale entre les cinq pays du continent pour lutter contre à la fois Boko Haram et les trafiquants des drogues, le bilan hélas, reste mitigé. Les incursions des terroristes continuent à s’étendre au-delà des cinq pays. Les problèmes du Mali face à son terrorisme et à sa rébellion pour lesquels tout ce montage militaire est mis sont relégués au second rang.

Aujourd’hui on parle d’autres foyers de tension crées par les djihadistes. Ce qui arrange la politique des occidentaux qui, pour revisiter les anciens accords ou faire des nouveaux dans une Afrique où l’opinion publique affiche une hostilité contre leurs présences passives.

Dans ce contexte qui ressemble à l’adage “allumer le feu pour venir en pompiers », les gagnants sont encore les occidentaux par :

> réaffirmation de leurs présences militaires au plan militaire et stratégique

> Accaparement et renforcement de leur présence au plan économique par tout le moyen.  

> les promesses d’aide aux États en difficultés de trésoreries. 

> les promesses politiques pour le maintien au pouvoir de chefs d’État en bute à des crises politiques électorales et post-électorales etc…

> les besoins de redéfinition et de réactualisation des cartes géologiques dans tous les États où la présence des armées européennes existent.

A cet effet, le redéploiement de la base de Barkhane de Madama confirme s’il en est besoin un échec militaire mais aussi un besoin de découvertes d’autres sites géologiques. En effet, Madama située au nord du Niger est une zone minière connue et la présence de la France dans le cadre de cette” coopération ” n’était pas un souhait des nigériens et ni celui des tchadiens qui ignorent jusqu’aujourd’hui les agendas cachés de la France dans un espace réputé comme zone d’orpaillage et en même temps de passage des trafiquants des drogues, le départ précipité de Barkhane ne se justifie que par l’échec militaire ou l’atteinte de ses premiers objectifs qui ne sont pas nécessairement ceux des deux pays concernés, le Niger et le Tchad . La France savait dès le départ que ce désert est difficile à contrôler mais la géopolitique voudrait que pour atteindre ses objectifs, il fallait avancer des argumentaires convaincants : la lutte contre le terrorisme et le trafic des drogues etc…

Et elle en était consciente dès le départ que les deux pays seront confrontés aux mêmes problèmes qu’avant leurs interventions.

Cependant, en abandonnant la base de Barkhane de manière unilatérale pour une autre base, la France sait qu’elle est incapable de contrôler ce désert. Depuis qu’elle fait face à la crise économique et sociale chez elle et qu’elle enregistre les revendications venant de la société civile africaine sur la souveraineté monétaire de leurs États africains et qu’elle ambitionne des grands projets militaires de l’espace, elle a pris conscience que sa présence dans plusieurs bases à la fois lui coûtent chères. Et qu’il n’est plus question aujourd’hui de s’encombrer avec le court terme. Après presque sept années de présence dans ces zones, elle a déjà trouvé ce dont elle est partie chercher. Le changement opéré en délocalisant sa base pour une autre pour être plus efficace n’est qu’un alibi pour cacher les intentions réelles géopolitiques, changer d’espace en espace en décidant sans concertation avec les États concernés prouve aussi que la France n’a aucun respect à la souveraineté des États du Sahel.

En Libye où la France est intervenue pour renverser le régime, elle a tiré les leçons de l’histoire. Car la France avait cru qu’en changeant un système vieux de quarante ans, elle trouverait des perspectives économiques favorables à son pays.

Aujourd’hui non seulement les objectifs pour lesquels la France est intervenue ne sont pas atteints mais elle a créé au moins une hostilité des intellectuels de toute l’Afrique contre sa politique en Libye et en Afrique en général. Aujourd’hui, la crise actuelle en Libye nous conduit vers un chaos dont les répercussions sur les États voisins seront difficiles à maitriser quand l’on sait l’État d’esprit des protagonistes libyens, qu’avec la crise politique de 2011, est née une crise sociale qui s’empare de la jeunesse. Les écoles et universités sont fermées. La société libyenne elle-même est de nature stratifiée. Chaque individu se réfère à la position de sa tribu et non à la situation du pays. Il y a aussi le phénomène de l’introduction facile de la drogue dans ce pays sans contrôle des douanes dont la consommation par ceux qui se livrent aux combats et les autres entraînent la débauche et l’état bestial.

L’espoir d’une paix s’estompe avec les influences extérieures derrière chaque camp. Même si un camp gagne sur l’autre les conséquences sur les pays voisins seront énormes et difficiles à les maitriser. Car outres les menaces des rebellions, il y aura un déferlement des populations civiles dont seule la Libye a le secret du nombre.

C’est donc plusieurs défis qui pointent à l’horizon. Les armées européennes et les ONG sont à pieds d’œuvres pour justifier leur présence et les duperies recommenceront avec les états en crise.

Tout cela a un responsable : Sarkozy.

Correspondance particulière

Tchadanthropus-tribune

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