Chers concitoyens, si vous permettez …

Au Tchad, comme dans le reste du Continent, on ne s’interroge pas trop sur le type d’Etat qui pourrait nous mener à l’émergence. Questionnement d’autant plus essentiel qu’aucune des approches de développement adoptée jusqu’ici ne nous a pas permis de « diversifier et de transformer nos économies, ni de d’enregistrer des taux de croissance réguliers et soutenus, encore moins de réaliser des niveaux de développement social élevé ». C’est, en effet, le constat fait par la Commission Economique Africaine qui recommande aux pays du continent de promouvoir l’Etat développementaliste. Qu’est-ce à dire ? C’est un Etat édifié autour d’un gouvernement doté de la volonté et de la légitimité politiques d’assumer des fonctions de développement spécifiques, d’une administration professionnelle qui appliquent les stratégies et politiques de développement national établies, et de mécanismes d’interaction permettant aux diverses parties prenantes de prendre part à l’élaboration et à l’exécution des politiques.

Tout le monde sait que le Tchad traverse une période difficile de son histoire. Dans la plupart des domaines de la vie nationale, les signaux sont au rouge. Aux contentieux politiques d’ordre institutionnel ou électoral viennent s’ajouter les difficultés croissantes de la vie quotidienne dominées par une misère et un chômage endémique, une inflation galopante et des pénuries de toutes sortes :

 

  • Face à l’ampleur de taux de chômage, de nombreux jeunes diplômés sans emploi, dans un élan de désespoir, se mobilisent comme un seul homme et revendiquent légitimement leur intégration dans la fonction publique, et ce, pour pouvoir faire face aux phénomènes sociaux qui déchirent ou transforment négativement notre tissu social ; ils ne reçoivent en retour que leur propre écho.
  • Des organisations syndicales demandent à être écoutées, parce qu’elles ont des idées pour la défense et la viabilité du service public dans le domaine de la justice, de la santé, de l’éducation… En vain. Pourquoi est-il si difficile au pouvoir de se concerter, par exemple, avec les acteurs concernés de l’école, de la santé, de partager avec eux toutes les informations et de créer avec eux un système de suivi transparent capable de donner à une telle allocation de ressources l’efficacité et l’efficience requises ?
  • Le bras de fer interminable qui oppose la Plateforme Syndicale Revendicative au Gouvernement autour du non-respect par ce dernier de ses engagements exécutés dans un protocole d’accord signé le 9 janvier 2020 : levée du gel des effets financiers des avancements et reclassements des agents de l’Etat ; paiement des frais de transport de 2017 à 2019, autant des mesures d’austérité prises en 2016 par le Gouvernement pour faire face à la crise financière née de la chute des cours du pétrole, principale source de recettes du pays.
  • Certains opérateurs économiques nationaux crient leur marginalisation et réclament toute leur place dans notre tissu économique, dans l’attribution des marchés publics, dans le capital des entreprises stratégiques. Mais, le pouvoir fait la sourde oreille.
  • Des retraités demandent sans succès des journées d’étude sur leur situation et sur celle de leur institution.
  • Des voix s’élèvent pour défendre la laïcité, pour exiger que l’Etat soit équidistant et équitable dans ses relations avec les religions. Apparemment leur discours est mal reçu par le pouvoir, qui ne leur accorde ni attention, ni considération.
  • Les médias publics sont plus que jamais monopolisés par le pouvoir d’Etat et, de ce fait, handicapés pour jouer leur rôle dans le traitement objectif des informations et dans la confrontation d’idées. Ce qui les prive donc d’une participation pleine et entière à la démocratisation de notre société, corollaire du dialogue politique, social, culturel et sportif, qui doit être permanent.
  • Des journalistes du secteur privé se voient agressés dans l’exercice de leur métier et conduits manu militari au tribunal, pour délit d’opinion, ou plutôt crime de lèse- majesté et ce, en violation de la Loi n°2010-017 du 31 août 2010 relative au régime de la dépénalisation des délits de presse.
  • Des intellectuels et écrivains, qui éveillent et alertent l’opinion sur certaines tares du pouvoir, systématiquement sont victimes de la censure, menacés de mort ou traînés devant les tribunaux.
  • Des acteurs du monde rural, confrontés aux récurrents problèmes agriculteurs-éleveurs souhaitent, la tenue des Etats Généraux du monde rural (agriculture, pêche, élevage, foresterie) et ils se demandent encore comment se faire comprendre. La dégradation accélérée de l’environnement et la gestion prédatrice des ressources naturelles préoccupent au premier chef les écologistes, qui se heurtent à un mur d’indifférence.
  • Les ménages, dans leur immense majorité, décrient une distribution d’électricité jugée inéquitable ; le taux d’accès à l’électricité étant de 11% en milieu urbain et seulement de 2% en milieu rural (selon la Banque Mondiale ; rapport publié en mai 2019). Le service qu’offre la Société Nationale d’Electricité ne couvre pratiquement pas l’ensemble du territoire national. C’est la nuit que le courant arrive, souvent à minuit … pour être coupé le matin. Ce genre de situation pénalise énormément les petites et moyennes entreprises qui déplorent des pertes. Leurs lamentations / leurs cris de détresse sont montés jusqu’au pouvoir. Aucune action n’a été entreprise pour soulager leur détresse. Ils n’ont reçu que l’écho de leurs clameurs.
  • Au niveau politique, c’est également l’impasse. Des partis politiques qui ont contesté la régularité de l’élection présidentielle sont considérés comme des parias par le pouvoir et ne mériteraient pas d’être ses interlocuteurs, puisqu’ils refusent d’être une opposition domestiquée.

Comme on voit, le dialogue social avec le pouvoir est – sinon rompu – de piètre qualité et le dialogue politique inclusif inexistant. Pourquoi cet autoritarisme du pouvoir quand nous savons que, indubitablement, le dialogue politique et social est indispensable à la bonne marche des sociétés, à la paix civile, à la stabilité du pays et au bon fonctionnement de la démocratie ?

Les relations tumultueuses entre l’Etat et la Société Civile méritent qu’on s’y attarde. Il est, en effet, de notoriété publique que des organisations de la société civile réclament en vain une amélioration significative de la gouvernance du pays, la transparence dans la gestion des affaires publiques.

Pourtant, est-il important de le souligner, c’est dans de l’intérêt de l’Etat de s’appuyer sur la Société Civile. Pourquoi ? Les parties prenantes sont constituées des trois acteurs principaux que sont l’Etat, le Secteur Privé et la Société Civile. Au cours de ces trente dernières années, la Société Civile s’est imposée comme un acteur clé du développement. Peut-on alors légitimement occulter le rôle de cette force dont le dynamisme et la place qu’elle occupe dans le champ social et politique sont des atouts que tout Etat organisé intégrerait dans ses stratégies ?

De même l’Etat doit appuyer conséquemment la Société Civile. Pourquoi ? Bien qu’il incombe, avant tout, à l’Etat de garantir le développement et une gouvernance démocratique, les synergies qu’il crée avec la Société Civile peuvent aider à combattre plus efficacement la pauvreté, les inégalités et l’exclusion sociales. Aussi, l’implication des organisations de la Société Civile aux processus politiques est essentielle pour élaborer des politiques inclusives et efficaces. Elles contribuent ainsi à la construction d’Etats plus légitimes et comptables de leurs actes, ce qui débouchent sur une cohésion sociale accrue et des démocraties plus ouvertes et plus fortes. Ce qui signifie, en clair, que pour marcher vers l’émergence – « Vision 2030, le Tchad que nous voulons » – notre État doit disposer d’une tète forte et bien faite, de bras solides, de mains agiles et s’appuyer, comme il faut, sur ses deux jambes que sont le Secteur Privé et la Société Civile.

Aussi, est-il important de le mentionner, la bomme gouvernance requérant une Société Civile forte et exigeante, il est également dans l’intérêt de l’Etat de la renforcer. En effet, l’ampleur de cette Société Civile dépassant largement les limites de sa représentation la plus visible, notamment sur les droits de l’homme et la lutte contre la corruption, son ancrage institutionnel s’impose et requiert une conjonction d’efforts en termes de politique, social et économique de la part des acteurs nationaux et des partenaires au développement. C’est donc globalement qu’il faut appréhender la Société Civile et la faire émerger dans l’espace public institutionnel pour encourager sa participation constructive et structurée au projet d’émergence économique et sociale du pays.

Dans l’exercice du pouvoir, l’Etat doit rendre effective la bonne gouvernance à travers quatre fonctions principales qu’il ne peut assumer sans une Société Civile forte. Il s’agit de faire en sorte que la voix des populations pauvres et marginalisées soit entendue par les gouvernements et que leurs points de vue soient pris en compte dans leurs décisions politiques ; encourager la responsabilité, la transparence et la reddition de compte dans le secteur public par le biais d’un soutien accru aux bonnes pratiques de gouvernance ; instaurer un terrain d’entente avec le gouvernement au moyen d’approches participatives dans la planification du développement et renforcer les initiatives nationales de réduction de la pauvreté ; former, en collaboration avec le gouvernement, des prestations de services locaux avec des solutions novatrices et financièrement rentables. L’absence de la reddition de compte et la montée de la gabegie dont fait preuve l’administration publique tchadienne, est-il important de le savoir, est contraire aux principes de management public applicable en démocratie.

De notre point de vue, l’institutionnalisation des rapports avec la Société Civile, est-il important de le répéter, est une nécessité d’accroitre la capacité des Organisation de la Société Civile à exercer plus efficacement leur rôle d’acteurs indépendants du développement correspond à la volonté et aux approches des partenaires au développement qui ont accru progressivement leur collaboration opérationnelle avec elle en finançant ses initiatives de développement et en l’impliquant pleinement dans les projets qu’ils financent.

Ces actions, est-il important de les souligner, consultatives pour l’essentiel, ne permettent pas à la Société Civile de peser véritablement dans le processus décisionnel du pouvoir public. Il revient, en effet, à l’Etat du Tchad d’assumer le leadership d’élever la Société Civile au rang d’institution reconnue, dotée d’une autorité et des modes acceptés de représentation.

L’institutionnalisation de la relation entre l’Etat et la Société Civile, combiné au renforcement des synergies entre associations et au renforcement des capacités techniques des organisations, va permettre à l’Etat de se mettre au service de la Société Civile.

Face à cette crise multidimensionnelle aux conséquences imprévisibles, l’inquiétude et le désarroi se répandent, tandis que chacun s’interroge avec perplexité sur l’avenir de notre cher grand et beau pays.

De notre point de vue, l’acuité des problèmes de survie du plus grand nombre des Tchadiens et l’accumulation des périls à l’horizon, exigent de l’ensemble des forces vives du pays une réflexion collective, une mobilisation massive et une action pacifique mais résolue.

Tous, ensemble, nous devons, en effet, nous poser la question de savoir : où va le Tchad ? Notre opinion est que le pays se trouve dans une impasse et notre choix est de lui éviter des convulsions douloureuses ; de tenter de l’en sortir par le Dialogue National Inclusif.

La convocation du Dialogue National Inclusif, comme solution concertée de sortie de crise se justifie. Indiscutablement. Le Dialogue National Inclusif doit donc être un moment fort où la nation, dans toutes ses composantes, renoue avec le dialogue.

Les associations de la société, les partis politiques de la mouvance, les partis politiques d’opposition démocratique, les forces politico-militaires, les organisations patronales et d’opérateurs économiques, les organisations syndicales de travailleurs, les organisations évoluant dans le monde rural comme (agriculture, élevage, pêche, foresterie), le mouvement associatif, le mouvement sportif, les organisations professionnelles, les corps de métiers (mécaniciens, boulangers, acteurs culturels etc.), les corporations (ordres professionnels), les personnes âgées, les associations de retraités, les personnes vivant avec un handicap, les autorités religieuses, les organisations de femmes, les mouvements de jeunes, les mouvements des élèves et étudiants, tout secteur organisé, des intellectuels de renom, les Tchadiens établis à l’étranger, des personnalités identifiées dont la liste serait arrêtée par consensus, tous doivent être conviés au Dialogue National Inclusif.

Les Chefs de missions diplomatiques représentées au Tchad seront invités aux séances d’ouverture et de clôture du Dialogue National Inclusif.

A notre avis, le Dialogue National Inclusif doit, de façon pacifique, rassembler toutes les forces vives du pays, pour lui épargner des convulsions inutiles et ouvrir de meilleures perspectives pour le peuple. Le Dialogue National Inclusif doit parier sur l’intelligence, la sagacité, l’expertise et la détermination des Tchadiens. Il s’agit d’investir de l’intelligence, de l’énergie et de la volonté politique pour une voie rationnelle, responsable et civilisée afin que le Tchad soit mis sur les rails de la paix civile, de la démocratie, du respect des valeurs républicaines, de la laïcité et du redressement de l’économie nationale. Il s’agit, en approfondissant les acquis en renforçant les droits et libertés, en consolidant le dialogue politique et social et en améliorant les conditions de vie de nos concitoyens, de recréer l’immense espoir suscité par le Dialogue National Inclusif.

Généralement, de notre point de vue, le Dialogue National Inclusif se doit de trouver une solution consensuelle globale, efficace et durable à la grave crise multidimensionnelle (éthique, politique, économique, sociale, culturelle et sportive) qui sévit dans le pays.

Spécifiquement, le Dialogue National Inclusif se doit de :

  • Dresser l’état de la crise nationale ;
  • Proposer des réponses appropriées aux urgences et priorités (politiques, économiques, sociales, culturelles et sportives) du présent et du proche avenir ;
  • Bâtir un consensus dynamique sur les principes essentiels fondant une bonne gouvernance politique et un Etat de droit, une gouvernance économique de qualité, transparente et soucieuse des intérêts nationaux, une gouvernance sociale, culturelle et sportive basée sur des valeurs de progrès (travail, professionnalisme, culte de la performance, justice sociale, éthique, équité, solidarité, genre et développement) ;
  • Concevoir les mécanismes d’un dialogue périodique et pérenne au niveau politique, économique, social, culturel et sportif entre, d’une part, le pouvoir et l’opposition et, d’autre part, le pouvoir et les partenaires sociaux, afin de créer les conditions du développement du pays dans la paix civile, la démocratie, la stabilité et la sécurité.

Tous les sujets retenus par le Dialogue National Inclusif doivent faire l’objet de débat. La liste suivante inclut, à titre d’exemple, quelques thématiques à examiner dans le cadre du Dialogue National Inclusif. Cette liste d’apparence exhaustive, quoique non limitative, ne correspond pas nécessairement aux thèmes des futures commissions de travail. Celles-ci détermineront elles-mêmes, au terme de leurs travaux et de façon consensuelle, l’ordre des priorités, parmi les thèmes et sous-thèmes suggérés ci-après. De même, le nombre total de commissions thématiques à créer aura pour seule limitation le souci de la faisabilité, de l’opérationnalité et de l’efficacité :

  • La gouvernance politique

La gouvernance institutionnelle :

  • La question de la Constitution ;
  • Le fonctionnement des institutions ;
  • Les rapports entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ;
  • L’indépendance du pouvoir judiciaire ;
  • la nature du régime politique ;
  • Les organes de contrôle institutionnels et citoyens de la gestion de l’Etat et de ses démembrements ;
  • L’évaluation des performances de l’administration et propositions de réforme.

La gouvernance de l’armée :

  • L’évaluation de la politique de défense et de sécurité nationale ;
  • L’évaluation de la diplomatie militaire en termes de gains pour le Tchad ;
  • L’édification d’une base saine et clairement définie de la politique nationale des forces de défense et de sécurité ;
  • L’apolitisation des forces de défense et de sécurité ;
  • L’organisation des pouvoirs en matière de défense et de sécurité.

Les questions de désarmement, de la démobilisation et de la réintégration des ex-combattants des politico-militaires

  • La transformation des forces politico-militaires en parti politique ;
  • Le désarmement des ex-combattants ;
  • La démobilisation des ex-combattants ;
  • La réintégration des ex-combattants.

La gouvernance locale :

  • L’évaluation de la politique de décentralisation ;
  • L’accès à toute institution locale, à la mairie et à la commune d’arrondissement notamment, par le suffrage universel (par la voie des urnes);
  • L’autonomisation des Collectivités Territoriales Décentralisées ;
  • L’institutionnalisation d’une fonction publique locale pour pouvoir absorber les nombreux diplômés sans emploi.

Le système démocratique :

  • Le processus électoral ;
  • Le découpage électoral ;
  • Le calendrier électoral ;
  • Le financement des partis politiques ;
  • La moralisation de la vie publique ;
  • La durée des mandats électifs ;
  • Le cumul des mandats, le cumul de mandat et de fonction ;
  • Le financement des centrales syndicales.

Le pluralisme médiatique :

  • La libéralisation du secteur de l’audiovisuel ;
  • La régularité et la transparence dans l’attribution des fréquences ;
  • La régulation du secteur médiatique ;
  • Le rôle des professionnels de l’information et de la communication dans la démocratisation du paysage médiatique ;

La garantie de l’exercice effectif des droits humains :

  • L’effectivité de l’exercice des libertés constitutionnelles ;
  • L’abrogation des dispositions liberticides du code pénal ;
  • le renforcement des droits de la défense ;
  • le respect des dispositions sur la durée de la détention préventive ;
  • la protection contre les détentions arbitraires, la torture et les traitements cruels, inhumains et dégradants.
  • La gouvernance économique et financière

La bonne gouvernance et la transparence :

  • le droit à l’information économique, sociale et financière pour tout citoyen ;
  • L’obligation de reddition des comptes pour toute structure publique ;
  • La redéfinition de la place des corps de contrôle de l’Etat (Inspection Générale d’Etat, Cour des Comptes, Inspection Générale des Finances) et le renforcement de leurs pouvoirs ;
  • La lutte contre la corruption ;
  • Les modalités d’un contrôle citoyen des décisions administratives et de la gestion des biens publics.

Les orientations budgétaires :

  • l’équilibre budgétaire ;
  • la rationalisation des choix budgétaires ;
  • le train de vie de l’Etat ;
  • la politique fiscale ;
  • la dette (intérieure et extérieure) ;
  • les lois de règlement.

Les questions économiques :

  • l’état des lieux ;
  • la définition des secteurs économiques stratégiques ;
  • la productivité et la compétitivité des entreprises ;
  • la promotion des PME et des entreprises de services ;
  • la place du capital national dans notre économie ;
  • la question des investissements et de la création des emplois ;
  • le financement de l’entreprise ;
  • la situation du tissu industriel national ;
  • la politique énergétique ;
  • la politique touristique ;
  • le secteur non structuré ;
  • la balance commerciale ;
  • les rapports économiques avec les pays de la CEMAC, de la CEEAC, et des autres organismes sous-régionaux du continent africain.
  • la place du Tchad à l’OMC, aux ACP et à la ZLECA ;
  • les rapports commerciaux gagnant-gagnant avec la France, l’U.E., les U.S.A, la Grande Bretagne, la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil, les pays du Golfe Arabo-persique…
  • La gouvernance sociale
  • L’accès aux services sociaux de base :
  • l’approvisionnement en eau potable ;
  • la promotion de l’électrification rurale ;
  • la fourniture correcte en électricité dans les centres urbains ;
  • l’assainissement ;
  • l’accès aux soins de qualité ;
  • la scolarisation pour tous ;
  • l’accès au service universel des télécommunications.

La condition des travailleurs :

  • la sécurité sociale, l’assurance maladie, les mutuelles de santé ;
  • la valorisation du travail salarié et du travail non salarié ;
  • la sécurisation du travailleur rural ;
  • la promotion de l’emploi décent ;
  • le pouvoir d’achat ;
  • les institutions de prévoyance ;
  • la généralisation et l’actualisation des conventions collectives professionnelles ;
  • l’actualisation de la convention nationale inter professionnelle.

L’accès au logement :

  • la politique hardie d’habitat social ;
  • la promotion de l’habitat rural ;
  • le soutien aux coopératives d’habitat ;
  • la lutte contre la spéculation foncière et immobilière ;
  • la lutte contre la surenchère sur les loyers.

Les infrastructures et le transport :

  • l’amélioration de la mobilité ;
  • le désenclavement des zones et régions périphériques ;
  • l’accroissement et l’entretien des pistes de production ;
  • la réorganisation du transport urbain et inter urbain ;
  • la sécurisation et la diversification de l’offre de transport.

La solidarité avec les couches vulnérables :

  • la discrimination positive en faveur des personnes vivant avec un handicap ;
  • la protection de la petite enfance ;
  • la lutte contre le phénomène croissant de la mendicité des enfants;
  • la lutte contre l’exclusion, les précarités et la pauvreté ;
  • l’assistance aux grands malades ;
  • les mutilés de guerre.
  • La gouvernance du secteur énergétique
  • l’état des lieux dudit secteur, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural ;
  • la définition de nouvelles orientations stratégiques y relatives ;
  • la diversification des sources et de la production d’énergie, notamment la définition d’un cadre incitatif pour le développement des énergies renouvelables, en particulier le solaire, l’éolienne et la biomasse ;
  • la promotion de l’accès équitable des ménages et des entreprises de toutes dimensions à l’énergie ;
  • le renforcement de la réglementation en matière de lutte contre le détournement du carburant.
  • La gouvernance domaniale
  • L’état des lieux du domaine public de l’Etat ;
  • L’état des lieux du domaine privé de l’Etat ;
  • Le renforcement de la réglementation de l’administration du domaine public de l’Etat ;
  • Le renforcement de la réglementation de l’administration du domaine privé de l’Etat ;
  • La restauration des domaines publics et privés de l’Etat anarchiquement accaparés / partagés / appropriés.
  • Le monde rural et le secteur primaire en général
  • l’état des lieux du secteur primaire ;
  • l’évaluation des potentialités et contraintes au développement du secteur primaire ;
  • la définition d’une politique agricole, fondée sur l’application de la Loi d’Orientation agro-sylvo-pastorale ;
  • le financement du secteur primaire ;
  • la réhabilitation de l’agriculture, de l’élevage, de la forêt et de la pêche ;
  • la mise en place de circuits de distribution et de commercialisation ;
  • la promotion des unités industrielles de transformation des produits ;
  • la protection des ressources halieutiques ;
  • la sécurité alimentaire ;
  • la création de pôles économiques de développement en zone rurale ;
  • la promotion de petites unités industrielles locales.
  • L’éducation et la formation :
  • L’état des lieux de la politique d’éducation et de formation ;
  • la généralisation de la scolarisation ;
  • la scolarisation des filles ;
  • la réhabilitation de l’Ecole publique ;
  • la restructuration de l’enseignement privé ;
  • l’introduction de l’apprentissage dans le système éducatif ;
  • la politique de formation professionnelle et technique ;
  • la définition d’une carte universitaire nationale ;
  • la revalorisation de la fonction enseignante ;
  • la promotion de la recherche fondamentale et appliquée.
  • Le civisme
  • L’établissement et la généralisation de l’enseignement du civisme dans toutes les structures scolaires.
  • La santé
  • L’accessibilité géographique et financière des soins de santé de qualité ;
  • la redéfinition de la pyramide sanitaire (de la COSAN à l’hôpital) ;
  • la valorisation de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles ;
  • la promotion de l’assurance- maladie universelle et de la mutualité ;
  • la réforme des systèmes et cadres de gestion des établissements sanitaires ;
  • l’évaluation des performances des programmes nationaux de santé ;
  • la prévention et la protection contre les maladies endémo-épidémiques ;
  • les questions liées au statut du personnel.
  • La culture
  • La promotion des langues nationales ;
  • la valorisation du patrimoine historique et culturel national ;
  • la protection de la diversité culturelle ;
  • la promotion des industries culturelles ;
  • le soutien à la créativité intellectuelle et artistique ;
  • la défense et le développement des valeurs culturelles africaines.
  • La jeunesse, l’emploi et l’insertion socio-professionnelle
  • L’état des lieux des politiques de jeunesse et d’emploi ;
  • l’analyse de la situation des jeunes ;
  • l’identification des obstacles à l’épanouissement des jeunes ;
  • la définition d’une politique hardie de création d’emplois ;
  • l’implication des entreprises dans la politique de création d’emplois ;
  • la formation complémentaire pour les jeunes en quête d’emploi ;
  • le système de financement des projets de jeunes.
  • La dimension genre et la promotion de la femme
  • L’état des lieux des politiques et programmes destinés aux femmes ;
  • l’analyse de la situation de la femme ;
  • l’identification des obstacles à la promotion de la femme ;
  • la généralisation de l’égalité de genre ;
  • le financement des entreprises initiées par des femmes ;
  • la répression des violences faites aux femmes.
  • La situation des personnes âgées
  • L’état des lieux des politiques destinées aux personnes âgées ;
  • L’analyse de la situation des personnes âgées ;
  • L’identification des obstacles à la promotion des personnes âgées ;
  • La revalorisation du rôle des personnes âgées dans la société ;
  • La création de structures de prise en charge des personnes âgées.
  • La situation socio-économique des personnes vivant avec un handicap
  • L’état des lieux des politiques destinées aux personnes vivant avec un handicap ;
  • La lutte contre la discrimination et la garantie de l’égalité des chances ;
  • La garantie par l’État des soins médicaux nécessaires à la santé physique et mentale ;
  • L’Éducation, la formation professionnelle et l’emploi ;
  • L’accessibilité, l’habitat, le cadre de vie, le transport, la communication et l’accès à la terre ;
  • Le droit aux sports et aux loisirs, l’art et la culture ;
  • L’organisation des personnes handicapées.
  • Le problème des Tchadiens établis à l’étranger
  • La concertation avec les pays d’accueil sur la question des Tchadiens établis à l’étranger ;
  • la promotion d’une meilleure protection des droits des Tchadiens établis dans les pays d’accueil ;
  • la décentralisation de la délivrance des passeports /titres de voyage au niveau des ambassades ou consulats ;
  • la représentation des Tchadiens établis à l’étranger dans les structures de l’Etat ;
  • la création des dispositifs pour soutenir le retour et la réintégration des travailleurs migrants dans une perspective de développement social et professionnel. ;
  • la promotion / la facilitation d’une cohérence des interventions des différents acteurs impliqués dans la gestion de la migration.
  • Le défi écologique (environnement et développement durable)
  • La protection des écosystèmes et la lutte contre la sécheresse et la désertification ;
  • La préservation de la biodiversité ;
  • L’émergence d’une conscience écologique et participation à la construction d’une gouvernance mondiale de l’environnement ;
  • La réhabilitation de notre patrimoine forestier ;
  • Le repeuplement des parcs et réserves ;
  • La prévention du risque industriel et des catastrophes naturelles ;
  • La gestion des ordures et déchets ;
  • La question des énergies renouvelables.
  • Les questions liées aux sports
  • L’élaboration d’une nouvelle charte sportive ;
  • Le développement et l’encadrement des sports de masse ;
  • La mise en place d’un cadre favorable à la pratique du sport d’élite ;
  • La réalisation d’infrastructures pour tous les sports.

 

De notre point de vue, comme principes directeurs, le Dialogue National Inclusif doit : (i) privilégier un dialogue débarrassé de tout préjugé et de tout présupposé ; (ii) faire du consensus le seul mode de prise de décision ; (iii) les participants doivent accepter que les conclusions consensuelles, de même que les recommandations qui en seront issues s’imposent à tous et, par conséquent, engagent chacun à les appliquer et à les faire appliquer ; elles feront l’objet d’une campagne de vulgarisation de masse ; (iv) les mécanismes de mise en œuvre des conclusions et des recommandations sont définis par le Dialogue National Inclusif.

 

Chers concitoyens, nous osons croire que les conclusions / recommandations auxquelles aboutira le Dialogue National Inclusif créeront les conditions d’une synergie capable d’impulser une dynamique nouvelle dans notre pays. Pour ce faire, nous pensons que le Dialogue National Inclusif doit mettre en place une commission de synthèse, de suivi, de mise en œuvre et d’évaluation des conclusions / recommandations ; commission dont la composition reflètera la diversité des acteurs.

Par Laoukein COMBO

Citoyen tchadien à Bébalem, quartier Koro ;

Canton de Bébalem ;

Sous-Préfecture de Bébalem ;

Département de Ngourkosso ;

Province du Logone Occidental.

Tchadanthropus-tribune

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