ExxonMobil est enlisé dans un conflit avec ses salariés au sujet des conditions de leur transfert chez Savannah Energy. La crise a pris une telle ampleur que la major américaine a été forcée de fermer l’un de ses sites au Tchad.

Aucune sortie de crise ne semble se dessiner pour la société Esso Tchad (filiale du géant américain ExxonMobil), qui souhaite vendre ses actifs tchadiens à Savannah Energy mais fait face à une vive opposition de son personnel. Le 7 octobre, la présidente et directrice générale d’Esso Tchad, Carole Gall, a fait parvenir aux salariés un avis de fermeture du site de Komé, indiquant avoir « perdu le contrôle des opérations » et ne plus être en mesure « d’assurer la sécurité de [ses] installations, de [ses] personnels et des communautés environnantes ». Durant toute la période de fermeture, contrats de travail et salaires seront suspendus. Environ 300 personnes travaillent sur le site, dans le cadre d’un système de rotation.

Cette décision intervient à la suite du blocage des lieux par plusieurs salariés, qui ont notamment empêché début octobre l’intervention d’un des sous-traitants d’Esso, la société General Electric, qui devait assurer l’inspection et la maintenance de deux turbines. Carole Gall indique d’autre part que, dans le cadre d’un mouvement de grève lancé le 4 octobre, l’alimentation du bloc informatique a été coupée, « de sorte que les moyens de communication et les systèmes ne sont plus fonctionnels ».

GE et Savannah, victimes collatérales du conflit

« L’ensemble de ces événements est constitutif d’un cas de force [majeure, NDLR] qui entraîne la paralysie totale du site de Komé », précise la lettre. L’autre site d’Exxon Mobil au Tchad, à N’Djamena, n’est pas concerné par cette fermeture.

Fin août, des membres du personnel avaient déjà empêché la visite des cadres de Savannah Energy (AI du 07/09/21). Selon nos sources au sein d’Esso, la fermeture de Komé aurait notamment été décidée pour permettre aux cadres de Savannah d’accéder enfin à la zone. Candidate au rachat de certains actifs d’Exxon Mobil au Tchad, le junior britannique fait les frais du conflit entre la major américaine et son personnel, qui demande une négociation sur les conditions de son transfert. La mise à pied prononcée à l’encontre de trois employés d’Esso, considérés comme étant à l’origine de l’occupation de l’aéroport de Komé 5, a également cristallisé les tensions (AI du 01/10/21).

Tchadanthropus-tribune avec Africa Intelligence

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