Je vous rappelle que la conquête et la colonisation françaises à partir du 22 avril 1900 ont mis fin aux traites intérieures, orientales, et atlantiques, du moyen-âge au début du 20ème siècle, dans le bassin du lac Tchad :

 

La carte des traites orientales rend compte de l’importance des flux dès le Moyen Age. On y distingue clairement des régions d’exportation des captifs – Afrique occidentale, Kanem dans l’actuel Tchad, Nubie, Éthiopie, Berbera en Somalie, côte des Zang côtes de la Tanzanie et du Mozambique – et d’importation : Espagne mauresque, Afrique du Nord, Sicile, Proche-Orient, Insulinde et même Chine. Certaines villes, comme Assouan et Cordoue, se spécialisèrent dans la castration des esclaves destinés à être des eunuques. D’autres réexportaient une partie des esclaves dans des villes comme Zabid, dans l’actuel Yémen. Le géographe arabe Al-Idrissi, qui décrivait la cité au XIIe siècle, mentionnait que les esclaves noirs y étaient le seul article d’importation. Un commerce qui, d’après lui, faisait de Zabid une ville « très opulente »[1].

L’esclavage, les traites, les conquêtes, les colonisations, ont les mêmes causes : les forces des armes ! Les Noirs depuis plus de 13 siècles ne disposent pas d’armes modernes face aux Arabes et aux Occidentaux qui ont des fusils, des canons, et maintenant des armes nucléaires et des moyens rapides de locomotion. Ces chasseurs utilisent des potentats locaux, jadis des sultans et chefs de villages, mais depuis les indépendances, des présidents, leurs ministres, des institutions ! Après 30 ans au service de la France, Deby, après sa mort, laisse à son héritier le soin de servir le colonisateur ! Macron ne s’en est pas caché aux obsèques de M. Deby.

 

C’est ainsi que les Noirs restent des esclaves du reste du monde depuis plus de 13 siècles ! La citation ci-dessous en dit long sur la hiérarchie des mépris qui, aujourd’hui, commence avec les Blancs d’Europe et d’Amérique, après la traite orientale par les Arabes dans les pays musulmans :

 

En 1970, dans son Histoire de la traite des Noirs Fayard, Hubert Deschamps parlait à ce sujet de la « hiérarchie du mépris », en prenant l’exemple du Tchad. « Mépris des Arabes blancs du Nord pour les Arabes noirs du Centre, mépris de ceux-ci pour les Noirs islamisés du Baguirmi, mépris des Baguirmiens pour les Noirs païens du Sud, ancien réservoir de captifs. »[2]

Tant que les Tchadiens du Nord au sud, de l’est, du centre, et de l’ouest n’auront pas résolu le problème de l’acquisition et de l’utilisation des armes modernes pour se défendre contre toutes les formes d’esclavage et de traites qui passent par des potentats locaux, ils ne seront jamais libres ; ils dépendront toujours des puissances extérieures, et ne connaitront jamais la paix et la prospérité !

 

J’ai écouté et visionné aujourd’hui la Radio-Citoyens de Migo Natolban (au Canada) pendant 20 minutes. Trois sujets sont débattus. Premièrement, un jeune homme appelle de Békao, localité de la circonscription administrative de Mbaibokoum ; il informe Migo que le village est assiégé par des éleveurs Foulbés armés dont les animaux mangent toutes les récoltes ! Deuxièmement, un ancien officier supérieur (radié) de la police décrit le racolage couramment pratiqué par des patrouilles de police au Tchad. Troisièmement, Migo raconte l’histoire de ses entretiens téléphoniques avec les ministres de la Justice et de la Sécurité au sujet des jeunes gens du sud du Tchad qui sont dans les mines d’or au nord du pays. Le ministre de la Justice renvoie Migo au ministre de la Sécurité, alléguant que ce sujet n’est pas de sa compétence. Le ministre de la Sécurité dit à Migo que le Tchad est en paix du Nord au sud, et que Migo ferait mieux de s’occuper de ce qui le regarde au Canada.

 

N’oublions pas que les demandes de Wakit Tama au ministère de l’Intérieur, pour des manifestations et des marches, sont renvoyées aux calendes grecques sous différents prétextes. Le ministère attend des occasions pour faire peur et mater les manifestants. Le contrôle des populations, comme pour des troupeaux d’animaux, se fait presque uniquement par les armes. Les populations désarmées ne peuvent pas se défendre !

 

Mais les peuples de France sont arrivés à bout de leurs rois de droit divin en 1789 en s’emparant des armes de leurs rois !  Devons-nous hésiter plus longtemps ?

 

DR BÉ-RAMMAJ MIARO-II.

A-102, rue de Lorimier

Gatineau (Québec) J8Y 3E6

Canada

WhatsApp : +1 819 743-1692

Email : brmiaro20@gmail.com

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