14/04/2017: #TCHAD #Parodie de Justice : 12 morts dont 2 militaires. Parodie de Justice à N’Djamena ou chronique d’une mort programmée.

La raison des intouchables est toujours la meilleure et nous allons vous la démontrer.

Brahim Allawahit, ce n’est pas parce que nous le désignons qu’il n’est pas coupable.

Il y était, son frère Moussa, commandant à la poudrière, locataire du Hilux RT-AP double cabine, qui apparaît goguenard sur les images de la télévision tchadienne est démasqué. Et le Tout-N’Djamena a reconnu le véhicule V8 immatriculé C10 que conduit quotidiennement Brahim Allawahit comme faisant partie de l’expédition. N’a-t-il pas publiquement affirmé qu’il vengerait son parent assassiné ? Mais tout le monde botte en touche. On n’oublie que quand on veut les ors de la république, on est tancé de respecter ses lois. Et en terme général, nul n’est censé être au-dessus des lois de la république. Ce qui s’est passé dans notre pays est une honte pour le Tchad en tant que pays démocratique. Et cette honte, Idriss Déby devra accuser sa raison.

Dans quel pays, présente-t-on des criminels sans menottes, qui rient au nez et à la barbe des autorités de l’État ? Alors que les autres prisonniers en correctionnelle sont menottés.

                               

Les présumés criminels sans menottes aux poignets.      Des malfrats identifiés comme tels menottés jusqu’aux chevilles.

 

Acte prémédité.

La tuerie de Massaguet qui a coûté la vie à une dizaine de militaires tchadiens arrêtés suite à l’assassinat du Général Adam Touba commandant en second de la Force Mixte Soudan-Tchad est un acte prémédité, planifié et exécuté avec la complicité des plus hautes autorités de ce pays. L’enquête devra formellement les désigner sans peur et logiquement.

Tout d’abord, ces militaires qui ont été inculpés pour assassinat et complicité d’assassinat, ont été inculpés par un juge d’instruction sans jamais être qu’ils soient placés sous mandat de dépôt. Ça veut dire selon les règles de loi qu’ils étaient en détention illégale dans les locaux de la Direction générale des Renseignements militaires. Selon nos informations, cette structure n’est qu’une prison politique, parce qu’elle n’est nullement répertoriée comme étant un lieu de détention officielle. En plus, elle est placée sous l’autorité du Général Tahir Youssouf Boy, neveu du Président Idriss Déby Itno et cousin du Général Adam Touba.

Manœuvres et stupéfactions.

Lorsque la décision de transférer les détenus de la Maison d’Arrêt d’Amsinéné vers Koro-Toro a été prise afin de désengorger cette dernière qui est devenue exigüe, grande a été la surprise du personnel pénitentiaire de voir débarquer ces personnes qui ne sont nullement enregistrées dans le registre d’écrou de la maison d’arrêt. Ils sont des véritables inconnus. En plus de cela, contrairement à la pratique en cours, toutes ses personnes sont habillées en tenue militaire. Même si ce sont des militaires, en prison, personne ne porte sa tenue. D’où vient-il que depuis leur arrestation qui remonte à plusieurs mois, ces personnes continuent toujours à porter la tenue ?

Autres faits troublants, d’habitude, les prisonniers « spéciaux » sont transférés par une procédure spéciale. Pourquoi, ceux-là ont été mélangés avec les prisonniers ordinaires ? En plus de cela, sachant très bien le risque encouru, pourquoi est-ce qu’il n’y a eu qu’une seule voiture d’escorte avec des gendarmes à court de munitions ? Les pauvres gendarmes qui connaissaient très bien l’identité de leurs assaillants ont pris les clefs de champ tout simplement parce qu’ils savaient que l’État ne va pas les protéger si jamais ils ripostaient et qu’un de leurs assaillants qui sont proches de Déby tombe.

Aujourd’hui au Tchad, si un agent de l’État en mission commandée tue un Zaghawa proche de Déby, l’affaire deviendra une affaire personnelle. C’est la famille du Gendarme qui sera obligée de payer la dia ou subira la vendetta. Voilà pourquoi aucun militaire tchadien ne peut protéger aucun autre citoyen contre ces super Tchadiens que sont devenus ces gens.

Parodie de Justice.

Comble d’ironie. Le summum de l’abject est la décision du parquet de qualifier cet acte ignoble en coup et blessure volontaire mortelle. Un délit. Passible au plus de 20 ans de prison. C’est serait une injure de plus pour les victimes, leurs familles, et le peuple tchadien. Le plus simple dans cette situation est de qualifier l’acte de « rébellion » conformément à l’article 105 du Code pénal : « Toute attaque, toute résistance, avec violence et voies de fait envers les officiers ministériels, la force publique, les préposés à la perception des taxes et des contributions, les préposés des douanes, les officiers ou agents de la police administrative ou judiciaire, agissant pour l’exécution des lois, des ordres ou ordonnances de l’autorité publique, des mandats de justice ou qualifiées, selon les circonstances, crime ou délit de rébellion. »

Comme cet acte de rébellion envers les autorités judiciaires en plein transfèrement avec les armes l’article 106 al 2 s’applique : « Si la rébellion a été commise par plus de deux personnes armées, les coupables seront punis des travaux forcés à temps ». L’acte posé est aussi constitutif de l’atteinte à la paix et à la tranquillité publique puisque nous avons à faire à une association des malfaiteurs puisque selon l’article 161 « Toute association formée, quelle que soit sa durée ou le nombre de ses membres, toute entente établie dans le but de préparer ou de commettre des crimes contre les personnes ou les propriétés constitue un crime contre la paix publique. » 

Pour ce qui est de la qualification d’assassinat, nous allons proposer à votre lecture juste l’article 239 et suivant qui disposent que « l’homicide commis volontairement est qualifié meurtre. Tout meurtre commis avec préméditation ou guet-apens est un assassinat. La préméditation consiste dans le dessein formé avant l’action d’attenter à la personne d’un individu déterminé, ou même de celui qui sera trouvé ou rencontré, quand même ce dessein serait dépendant de quelque circonstance ou de quelque condition. Le guet-apens consiste à attendre plus ou moins de temps dans un ou divers lieux un individu, soit pour lui donner la mort, soit pour exercer sur lui des actes de violence. »

Selon l’article 246 du Code pénal en vigueur au Tchad : « Tout coupable d’assassinat, de parricide et d’empoisonnement sera puni de mort. »

Il a fallu éviter de peu le ridicule et la honte face à la douleur et l’affliction de tout un peuple. C’est là où les magistrats tchadiens ont fait preuve d’un sursaut d’orgueil propre en se déclarant incompétents face au simulacre de procès que veut nous offrir le Parquet de N’Djamena. Le Parquet qui est renvoyé à mieux se pourvoir est donc obligé de saisir un juge d’instruction qui va instruire le dossier et qui doit écouter les personnes témoins de la tuerie afin de déterminer leurs nombres. D’emblée, nous savons que les quatre ne sont que les portes-flingues d’un groupe plus nombreux qui s’était déplacé à bord de trois véhicules dont une V8. La justice s’est livrée à une véritable mise en scène en présentant quatre présumés criminels. Parmi les quatre comme nous l’avons dit si haut est identifié le petit frère du fameux Brahim Allawahit, neveux d’Idriss Déby de surcroît, commandant d’une compagnie au sein du 4e groupe de la garde présidentielle. Pour le commun des Tchadiens, ces présumés criminels présentés ne sont que la partie visible de l’iceberg. Tout le monde est persuadé qu’en présentant ces 4 lampistes, on chercherait à faire baisser la tension qui règne en ce moment à N’Djamena. Le gouvernement Pahimi Padacké voulait sauver la face, mais il le fait très salement. L’image tant embellie à coup de mensonge à l’international commence à être dépeinte par les proches d’Idriss Déby. Le Tchad chantre de la sécurité est aujourd’hui noircie par des individus qui mettent en mal la quiétude sociale déjà assez entamée. Des faits qui fort malheureusement indexent une communauté dont certains d’entre elles n’aspirent qu’à vivre en paix avec ses compatriotes. Mais, ceux qui se comportent par l’abject n’ont pas leur place dans la société. Les vrais commanditaires de cette barbarie, ne sont pas ces 4 portes-flingues qu’on empresse d’envoyer cette nuit à Koro-Toro, escorté par la garde présidentielle (Bérets rouges). Les vrais commanditaires se cachent dans leurs unités dans l’enceinte du palais des Itno. Qu’on se le dise, les crimes de ceux qui sont innocents ne resteront pas impunis. Peut-être que le régime Déby les absoudra comme il sait le faire dans ses parodies de justice, mais un jour, jusqu’au Soudan proche chacun payera au centuple ce qu’il aura fait au peuple tchadien. Et, il n’y a pas que les crimes de sang.

La rédaction

NB: Attention images choquantes. Âmes sensibles s’abstenir. Voici quelques-uns des prisonniers assassinés.

  

  

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