La sortie médiatique tonitruante des hommes des professions libérales judiciaires plus connus du citoyen lambda sous l’appellation de avocats, notaires et autres huissiers ne laisse personne indifférente vue le contexte actuel de grève générale rythmé par des réclamations tous azimuts des agents de l’Etat. Raison évoquée, Certaines personnalités, responsables civils et militaires de région auraient, par personne interposée, attenté à la vie de leur collègue et ses clients en usant des armes à feu pour leur tirer dessus ; c’est un acte condamnable si avéré. La nouvelle que la presse, le quatrième pouvoir mais pas toujours bien utilisée, a fait ses choux gras, loin de passer inaperçue a fait mouche. Des responsables sont demis immédiatement de leur fonction mais les magistrats n’y se contentent pas. Ils réclament encore les têtes des personnalités incriminées pour les voir arrêtées illico, c’est-à- dire sans autre forme de procès- en dehors de celui de la presse ? Si non, renchérissent-ils, une grève sèche et illimitée sera observée jusqu’à la satisfaction totale de leur revendication (vindicte magistrale?) ; une sorte de grève rajoutée à la grève des agents de la fonction publique en cours ! Et pourtant, Aller en grève ou laisser aller en grève c’est un peu comme si on scie la branche sur laquelle on est assis. La chute est d’autant plus ravageuse que l’arbre est plus haut. Pire. Une grève sans issue rapide est exactement comme une plaie. Plus longtemps ça dure, plus vite elle se transformera en gangrène ! Voilà qui appelle à la sagesse de chacune des parties pour le plus grand intérêt De notre pays qui est déjà secoué par la plus grande crise économique d’après pétrole assortie d’une menace permanente de la sécurité par les terroristes. Ce qui nous intrigue en tant que profane du domaine, même si « nul n’est censé ignorer la loi », c’est la manière forte (usage d’ultimatum) et la voie (la presse) qu’a adoptés ce corps de métier pour réclamer justice ; d’aucuns diront pour se faire justice. La presse par ses révélations (« cabales parfois » ?) semble faire et défaire les rois. Des personnalités en ont fait les frais avant d’avoir leur salut probablement par les contre-révélations de cette même presse ! Les magistrats, à l’instar de tous les citoyens réclament justice s’ils se sentent menacés dans leur existence est tout ce qu’il y a de plus normale dans un Etat de droit. Cependant, ôter les réserves d’usage du domaine (Incident, bavure, individualité de la culpabilité, présomption d’innocence, etc.) pour faire place à des accusations véhémentes et de masse relèvent du chantage, préjudiciable quelques soient les retombés immédiats que l’on veille espérer. Les auteurs des tirs étant indexés, on pourrait demander leur interpellation et partant leur demander les éventuels commanditaires et le tour légal est joué ! Du coup, les hommes de loi donneraient le bon exemple qui éviterait à la jeune IVème République le risque de prendre les allures d’une république bananière.

 

AMDJARASS et FADA sont complémentaires mais ne sont pas mutuellement exclusifs Le projet de nouvel découpage administratif tel que adopté par le Forum National Inclusif fait (en off ?) beaucoup de débats. Notamment le cas de deux Ennedi (Ennedi Est, chef-lieu Amdjarass et Ennedi Ouest, chef-lieu Fada) unifiés en un seul qui opterait pour AMDJARASS comme son nouveau chef-lieu au détriment de FADA chef-lieu historique de la Région fait grincer des dents. A juste titre ?

 

Si la ville d’AMDJARASS appelé affectueusement « capitale de l’Est » à cause de ses infrastructures modernes pourrait se targuer de son poids politique non négligeable pour ravir à la ville de FADA la place qui lui reviendrait de droit, ce dernier pourrait bien lui opposer son potentiel historique et touristique pour défendre sa place. Il n’en serait pas besoin. Aucune de deux villes ne devrait être ni diabolisée ni victimisée. Tout le monde devrait avoir sa place dans la IVe République, pourvu qu’il remplisse les critères retenus et ce soit bien le cas de l’Ennedi Est et de l’Ennedi Ouest. En effet, outre leur potentiel économique basé sur l’élevage et le tourisme entre autres et qui fond d’elles des régions viables, la moindre comparaison avec les autres régions choisies fait ressortir des réalités plus qu’édifiantes. Par exemple : – Parlant de la superficie :

 

Ennedi Est fait 4fois le Logone Oriental, 5fois la Tandjilé et 10fois le Logone Occidental ;

 

Ennedi Ouest fait 5.4fois le Logone Oriental, 7fois la Tandjilé et 15fois le Logone Occidental ;

 

– La population :

 

Ennedi Est fait 5fois la population du Tibesti ;

Ennedi Ouest fait 2.7fois la même population.

 

Vous remarquerez au passage qu’il existe deux « Logone », l’existence simultanée de deux Ennedi n’est donc plus une première dans l’histoire du découpage administratif du pays. Voilà brièvement, pourquoi les deux Ennedi, AMDJARASS et FADA, ont chacun leur place dans le nouvel découpage administratif du Tchad et sont complémentaires mais non exclusifs entre elles-mêmes et avec les autres régions du Pays.

ALLATCHI Yaya, Ndjamena TCHAD

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  • Je voudrai que ce commentaire soit considéré comme une contribution au débat que devrait susciter cette opinion libre et non une réponse à Mr Allatchi Yaya.
    Deux critères ont été donnés à titre d’exemple pour étayer la dernière partie de cette opinion libre : la superficie et la population.
    La rigueur scientifique aurait voulu que pour l’un et l’autre de ces critères, la comparaison se fasse par rapport à des données des mêmes régions pour permettre une analyse objective des lecteurs.
    En d’autres termes, quand les superficies des deux régions de l’Ennedi sont comparées avec celles de la Tandjilé et du Logone Occidental, c’est par rapport à ces deux dernières régions que la comparaison des populations devrait aussi se faire.
    Une seconde comparaison des régions de l’Ennedi par rapport au Tibesti sur l’ensemble des deux critères édifierait d’avantage les lecteurs.
    Ces précisions n’influeront probablement pas les positions affichées ou figées des uns et des autres sur la problématique que soulève cette libre opinion car guidées par leur sensibilité politique. Elles pourraient contribuer néanmoins à éclairer les lecteurs par une analyse comparative rigoureuse et pourquoi pas amener les tchadiens à évaluer les orientations ou décisions de nos gouvernants par rapport à des critères mesurables.
    N. DAHOUTA

    Commentaire par N'Yaramadje DAHOUTA le 7 juillet 2018 à 13 h 02 min