Moussa Faki s’est doublement trompé : d’une part, il a cru que nos mentalités étaient enfin prêtes à digérer toutes les sémantiques ; d’autre part, il a minimisé le pouvoir du ventre et de la méchanceté humaine qui allait pousser tous les opportunistes à jouer aux vierges effarouchées auprès du Prince.

Nous sommes nombreux à avoir servi aux côtés du Maréchal avec fierté, dignité et patriotisme dans les limites propres à l’homme. Toutefois, sans jamais renier notre âme, la lucidité et la bonne foi imposent d’assumer et défendre le bilan, avec son actif et son passif, surtout dans les circonstances présentes où l’autocritique est également un élément de la thérapie de groupe. Alors, foutons la paix au défunt Maréchal et arrêtons d’instrumentaliser sa mémoire dans le seul but de légitimer des postures hypocrites comme si le passé d’un homme devait anesthésier son cerveau et annihiler son discernement. Si tous ceux qui ont servi le pays ces 30 dernières années devraient se taire, il n’y aurait presque personne pour l’ouvrir.

Nous sommes nombreux à soutenir le PCMT qui accomplit vaillamment sa périlleuse mission nonobstant les courants contraires dont les plus dangereux sont les artificiels initiés par ceux qui n’ont que la « courtisanerie » et la délation comme faire-valoir. Le vrai soutien, entier et sincère, est celui qui est porté par un minimum d’honnêteté intellectuelle et morale, jamais par la complaisance assassine et le goût diabolique pour la « fitna ». En tout état de cause, il n’y a pas meilleur juge que l’histoire, et l’histoire de demain est en train de s’écrire aujourd’hui.

Par ailleurs, je constate avec amusement que, depuis le fameux discours de Moussa Faki(apprécié par certains et critiqué par d’autres), les affaires sont florissantes pour une certaine presse, Jeune Afrique en tête, qui devient opportunément le porte-parole des éternels « chasseurs des ambitions » pour qui les ambitions sont licites pour certains et défendues pour d’autres.

Que ceux-là soient rassurés : le jour où Abdoulaye-sabre décidera d’être au service d’une quelconque ambition, sienne ou autre, ils n’auront pas à deviner ses intentions qu’il rendra publiques par sa voix et ses publications. Dieu merci, je pense disposer du minimum de courage nécessaire pour assumer au grand jour mes écrits, mes choix et mes convictions, quoiqu’ils m’en coûtent. Ce jour n’est pas encore arrivé car mon engagement présent est déjà pris sans ambiguïté. Un engagement entier et désintéressé, mais dans le respect, la vérité et la loyauté au pays, sauf, peut-etre, si Dieu cessait d’être demain l’unique pourvoyeur des subsistances de ses créatures. Fidélité à l’un, solidarité avec l’autre.

Abdoulaye Sabre Fadoul

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