L’Armée nationale libyenne (ANL) a dû laisser derrière elle plusieurs centaines de tonnes de matériel qui avaient été convoyées grâce au pont aérien organisé par les Emirats arabes unis.

L’Armée nationale libyenne (ANL) de Khalifa Haftar n’a pas su éviter une véritable déroute en Tripolitaine début juin, malgré l’effort de guerre consenti par ses alliés étrangers pour la fournir en matériel militaire. En se retirant de points-clés des faubourgs sud de la capitale, comme l’aéroport international de Tripoli ou le quartier de Wadi Rabea, les forces du maréchal ont dû abandonner de nombreux véhicules de transport de troupes blindés fournis par Abou Dhabi. Des Spartan du canadien Streit (qui possède une usine dans l’émirat de Ras al-Khaimah) et des Panthera T6 et Panthera F9 de l’émirati Minerva Special Purpose Vehicles (MSPV) ont ainsi été saisis ou détruits par les forces affiliées au gouvernement d’union nationale (GUN) de Fayez Sarraj. Celles-ci ont aussi pris possession, en reprenant l’aéroport, de plusieurs blindés lourds Mbombe 6×6, fabriqués par le sud-africain Paramount Group et initialement livrés à la Jordanie.

Un pont aérien assuré par des compagnies privées

Tous ces équipements avaient été acheminés par le pont aérien mis en place par les Emirats arabes unis grâce aux avions-cargos opérés par des compagnies privées, notamment celles liées au Russe Oleg Sergeev (Africa Intelligence du 09/04/20). Ces matériels abandonnés par l’ANL intéresseront au plus haut point les experts des Nations unies enquêtant sur les violations de l’embargo sur les armes pesant sur la Libye…

Les forces pro-Haftar avaient déjà perdu plusieurs systèmes de défense anti-aérienne Pantsir, de fabrication russe mais fournis par les Emiratis. Les opérateurs turcs de drones Bayraktar TB-2, qui appuient le GUN et avaient vu plusieurs de leurs appareils détruits par les Pantsir, semblent avoir identifié une faille dans leurs algorithmes de détection. Peut-être grâce à un “coup de pouce” de Washington, qui soutient désormais fermement le GUN contre l’ANL.

Ces revers risquent d’accélérer le divorce entre Khalifa Haftar et le prince héritier d’Abou Dhabi Mohamed bin Zayed al-Nahyan (MbZ) et son homologue saoudien, Mohamed bin Salman (MbS), qui ont financé une partie de ces équipements. Quant au détachement d’avions de combat MiG-29 arrivé à Jufra le 19 mai, et dont le renseignement américain affirme qu’il a été déployé par Moscou en soutien des mercenaires russes de ChVK Wagner qui prêtent main-forte à l’ANL, il semble être resté, pour l’instant, peu actif. Khalifa Haftar va devoir se chercher d’autres sponsors !

Tchadanthropus-tribune avec la Lettre du Continent

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  • Les pays et personnes cités dans cet article ne sont rien que des faire-valoir d’un Succursale dont a des faire-valoir comme Boko-Haram et beaucoup d’autres que nous connaissons. L’objectif est le même partout spolier les ressources et positionnements Géostratégiques sur des bases messianique dont les instigateurs savent ce qu’ils font. Quand à Nous autres,regardons toujours le DOIGT au lieu de la DIRECTION INDIQUÉE comme D’HABITUDE en criant c’est de L’OBSCURANTISME pour PLAIRE À NOS MAÎTRES.

    Commentaire par Hassane Touka dit Hassani le 11 juin 2020 à 19 h 21 min