D’emblée, nous présentons toutes nos condoléances à tout le peuple Tchadien pour donner suite aux circonstances douloureuses qu’a connu notre cher pays, notamment la disparition de plusieurs fils du Tchad, dont le Président Idriss Deby Itno, dans une guerre fratricide que nous n’avons jamais voulue ! Que leurs âmes reposent en paix ! Cela dit, pays de l’Afrique centrale, notre cher pays, le Tchad, est secoué depuis quelque temps par une crise sociopolitique. Une situation qui ne profite pas au peuple Tchadien et risque de prendre une tournure très dangereuse si des solutions concrètes ne sont pas mises sur la table. En effet, cette situation tendue résulte d’un contexte préélectoral émaillé des tensions politiques. Tensions qui se sont soldées par une guerre fratricide, née sur fond de protestations d’une partie de la population à la question d’un sixième (6) mandats du feu Idriss Deby Itno.

D’où la naissance d’une crise sociopolitique d’une grande ampleur dans notre pays, le Tchad. Une telle crise nécessite de sérieuses réflexions afin d’apporter des solutions concrètes, idoines et positives ; des solutions qui pourront donner naissance à une issue favorable au peuple Tchadien. Ce qui, bien entendu, exige, avant tout, la recherche d’une méthode adaptée de sortie de crise.  

Ce faisant, on sait que plusieurs mécanismes de résolution de crise, de nature juridique ou politique, existent. Ainsi, se pose la question de savoir : comment procéder à la résolution de la crise Tchadienne par ces mécanismes ? De notre point de vue, une combinaison de tous ces mécanismes, aussi juridiques que politiques, s’impose pour une issue favorable. Sur le plan juridique, il est certain que la constitution du Tchad de 2020 est silencieuse et ne dispose pas grand-chose sur la situation actuelle du Tchad. En effet, la constitution du Tchad dispose, notamment en son article 82 : En cas de vacance de la Présidence de la République pour quelque cause que ce soit ou d’empêchement définitif constaté par la cour suprême, saisie par le parlement réuni en congrès, les attributions du Président de la République, à l’exception des pouvoirs prévus aux articles 86, 89, 90, 96, 98, 99 et 101, sont provisoirement exercées par le Président du Sénat . Mais force est de constater que le Sénat n’est pas encore mis sur pied. Que faut-il faire alors dans ce cas ? De notre point de vue, il est nécessaire de dissoudre, avant tout, le Conseil Militaire de Transition (CMT), organe mis sur place par l’armée après la mort du président, et qui a décidé de dissoudre l’Assemblée Nationale et le Gouvernement, alors qu’il ne dispose pas de prérogatives constitutionnelles en la matière. Cet acte posé par le CMT constitue d’ailleurs un coup d’État militaire qui ne dit pas son nom.

Ce qu’il faut faire, cependant, c’est former un Gouvernement national de transition, dirigé par des civils jusqu’à la durée prévue par la constitution, notamment l’article 82 alinéa 3, qui dispose que : Dans tous les cas, il est procédé à des nouvelles élections présidentielles quarante-cinq (45) jours au moins et quatre-vingt-dix (90) jours au plus, après l’ouverture de la vacance. Il s’agit donc là d’une transition qui doit se solder par la tenue d’élections générales, c’est-à-dire Présidentielle et législatives. Sur le plan politique, durant la durée de la transition, il faut des assises nationales, auxquelles toutes les forces vives de la nation prendront part.  

Des assises nationales franches, sincères, démocratiques, patriotiques.

Pendant ces assises, les acteurs de la société civile, les acteurs religieux, l’opposition démocratique, les politico-militaires, le régime sortant, bref toutes les forces vives de la nation, seront amenées à discuter de tous les points de discorde et de tous les problèmes de l’heure. Donc, il va falloir commencer par poser, honnêtement, sincèrement et clairement, tous les différents problèmes de la nation. Une fois que tous les problèmes seront posés et énumérés, il s’agira alors de proposer des solutions concrètes, idoines, positives et solides. Des propositions de solutions qui feront l’objet de résolutions et, en conséquence, contenues dans un document, qui serait appelé accord politique des forces vives de la nation. Cet accord de toutes les forces vives de la nation déterminera les mesures de mise en œuvre, les acteurs d’application, les modes de suivi-évaluation, voire des sanctions.

De ces assises nationales, il sera question de la refondation de toutes nos institutions sur des bases solides, comme des murs en béton, œuvrer dans l’unité en vue de créer les conditions d’une paix durable et de bâtir le projet d’un Tchad nouveau, meilleur, démocratique ; un Tchad où il fera beau de vivre ; un Tchad fondé sur des principes, tels que le pardon, l’amour, la paix, le respect, … Pour terminer, nous lançons un appel à la France de mettre en application sa neutralité axiologique et de ne pas se mêler dans les affaires internes de notre pays. Nous voulons construire notre pays entre nous et la France n’a pas le droit de prendre position encore moins d’imposer au peuple Tchadien son désir. En clair, la France n’a pas ce droit de soutenir ce coup d’État militaire ! Que Dieu bénisse le Tchad ; que la paix soit sur les Tchadiens !

Wardougou Kelley Sakine

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