Tchadiennes, Tchadiens, chers compatriotes,

En a peine quatre semaines, on m’a annoncé le décès brutal des personnes suivantes : Mme Zenaba Ali Hawan, ma nièce : Elle n’avait que 32 ans ; M. MAYA Choukou, mon oncle maternel, la soixantaine, M. Moussa Korei Wachili, mon cousin et , il y’a trois jours , le Fils de Batrane Adoum Idriss dit Ertcheimi , mon cousin.

Nous ne sommes pas la seule famille frappée par une telle série morbide. Chaque jour, de jour comme de nuit, les tchadiens sans exception, d’ethnie et de région, sont frappés par la mort brutale, leur arrachant des personnes qui leur sont chères.

Doit-on enterrer les nôtres chaque jour sans se demander pourquoi et comment sont-ils morts ? En quoi la mort est explicable ailleurs, mais jamais au Tchad ?

Sans une réponse appropriée, autant que nous sommes, acceptons de fait, un droit de vie et de mort à ce Tyran qui nous gouverne depuis si longtemps. Dans un pays où l’autopsie n’existe pas, la responsabilité des autorités est dès lors engagée : On ne meurt jamais pour rien.

Appauvris, affamés, humiliés et méprisés, les tchadiens sont devenus des proies faciles de la mort. Réveillons-nous

Depuis quelques mois, le Ouaddai, à cause des conflits entre sédentaires et éleveurs, entretenus par Deby et Hinda, est devenu le théâtre d’affrontements armes mettant en danger un vivre-ensemble acquis de longue date. Prenant partie pour un côté, Deby n’a pas trouvé mieux que de destituer le Sultan, héréditaire et légitime, lui, qui n’a jamais été élu. Et tout ceci, sans aucune preuve.

Chers compatriotes, Pères, Mères, oncles, tantes, comment pouvez-vous rester insensibles, lorsque Deby et Hinda, avec l’aide des mercenaires soudanais, payés par le Trésor tchadien, font jeter à la rue, la Famille du Sultan du Ouaddai ? Pouvez-vous imaginer, un seul instant, que cela ne vous arrivera pas ?

Chers compatriotes, chrétiens, musulmans, animistes, comment en âme et conscience, acceptez-vous tant d’injustices : Dieu, Tout puissant ne vous pardonnera jamais. Cet abus de pouvoir, d’une extrême gravité, vient de rompre à jamais, l’harmonie laborieusement instaurée depuis des siècles.

Malgré les faiblesses de toute œuvre humaine, les Sultanats que nous avons hérités, étaient bel et bien, la cause principale de la cohésion sociale et de l’unité Culturelle. Représentées à la cour du Sultan, toutes les ethnies avaient voix au chapitre et prenaient part aux délibérations. Après la victoire à la Pyrrhus de la France, les trois royaumes qui constitueront le Tchad avaient certes perdu toutes leurs attributions territoriales. En revanche, véritables autorités morales et spirituelles, même l’autorité Coloniale leur reconnurent toutes leurs fonctions de garants de nos traditions et de notre Histoire : “ un peuple sans histoire, est une peuple sans âme” (Alain FOCA) …

C’est à partir de nos structures traditionnelles que nous aurons à réécrire notre histoire : La vraie …

Ou sont donc passés ses tchadiens, dignes descendants des SAO ? Celles et ceux qui refusent l’humiliation, la discrimination, Le mépris, bref l’injustice en tous genres ? Il n’ait point besoin d’un diplôme pour être un homme digne ? Tous les êtres humains sont doués du bon sens. Alors, réagissons. Indignons-nous. Ce qui se passe au Ouaddai est inacceptable. “ Ne dit-on pas que” la lame qui rase la tête du voisin, peut raser la tienne” ?

Aux Sultan du Baguirmi et celui du Kanem, si vous ne réagissez pas, demain sera votre tour.

J’en appelle à tous mes compatriotes que nous sommes en 2019. La prise de conscience est palpable, partout dans le monde. N’est-ce pas le moment de démontrer que nous aussi avons compris la nature exacte de ce régime : Une Tyrannie meurtrière. Cessons de ne penser qu’aux nôtres, qu’a Soi. Pensons aux tchadiens en général et aimons-Nous …

Taher Ali Nanaye

      Président de la Nouvelle Alliance pour la Restauration de la République (NARR).

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