Toutes les déclarations faites tant par Paris que par ses valets locaux, au pouvoir à N’Djamena, pour justifier le bombardement par des Mirages français, les 3 et 7 février dernier, d’une colonne de l’UFR, groupe armé dirigé par Timan Erdimi, neveu d’Idris Déby lui-même, ne sont, en réalité, qu’un chapelet de mensonges. Des prétextes fallacieux, des arguties à deux balles, des pis-aller, utilisés,  pour la circonstance, pour tromper l’opinion ! Car, ce n’est pas la première fois que la France se permet d’intervenir ainsi, brutalement, dans les affaires politiques du Tchad! Elle l’a fait de tout temps, depuis des lustres. Quand Jean Yves Le Drian, le ministres des affaires étrangères français, qui est à tu et à toi avec Idriss Déby, prétend que la récente intervention militaire française aurait été « conforme au droit international », il faut comprendre qu’il s’agit du droit du plus fort, celui que s’arroge coutumièrement l’impérialisme français pour dicter sa loi dans ce pays, décider seule de la marche des évènements, changeant, imposant des dictateurs à sa solde pour défendre ses intérêts contre la volonté des populations opprimées ! Derrière cette intervention militaire, somme toute classique, se situant dans la lignée de tant d’autres auparavant, se cache, en vérité, quelque chose de plus profond, une réalité politique autrement plus sordide : la domination de ce pays par la France, à travers un ordre politique et social inique, dictatorial, qui dure depuis cent-dix-neuf ans bientôt !

En effet, le Tchad, comme pays, comme entité politique géographiquement délimitée, est une pure création de l’impérialisme français, issue du morcellement du continent africain, à la fin du 19e siècle, consécutivement à la conférence de Berlin en 1885. C’est de ce dépeçage de l’Afrique qu’est né ce pays, construction artificielle, faite de toutes pièces, en fonction des intérêts du  colonialisme français. Son acte de naissance est le 22 avril 1900. Mais, il a fallu plus de trente ans pour que son espace géographique actuel soit défini : le BET, initialement rattaché à la colonie du Niger, n’a été intégré dans l’espace actuel qu’en 1930 ; le Moyen Chari et les deux Logones avaient d’abord été placés sous l’autorité administrative de l’Oubangui avant de dépendre de celle du Tchad en 1936.

Administré d’abord par l’armée française, ce n’est qu’en 1938 que le Tchad a été placé sous l’autorité d’un gouverneur civil, Félix Éboué, d’origine guyanaise. Mais, quel que soit le régime en vigueur, l’ordre imposé était à tout point de vue dictatorial. Les populations autochtones n’y avaient aucun droit ! Pour gouverner, l’administration coloniale s’appuyait sur les chefs traditionnels, ralliés à son système ou créés artificiellement, tous réduits au rang d’agents subalternes : ils encadraient les populations, levaient les impôts, rendaient la justice, jouaient le rôle de délateurs et organisaient aussi les travaux forcés.

Le régime en vigueur reposait sur une division de la population entre colonisateurs et colonisés : il y avait, d’un côté, des citoyens français et, de l’autre, des sujets, appelés couramment, avec mépris, « des indigènes ». Ceux-ci n’avaient aucun droit, mais, des devoirs : ils devaient participer aux travaux forcés obligatoires, avoir un laisser-passer pour aller d’un point à un autre. Ils n’avaient aucune liberté, ni de réunion, ni de presse, ni syndicale. Même la culture du coton, introduite en 1928, un an après son expérimentation en Oubangui en 1927, était imposée : c’était souvent sous la chicotte que les paysans étaient contraints de cultiver ce produit dont avait besoin l’industrie française, au détriment des cultures vivrières nécessaires à leur subsistance. Par bien d’aspects, l’ordre colonial en vigueur était donc dictatorial, mais aussi ségrégationniste, une sorte d’apartheid local qui refusait de dire son nom !

Des années trente jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale, cette situation s’est même aggravée, du point de vue économique notamment. En effet, à cause, d’une part, de la crise de 1929, et, d’autre part, de l’éclatement des affrontements à l’échelle mondiale, qui ont tous deux entraîné un rétrécissement du marché, une contraction des échanges internationaux, c’est dans ses colonies d’Afrique que la bourgeoisie française a trouvé une planche de salut : un réservoir de matières premières pour ses industries, un marché protégé pour le surplus de ses produits, un champ d’investissements pour ses capitaux, à l’abri des convoitises des puissances rivales. Ce dispositif  lui a permis de faire des affaires juteuses et d’augmenter son taux de profit par le biais d’une exploitation massive des ressources tant naturelles qu’humaines de ces régions. Aussi est-ce dans ce contexte que, au Tchad, les compagnies commerciales françaises, telles que la CFAO (Compagnie Française d’Afrique de l’Ouest), la SCOA (Société Française d’Afrique de l’Ouest), la NSCKN (Nouvelle Société Commerciale du Kouilou Niari) et d’autres, implantées déjà dans la colonie dès les  premières heures, avec des positions de monopole, ont intensifié leurs activités. Sous leur ombre ont prospéré aussi des margoulins venus de tous les horizons, attirés par le rêve d’une richesse facile sous le ciel colonial : des Grecs, des Syriens, des Arméniens, des Libanais, des Soudanais, etc, mais aussi des commerçants locaux, pique-assiettes se nourrissant des miettes qui tombaient de la table des plus grands.

Ainsi s’est-il formé tout un maillage de différents profiteurs, gros et petits, qui  déversaient dans tout le pays, y compris dans les marchés les plus reculés, divers produits industriels français, – tissus en coton, sucre, ciment, bougies, lampes, machettes, coupe-coupe, et autres -, qui leur assuraient des taux de profits exceptionnels. Avec la monoculture du coton, qui servait à enrichir l’industrie cotonnière française, dont notamment la famille Boussac, les activités de ces firmes françaises et leurs différents collaborateurs ont fortement contribué à l’intégration du pays dans le marché mondial et à jeter ainsi les bases de son sous-développement actuel.

Par ailleurs, première colonie à se rallier à la France Libre de de Gaulle, après la débâcle de l’armée française face aux troupes allemandes qui avaient envahi Paris, le Tchad est devenu aussi l’un des principaux pourvoyeurs en soldats appelés « tirailleurs ». Des régions entières, notamment le Guéra, le Moyen Chari, le Chari Baguirmi, les deux Logones, ont été vidées de leur jeunesse, de leurs enfants, raflés par milliers, avant d’être envoyés sur différents fronts, d’Afrique, d’Europe et d’Asie, où, transformés en chair à canon, ils ont servi, combattu, sont morts pour le compte de la France colonialiste. Le point de départ de cet épisode a été la colonne Leclerc qui, partie de Fort-Lamy, a traversé le Sahara et la Méditerranée pour aller participer à la libération de Paris. Phénomène immortalisé par  la chanson appelée « Marche de la 2e Division Blindée », dont les deux premiers vers disent, de façon éloquente, ceci : « Après le Tchad, l’Angleterre, la France, le grand chemin qui mène vers Paris… », mais aussi, symbole fort parlant du fait que la pratique, tant prisée par les dirigeants actuels, qui consiste à se servir de la peau des soldats tchadiens pour défendre les intérêts de l’impérialisme français, comme de nos jours au Mali, n’est pas nouvelle : elle a des origines historiques lointaines !

Sous la pression des masses populaires colonisées qui se battaient pour s’émanciper, la fin de la deuxième guerre mondiale a entraîné de  profondes brèches dans le système colonial français, tant au Moyen Orient, en Asie qu’en Afrique. Ainsi, au Tchad aussi, a émergé un nationalisme anticolonialiste, à l’instar de celui des autres peuples colonisés. Mais, comme ailleurs, dans ses autres colonies, pour désamorcer la colère populaire afin de continuer à maintenir sa mainmise sur ses colonies, de 1945 à 1958, l’impérialisme français a initié un certain nombre de réformes :  la formation d’une Assemblée constituante, avec un double collège, la suppression de l’indigénat, l’abolition du travail forcé, l’instauration des libertés d’association, de réunion et d’expression, etc. C’est dans ce contexte que sont nées les premières organisations politiques : le PPT RDA, Parti Progressiste Tchadien, section locale du Rassemblement Démocratique Africain, l’UDT, l’Union des Démocrates Tchadiens, le PSI, Parti Socialiste Indépendant, l’AST, l’Action Socialiste Tchadienne, le MSA, le Mouvement Socialiste Africain, l’UNT, l’Union Nationale Tchadienne, etc. Des syndicats ont également vu le jour, de 1947 à 49.

Toutes ces réformes, dont le point culminant était la « Loi cadre », concoctée par Gaston Deferre en 1956, visaient à associer de plus en plus les notables tchadiens à la gestion des affaires publiques, comme députés, maires, conseillers, cadres dans les secteurs publics, etc.  Elles avaient pour objectif, d’une part, d’endiguer la colère populaire, et, d’autre part, le moment venu, de mettre à la tête du pays des valets locaux qui auraient pour rôle de continuer à défendre les intérêts de l’impérialisme français sou de nouvelles formes. Par ailleurs, à part Ibrahim Abatcha et Mamat Aba, dont l’organisation, l’UNT, a voté « Non », pour refuser la perspective de la communauté française en 1958, tous les dirigeants politiques d’alors aspiraient à offrir leur service pour être les larbins de l’impérialisme français, y compris ceux du PPT RDA, qui l’ont prouvé notamment pendant la révolte populaire de Bébalem, en 1952 , au cours de laquelle ils avaient fait profil bas, trahissant ainsi la colère des masses insurgées contre l’ordre colonial .

Ainsi, le 11 août 1960, François Tombalbaye, candidat du PPT RDA, seul parti ayant une base nationale à cause surtout de son passé anticolonialiste, capable d’assurer donc l’ordre voulu  par la France,  a été porté au pouvoir  à la tête d’un Etat conçu par l’impérialisme français pour défendre ses intérêts et continuer à maintenir sa domination sur le pays dans le cadre d’une indépendance factice. Cela s’est fait à travers des accords de                                                                                                                                                   coopération qui, tant sur le plan économique, militaire, diplomatique que culturel, visaient  à renforcer la mainmise de l’ancienne métropole sur le Tchad et de faire de ce pays une chasse gardée de celle-ci.

Le fait que, depuis l’accession à ce que certains appellent hypocritement « la souveraineté », les populations opprimées du Tchad n’ont joué aucun rôle indépendant dans les changements politiques majeurs opérés à la tête de l’État étaye largement cette thèse-là. En effet, de Tombalbaye à Idriss Déby Itno, en passant par Malloum, Goukouni, Habré, c’est l’impérialisme français seul qui en a pris l’initiative, changeant, tels des pions sur un échiquier, les hommes et les régimes, en fonction de ses intérêts du moment : c’est lui qui, quinze ans durant, a imposé la dictature de Tombalbaye pour la remplacer ensuite, en 1975, par celle des militaires parce qu’elle était devenue usée, impopulaire, donc gênante,  sans oublier, par ailleurs, que le régime d’alors avait de surcroît quelques velléités de liberté en lorgnant du côté des États-Unis via le Zaïre du satrape Mobutu ; c’est encore l’impérialisme français qui, après la brève parenthèse de galonnés, 1975-1979, a porté au pouvoir le duo Goukouni-Habré, en 1980, avant de lâcher le premier au profit du second tout seul en 1982 ; c’est enfin lui qui s’est débarrassé de l’ancien geôlier de Françoise Claustre pour mettre à sa place  l’un des dignitaires de son régime, son ex-chef d’état-major, Idris Déby Itno, le 1er décembre 1990, à la suite d’un coup de force militaire, aux allures d’une révolution de palais, qui a accouché d’un autre pouvoir dictatorial,  vieux de vingt-neuf ans aujourd’hui !

De 1960 à nos jours, c’est donc la France qui a non seulement imposé les différentes dictatures qui se sont succédé dans le pays, mais elle les a également soutenues : aucune de ces celles-ci n’auraient pu exister sans son aide multiforme, économique, politique, mais surtout militaire. Juste après l’indépendance,  le 16 septembre 1963 précisément, la répression qui s’est abattue sur l’opposition de l’époque, parce que celle-ci protestait contre la remise en cause des libertés et autres acquis démocratiques hérités des luttes politiques antérieures menées contre le colonialisme français, a vu aussi la participation des troupes françaises à côté des forces de l’ordre locales : des soldats français ont  pris part aux fouilles dans les quartiers populaires, aux rafles et aux arrestations des sympathisants et des responsables des partis politiques, qui s’étaient érigés contre la perspective du parti unique qu’ambitionnait d’instaurer le pouvoir de Tombalbaye, avec la bénédiction de de Gaulle et de Jacques Foccart. Après la création du Frolinat (Front de Libération Nationale du Tchad) en 1966, les interventions militaires françaises sont pratiquement devenues les principaux axes de la coopération entre les deux pays : il y en a eu plusieurs, dont notamment les opérations « Bison » et « Limousin », de 1968 à 1972, sans oublier le coup d’État qui a emporté Tombalbaye lui-même, le 13 avril 1975, œuvre des chefs de sa propre armée, chapeautée et diligentée par l’impérialisme français. Sous le régime des militaires également, il y a eu des interventions militaires françaises, comme en 1976, dans la palmeraie de Faya, lors de la forte répression qui s’y est abattue sur les populations, suite à une attaque de la ville par les éléments des FAN d’Hissein Habré. Tout le processus politique qui, après les accords de Khartoum, a conduit celui-ci à la primature, en 1978, a été aussi émaillé de multiples interventions de l’impérialisme français : ce dernier a non seulement aidé, armé, les FAN au point de créer un bicéphalisme au niveau de l’État, mais, dans le cadre de l’opération « Tacaud », il a continué également à intervenir militairement pour protéger le régime en place contre l’avancée des bandes armées se réclamant du Frolinat, comme lors du bombardement de la ville d’Ati. Après la prise du pouvoir en 1982 par Hissein Habré, il y a eu, en 1983, l’opération « Manta » qui a vu des milliers de soldats français venir en appui au pouvoir des FAN qui avait maille à partir avec des bandes armées rivales dans le nord du pays. En 1986, l’opération « Épervier » a pris le relais pour servir de bouclier militaire à la dictature de la DDS. Après l’arrivée d’Idriss Déby au pouvoir en 1990, la France a renforcé ce dispositif militaire pour soutenir le nouveau régime. En 2006 et en 2008, toujours dans le cadre de l’opération « Épervier », l’aviation française est déjà intervenue contre une colonne de bandes armées pour défendre le pouvoir actuel. Ensuite, en 2014, a été mise au point l’opération « Barkhane », qui s’étend sur l’ensemble des pays du Sahel, – le Tchad, le Niger, le Mali, le Burkina-Faso, la Mauritanie-, dont les Mirages ont récemment bombardé les troupes de l’UFR dans l’Ennedi Est.

Du 22 avril 1900, jour où l’impérialisme français a planté son drapeau dans ce bout de terre de l’Afrique devenu le Tchad, jusqu’aujourd’hui, les relations entre lui et ce dernier se résume finalement à une longue chaîne d’interventions militaires, sous une forme ou sous une autre. Aucun évènement majeur, quel qu’il soit, ne s’est produit dans ce pays sans que, derrière lui, on ne voie l’ombre, mais surtout la main sanguinolente de l’impérialisme français, décidé  à protéger ses intérêts et ceux de ses valets locaux au pouvoir, à garder cette région du continent dans son  pré-carré africain, comme l’illustrent fort bien les bombardements du 3 au 7  février dernier, mais aussi la révélation faite, l’année dernière, par Idriss Déby Itno lui-même, à des  journalistes français, selon laquelle, en 2005, c’est la France qui lui avait forcé la main pour triturer la constitution d’alors afin de rempiler pour un troisième mandat, qui, depuis, en a appelé d’autres, aussi illégitimes les uns que les autres, parce que imposés sous le parapluie de l’armée et la complicité de la Ceni et du Conseil constitutionnel, structures dévouées au pouvoir et conçues à cet effet!

Au terme de tout cela, devrait-on dédouaner les responsables des dictatures qui se sont succédé à la tête du pays jusqu’alors ? Évidemment non ! On ne peut minimiser les responsabilités des politiciens locaux, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui, qui ont tous fait le choix de se mettre au service de l’impérialisme français. C’est leur politique commune, consistant, depuis le début, à défendre les intérêts de la bourgeoisie française et mondiale et ceux des privilégiés locaux, au détriment des besoins collectifs des masses opprimées, qui a plongé le pays dans l’impasse totale actuelle, à tous les niveaux : un monde profondément inégalitaire, injuste, où une petite minorité de bourgeois, parasites, et les trusts, dont ils sont les valets locaux, exploitent, pillent, à ciel ouvert, les ressources tant humaines que naturelles du pays et condamnent l’écrasante majorité de la population à la misère, aux maladies, que l’on peut souvent soigner, pour certaines, rien qu’avec de l’eau potable, sans oublier, en outre, la chape de plomb dictatoriale sous laquelle les dirigeants du MPS maintiennent  écrasées les couches populaires, au point de faire du Tchad l’un des rares pays au monde où les populations n’ont pas le droit de manifester!

Mais, contrairement à ce que prétendent les dirigeants de l’opposition, toutes tendances confondues, il ne suffirait pas de chasser la clique des politiciens corrompus au pouvoir ou de dialoguer avec eux sous le parapluie de l’impérialisme français, de quelque manière que ce soit, pour que le pays s’engage dans la voie royale d’un changement prenant en compte les aspirations populaires à une vie digne de notre époque, tant sur le plan social que démocratique. Toute l’expérience politique des derniers soixante-neuf ans le prouvent amplement ! De Tombalbaye à Idriss Déby Itno, que de changements d’hommes, que de négociations, de dialogues, il y a eu, en effet ! Pourtant, cela n’a pas empêché que notre société s’enfonce de plus en plus dans la misère, la déchéance, et la dictature.

S’il est ainsi, c’est parce que tous ces changements se sont opérés dans les limites de l’ordre social imposé par l’impérialisme français depuis le 22 avril 1900 : le capitalisme, qu’il défend par tous les moyens ! Par conséquent, pour que les couches populaires accèdent à de meilleures conditions de vie, mais aussi aux libertés essentielles, il ne suffirait pas de remplacer un politicien bourgeois par une autre. Il faudrait plutôt s’attaquer aux racines de la misère et de la dictature, au capitalisme lui-même, à la domination impérialiste, française ou non, aux intérêts des trusts, de ceux de leurs valets locaux, – les gros négociants, les prospères intermédiaires à eux dévoués, mais aussi les hauts dignitaires politiques, ministres, députés, gouverneurs, généraux, etc., tous enrichis par le pillage systématique des caisses de l’État -, dans le but d’imposer un pouvoir fondé sur la mise en commun des richesses, la démocratie la plus large qui soit, dont le moteur ne sera plus la loi de l’argent, mais, la satisfaction des besoins collectifs de tous !

Mais cette perspective-là, seuls les travailleurs, du public comme du privé, et l’ensemble des opprimés, principales victimes de l’ordre social en vigueur, ont intérêt à la réaliser et peuvent le faire ! Espérons alors que, à travers toutes les luttes multiples qui se développent dans la société, une fraction des travailleurs, aussi petite soit-elle, mais aussi de l’intelligentsia, des étudiants, des élèves, parce que révoltés par l’impasse actuelle, parviendront à cette conscience-là, à la conviction que la seule perspective porteuse d’un autre avenir est celle de l’émancipation de l’ordre impérialiste français, le capitalisme, avec les arme et les moyens qu’il nous offre lui-même : la force organisée des travailleurs et des masses opprimées, de toutes les ethnies, de toutes les religions, de toutes les régions, des villes comme des campagnes !

Mais, d’ores et déjà, quels qu’ils soient, tous ceux qui protestent contre la dernière intervention militaire française au Tchad ont mille fois raison de le faire ! Alors, oui, à bas la dictature ! A bas l’impérialisme français ! Troupes françaises hors du Tchad et de l’Afrique !

                     Ali Mohamed Abali Marangabi

                     abali_icho@yahoo.fr

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