Il y a trop d’interrogation sur l’affaire de l’assassinat du colonel Nousradine Khamis.

L’enquête qui détermine que c’est le colonel lui-même qui a orchestré sa mort, en essayant de se blesser avec son arme, mais que la situation lui a échappé, ne colle pas.

Même pour les meilleurs metteurs en scène, il y a comme une évidence de vouloir faire passer ce cas par perte et profit.

Est-ce qu’il n’y a pas des scientifiques en balistique dans notre pays ? Sinon, mettons à profit l’expertise des éléments Barkhane sur place.

Quelles que soient les volontés de convaincre du ministre de la Sécurité, il se trouve comme il y ‘a un os qui bloque en milieu de la gorge. Et la communication par conférence de presse faite ne fait qu’envenimer les choses, car en face les antagonismes de la famille du défunt restent encore vivaces.

Khazali Mahamat Acyl n’a pas le profil d’un criminel, moins encore dans un environnement actuel, où la mort d’Idriss Déby le met en posture défensive au lieu qu’elle soit offensive.

La mort de ce colonel est un fait malheureux, et l’État doit effectuer son travail jusqu’au bout, bien que jusqu’à là les démarches entreprises sont bien plus que bancales.

Les 50 millions FCFA de mises sont difficilement pris par les Tchadiens dans leur ensemble. Il y a eu plusieurs assassinats dans notre pays, et au grand jamais une mise de 50 millions FCFA n’a été communiquée pour appréhender les assassins d’un tel citoyen. L’exemple de la dame Hadjé Hawa, vendeuse d’or, est encore dans les mémoires des Tchadiens. Jusqu’à aujourd’hui ses assassins courent malgré les tintamarres des médias et celles de sa famille. Bref…

 

Dans sa sortie du mardi 11 janvier 2022 à la télévision nationale, le ministre explique à son audimat que si les services de sécurités n’ont pas pu appréhender les assassins dans les 48 heures dans une affaire, alors l’État doit annoncer une rançon pour retrouver les criminels… Le cas de la défunte Hadjé Hawa vendeuse d’or assassiné à l’avenue Nimery à la vue de tous, et dont la valeur de son or emporté par les criminels dépasse de loin les 50 millions FCFA annoncées ces jours-ci. Où était l’État? Et pourquoi aucune rançon ne fut annoncée? Pire, le ministre s’évertue à dire que cet exemple existe depuis le 17e siècle. On se croirait dans un film western de «Django Wanted».

On a bien compris que dans notre pays il y a un poids et deux mesures. Il y a des piédestaux pour les proches du pouvoir, mais rien pour les autres Tchadiens.

Dans le cas d’espèce, les impacts de balle sur le pare-brise du véhicule montrent bien que les tires viennent de l’extérieur, comment expliquer alors la tentative de manipulation du défunt ?

Quand on veut prendre des décisions, il faut peser le pour et le contre, et dans cette affaire, on ne rend pas service à la justice, aux supposés accusés, pire à la famille du défunt.

Les conférences de presse improvisées s’apparentent comme une mise en scène à peine voilée, où certains responsables politiques font la publicité de leur personne, d’autre dérivent complètement du contexte réel du problème en cours. Que faut-il faire maintenant en écoutant tout cela, sans que personne ne soit convaincu ?

Volontairement ou involontairement, on expose la famille Mahamat Acyl à la vindicte de la famille du défunt qui ne veut rien comprendre, et qui d’ailleurs s’en prend au ministre de la Sécurité.

Réunie en réunion improvisée lundi soir à la rue de 40 mètres, la famille du défunt déclare «qu’ils ont appris avec stupéfaction la déclaration du ministre de la Sécurité publique affirmant que le défunt s’était donné la mort lui-même! Elle apporte un démenti formel aux allégations du ministre et condamne avec la dernière énergie la mise en scène voilée du gouvernement. Ils demandent l’implication personnelle du Président du Conseil militaire de Transition afin que la justice soit dite».

Cette rencontre a vu la participation de tous les chefs de Race de la communauté Zaghawa.

Autre chose, autre fait, autre méthode.

Au Tchad, quand un individu a un problème c’est à ce moment-là qu’il commence à penser qu’il a une communauté. La communauté, il faut savoir être présent quand on a le pouvoir de les aider quand on a les moyens de le faire. Les achats de conscience de dernières minutes pour pavoiser ne lient pas les liens, et tout ce qui peut être fait demeure du domaine du factice. Il ne sert à rien de provoquer l’intelligence humble des personnes bien éduquées.

L’argent ne fabrique pas les hommes, ce sont les hommes qui le fabriquent…

Tchadanthropus-tribune

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