La disparition de TOM Erdimi pose une équation dont la résolution s’avère très complexe. Un homme de son envergure disparait bientôt 9 mois, et c’est maintenant que l’information est distillée.

Comment le comprendre ?

Pourquoi ce silence ?

Que cache la réaction que maintenant après plusieurs mois d’incarcération ?

Ceux qui aiment jouer avec les sentiments des autres doivent se dire que les anciennes méthodes sont révolues et personne ne pourra manipuler les esprits des Tchadiens de nos jours.

Le communautarisme à haute voltige

TOM Erdimi est un éminent professeur et universitaire tchadien. C’est un homme politique tchadien. De ce fait, il n’appartient pas seulement à sa communauté ou sa seule famille, mais à tous les Tchadiens.

Vouloir poser le problème sous l’angle communautaire est de mauvais augure, car c’est de cette manière que cette affaire est gérée. Dès la 1ère heure du problème, le président de l’UFR qui est son frère jumeau serait au courant, pourquoi il n’a pas tiré la sonnette d’alarme et avertit les instances de droits de l’homme ?

Pourquoi les quelques cadres de l’UFR qui étaient mis au parfum ont reçu l’interdiction formelle de ne rien dire et de rester sous silence ?

Et puis pourquoi, personne n’arrive à dire de manière directe les raisons de son arrestation ? Politique, une affaire au civil, quelle est la nature ?

Une arrestation sous le règne d’Idriss Déby

Depuis que cette histoire a été mise à jour, plusieurs hypothèses sont étalées sur la place publique, sur les réseaux sociaux.

Tom Erdimi arrêté en Égypte depuis septembre pour certains, novembre, décembre 2020 pour d’autres. Certains disent lui avoir parlé en janvier 2021, quoi que l’on dise, le régime CMT ne peut être tenu responsable de cette affaire.

Une autre source va plus loin, et semble dire que TOM Erdimi aurait été livré par les Égyptiens à Faya-Largeau, qu’un certain général (Ousman Bahar Mahamat Itno) serait allé le chercher pour le ramener à Kaoura afin qu’Idriss Déby quitte Amdjaress pour venir le torturer avant de l’assassiner. 

Si on arbore cette hypothèse, on est tenté de dire que là aussi le CMT n’est pas dans l’affaire.

En écoutant les uns, aux autres, y compris certains proches de TOM Erdimi, personne n’est à même de savoir la vérité, sauf les Égyptiens qui l’ont arrêté.

Mais les manipulations qui sont faites ces derniers jours n’émouvront pas les Tchadiens, qui voient à travers tout ce qui a été dit (Communiqués, Vocaux Wattsup, réseaux sociaux) comme des revendications avec des calculs à caractère politicien.

Un ultimatum de 72 heures à l’égard du CMT, un sursis jusqu’au 8 août 2021 sinon le DG de l’ANS Kogri sera assassiné, tous ces manèges ne règlent rien dans la situation actuelle, et fait l’apologie d’assassinat pour ceux qui l’affirment.

Dire, et faire dire que les deux personnalités du régime CMT indexées sont des Goranes, que voilà Mahamat Idriss Déby est en train de se renforcer par ses parents Goranes, et le métis Kogri gère tout donc il sait où se trouve TOM Erdimi, c’est encore déplacer complètement le débat.

TOM Erdimi est un Tchadien, dénonçons ensemble sa disparition afin que la vérité jaillisse, mais ne faisons pas d’amalgame comme si pour ce problème il faut sensibiliser les Tchadiens à aller au clash, et alors que pour les autres tchadiens disparus personne ne daigne piper un mot.

Nos compatriotes de la communauté Zakhawa sont souvent restés neutres quand les autres tchadiens sont frappés par une situation similaire, alors que quand il s’agit d’un problème qui les concerne, les activistes et les autres de l’opposition en exil se mobilisent pour eux. L’affaire Yaya Dilo en est la parfaite illustration. Cette méprise à diverses mesures ne peut cimenter une certaine solidarité des élans.

Autorité de l’État bafouée et foulée au sol.

Depuis l’annonce de cette affaire TOM Erdimi, certains termes crèvent l’irrespect. Restons droits et mesurés devant toute adversité, et que l’on veille ou pas il ne peut y avoir d’amalgame entre des personnes qui représentent un État, et des personnes civiles revendiquant une cause, même si elle s’avère noble et logique.

Les insultes de bas étage envers Mahamat Idriss Déby, et Ahmed Kogri ne règlent rien en somme, l’important c’est la vie de Tom Erdimi et la vérité sur le lieu de sa détention.

Quelques soient nos opinions, Mahamat Kaka est le président d’une transition au Tchad, et Kogri est le DG de l’ANS. Les faits établis par l’ancien président Idriss Déby ne peut les concerner directement. Chercher à leur faire porter le chapeau c’est déplacer le problème, et induire nos compatriotes dans l’erreur.

Plusieurs prisonniers de l’UFR remis en liberté, qui ne sont pas encore graciés c’est-à-dire entre encore les mains de l’État, s’adonnent à des vindictes verbales sur Wattsup en donnant des ultimatums au président du CMT, et au gouvernement, cela est-il possible pour un autre tchadien n’étant pas du sérail communautaire ? Si c’est un autre tchadien, il croupirait au bagne de Koro-Toro.

L’autorité de l’État ne peut être continuellement bafouée et foulée au sol par n’importe quel individu se sentant fort parce qu’il se sait avoir le support de sa communauté.

 

Calcul politique sur fond des idées communautaires.

Tous ces bruits produits depuis 72 heures ne sont pas faits pour la recherche de la vérité. Menacer la Transition en place ou ses responsables c’est vouloir créer une insurrection de renverser l’État au profit des siens, et cela se voit très clairement. Les images des véhicules devant le domicile de TOM Erdimi, le nombre de personnes présentes, toute cette communication est faite pour impressionner et de dire attention l’UFR est déjà à N’Djamena.

Le problème ne commence pas par le Tchad, et l’opposition tchadienne vivant sur le sol égyptien doit aller demander où se trouve TOM Erdimi arrêter sur leur sol. La pression doit se faire sur les Égyptiens en premier afin que la vérité jaillisse. À partir de là, on saura s’il est sur le sol égyptien ou si Idriss Déby l’a fait déporté au Tchad. Ensuite de manière solidaire, les Tchadiens pourront savoir et comprendre la vérité, puis suivre exactement les choses.

La méfiance des Tchadiens

Depuis l’affaire TOM Erdimi, plusieurs compatriotes approchés disent ne pas être concernés par l’affaire, à cause des comportements qui exultent l’absence de solidarité des frères Zakhawa quand les autres communautés subissent le même sort. En dehors de quelques-uns qui philosophent sur cette affaire, la mayonnaise de la sensibilisation n’a pas pris pour aller manifester devant l’ambassade d’Égypte ni faire un sit-in quelconque. D’autres sont amers sur l’absence de réciprocité de nos compatriotes de cette communauté envers eux. 

Quoi que l’on dise, les analyses sont diverses et variées depuis cette affaire. Il y a lieu d’apaiser les esprits et de chercher réellement où se trouve TOM Erdimi, et cela doit commencer par l’interrogation des autorités égyptiennes. Pour le reste la présomption d’innocence est encore de mise.

Tchadanthropus-tribune

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