4 aoĂ»t 2024 #TCHAD #Opinion Libre : đđđđđđđ đđđđđđđđ đđđđđđ, đđ đđđđđđđđ đđđđđđ đđ đđđđđđđđđ, đđđ đđđđđđ đđđđđđđđđđđđđ đđ đđđđđđđ.
A l’instant oĂč je rĂ©dige ces quelques lignes, rien ne montre ni n’indique que le fleuve Chari est sorti de son lit. Les indicateurs qui permettent de suivre le niveau des eaux dudit fleuve sont-ils au rouge ? Aucune alerte n’a Ă©tĂ© donnĂ©e jusque-lĂ . Et l’on se rappelle qu’en 2022, les services en charge de cette mĂȘme surveillance ont tirĂ© sur la sonnette d’alarme dĂšs le dĂ©but de l’hivernage. Malheureusement, cela n’a pas empĂȘchĂ© le drame de se produire, affectant une bonne tranche de la population. On avait estimĂ© que la digue (l’ancienne) pourrait contenir cette montĂ©e des eaux mais hĂ©las.
Tirant les leçons de l’hivernage 2022, le gouvernement, sous l’Ă©gide du ministĂšre en charge de l’AmĂ©nagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, a initiĂ© un grand projet de construction, dans le meilleur dĂ©lai, d’une nouvelle digue, plus fiable et durable. L’objectif principal Ă©tant de tout faire pour Ă©viter la catastrophe de 2022.
Ce projet dont le coĂ»t global serait de 21 milliards de FCFA prĂ©voit dans son premier volet la construction d’une nouvelle digue de 30 km de long, large de 6m et haute de 3m. Sa fonction premiĂšre est d’empĂȘcher un Ă©ventuel dĂ©bordement du fleuve Chari. Outre sa fonction protectrice, cette nouvelle digue sert aussi de route pour les automobilistes, les riverains et autres. Le second volet porte sur la rĂ©habilitation du principal canal de drainage des eaux pluviales. La vidĂ©o ci-aprĂšs publiĂ©e monte bien ces deux aspects du projet appelĂ© la nouvelle digue de Walia
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Ce projet Ă lâĂ©tat actuel n’est pas encore achevĂ©. Le maĂźtre d’ouvrage, en l’occurrence le ministĂšre de l’AmĂ©nagement du territoire, de l’urbanisme et de l’habitat, ne l’a pas encore officiellement rĂ©ceptionnĂ©. Le Ministre Assileck Halata Mahamat a largement communiquĂ© sur cet aspect en cours de la chose et a prĂ©cisĂ© les assurances qui protĂšgent cet ouvrage dans le temps. La digue sera rĂ©ceptionnĂ©e, s’il prĂȘte Ă Dieu, le 15 octobre prochain (2 mois 20 jours).
Il est donc nĂ©cessaire de rappeler ici quâun ouvrage de cette envergure prĂ©sente plusieurs Ă©tapes dans sa rĂ©alisation et sa gestion : construction, correction des non-conformitĂ©s ou des imperfections, mise en service et suivi de lâentretien. Tout comme les routes et les bĂątiments, les digues subissent gĂ©nĂ©ralement des dĂ©gradations et des fissures pendant leur construction ou dĂšs les premiĂšres annĂ©es de leur utilisation. Ces impairs, une fois constatĂ©s, nĂ©cessitent donc des corrections par les entreprises qui rĂ©alisent le projet. C’est pourquoi on procĂšde dâabord Ă une rĂ©ception provisoire et ensuite Ă une rĂ©ception dĂ©finitive de tout projet. Nous ne sommes pas encore Ă ce stade avec la digue de Walia, mĂȘme si 82% des travaux ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©s.
L’autre particularitĂ© de la digue de Walia est que sa phase d’achĂšvement traverse l’hivernage 2024. Ce qui, Ă l’Ă©vidence, ne facilite pas la tĂąche Ă la dizaine d’entreprises qui sâactivent sur ce projet et qui voient leur vitesse d’exĂ©cution ralentir considĂ©rablement, en sus des dĂ©gradations dues aux fortes prĂ©cipitations et qu’il faille rĂ©parer, parfois dare-dare.
Ce projet de la nouvelle digue Walia a d’abord le mĂ©rite d’ĂȘtre rĂ©alisĂ© et, Ă terme, nous espĂ©rons que tout le monde puisse apprĂ©cier la qualitĂ© de l’ouvrage et juger de sa fiabilitĂ© et de sa valeur rĂ©elle. Car, des projets laissĂ©s en rade tels que le stade municipal de Klemat, âŠetc., et des projets qui se sont Ă©vaporĂ©s dans la nature avec leur financement, on en compte malheureusement beaucoup. Toute comme le bitumage des artĂšres de la capitale, inexistant. Dâailleurs, on se demande bien quâa-t-on fait du fameux goudron issu des champs pĂ©troliers ? Qui est en fait un mĂ©lange d’hydrocarbures issus de la distillation du pĂ©trole.
Chacun est libre de sâexprimer sur un sujet, de donner son point de vue citoyen en toute indĂ©pendance, notamment quand il sâagit de lâaction gouvernementale. Si cela est fait avec objectivitĂ© et sans violence, câest encore mieux pour tout le monde. Car la critique peut ĂȘtre dĂ©sagrĂ©able mais elle est parfois nĂ©cessaire pour avancer. Cependant, force est de constater que certains dĂ©bats sont clos dĂšs leur ouverture. Jâai suivi plusieurs interventions sur les rĂ©seaux sociaux. Pour certains, l’approche est dĂ©viante, fonciĂšrement politique et lĂ , tous les coups sont permis. Dâautres en revanche ont tentĂ© dâargumenter en indexant quelques manquements dans la rĂ©alisation de la digue et qui, selon eux, ne sâexpliqueraient autrement que par un dĂ©tournement massif du budget mis Ă la disposition du projet. Pour les uns comme pour les autres, les arguments avancĂ©s ne supportent pas les accusations portĂ©es. Car, ces manquements pointĂ©s ne constituent pas en soit des preuves dâun dĂ©tournement pour la bonne et simple raison que le projet en soit nâest pas encore achevĂ© et donc ces manquements peuvent ĂȘtre rattrapĂ©s. JusquâĂ preuve du contraire, aucun fait dĂ©montrant un dĂ©tournement nâest avĂ©rĂ©.
Comparaison nâest pas raison dit-on. Il y a quelque temps au SĂ©nĂ©gal, le problĂšme de mobilitĂ© urbaine Ă©tait devenu un vĂ©ritablement goulot dâĂ©tranglement pour lâĂ©conomie nationale. Les Experts avaient Ă©valuĂ© Ă plus de 100 milliards FCFA le manque Ă gagner annuel dĂ» aux embouteillages. Pour solutionner ce problĂšme crucial qui Ă©touffait le pays, le gouvernement avait initiĂ© et menĂ© Ă terme trois projets phares sur la mobilitĂ©, Ă savoir :
– le projet TER (Train Express RĂ©gional, reliant le centre-ville de Dakar Ă lâaĂ©roport Blaise Diagne Ă 55 Km, en passant par toute la banlieue. Une extension sur les autres villes est prĂ©vue plus tard),
– le projet BRT (Bus Transit Rapid, desservant de la banlieue dakaroise au centre-ville, 18 Km sur une voie dĂ©diĂ©e, dĂ©gagĂ©e),
– et le projet de construction dâune trentaine dâĂ©changeurs au niveau des ronds-points oĂč il y a gĂ©nĂ©ralement des bouchons.
Les deux premiers projets ont coĂ»tĂ© respectivement 656 milliards FCFA et 330 milliards FCA. Les dĂ©tracteurs desdits projets ont vite fait des comparaisons avec des projets similaires dans dâautres pays et ont criĂ© Ă la surfacturation qui porterait sur ces projets. Ils ont aussi mis en exergue lâendettement du pays (la BAD, lâAFD et la BID ont apportĂ© les 513,5 milliards FCFA pour le projet TER. Quant au projet BRT, le Fond souverain d’investissement stratĂ©gique du SĂ©nĂ©gal (FONSIS) a 30% et les 70% est dĂ©tenu par MERIDIAM, un groupe français). La rentabilitĂ© de ces deux projets a Ă©tĂ© aussi vivement dĂ©battue. Le redĂ©ploiement des rails pour le train rapide et la rĂ©alisation de la voie dĂ©diĂ©e pour le Bus Ă©lectriques ont causĂ© le dĂ©guerpissement des habitations et des commerces (tous indemnisĂ©s). Cela a entrainĂ© des agitations sur le plan social.
Mis en service, ces projets sâavĂšrent aujourdâhui trĂšs utiles pour les populations et permettent de rĂ©aliser des chiffres dâaffaires inespĂ©rĂ©s. Avec 60 000 passagers par jour pour TER et 50 000 par jour pour le BRT, les critiques se sont tues dâelles-mĂȘmes.
Au Tchad, outre la menace de dĂ©bordement du fleuve Chari, il y a des grands dĂ©fis qui attendent le ministĂšre de lâAmĂ©nagement du Territoire, de lâurbanisme et de lâHabitat :
– la rĂ©habilitation du rĂ©seau de drainage des eaux pluviales de la capitale et des autres villes du pays ;
– la rĂ©habilitation du rĂ©seau dâĂ©vacuation des eaux usĂ©es domestiques (toilettes, douche, cuisine, lessive, etc.) ;
– le ramassage des ordures mĂ©nagĂšres et la crĂ©ation dâun site moderne de traitement et dâenfouissement de ces ordures mĂ©nagĂšres.
Ces projets, sâils sont correctement ficelĂ©s et exĂ©cutĂ©s, permettront de mettre fin au calvaire annuel des populations tchadiennes qui subissent les affres des inondations et de toutes sortes de maladies qui en rĂ©sultent. Ce sont des projets vitaux qui amĂ©liorent le cadre de vie et dĂ©passent de loin la vingtaine de milliards qui font jaser autour de la digue de Walia.
Aussi, il serait utopique de penser que la Mairie de NâdjamĂ©na soit en mesure de rĂ©aliser tous ces travaux. Il faut absolument un conseil prĂ©sidentiel autour de ces questions. Comme il en faut pour les questions non moins vitales telles que celles de l’eau, de l’Ă©lectricitĂ©, de la santĂ©, de l’Ă©ducation, du monde rural, etc. Il faut aussi mobiliser les investissements Ă©trangers comme c’est le cas actuellement avec lâassistance technique et financiĂšre de la Banque Mondiale sur le projet de curage des caniveaux Ă N’djamĂ©na.
Mahamat Assileck Halata est un Ministre engagé, dévoué à sa mission, compétent et fidÚle, il mérite encouragement et soutien.
Il y a dans le gouvernement, dans l’opposition, au sein de la sociĂ©tĂ© civile et de la diaspora, des Tchadiens et Tchadiennes pĂ©tris de compĂ©tences, de patriotisme et aptes Ă servir leur pays. Il revient au PrĂ©sident de la RĂ©publique, seul disposant du suffrage des tchadiens, de faire appel Ă ces patriotes, le pays a besoin d’eux.
A bon entendeur, salut !
Source: Hassan Kerim Togoi
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