Le deal entre les deux pétroliers Savannah Energy et Exxon Mobil pourrait ne pas passer facilement sans un petit geste de la major américaine envers le Trésor public.

Aucune autorité tchadienne n’a encore été officiellement notifiée par Exxon Mobil du départ imminent des blocs qu’il opère depuis 2003 dans le pays, aux côtés de Petronas et de la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT). L’explication est à chercher du côté de la junior Savannah Energy, dirigée par le financier Andrew Knott. Déjà présente au Niger et au Nigeria, Savannah n’a toujours pas achevé la due diligence des comptes et des actifs d’Exxon Mobil dans le pays, soit l’ensemble des vérifications qu’elle doit effectuer avant la transaction.

Le potentiel deal entre les deux sociétés concerne 40 % de plusieurs gisements à Doba (sud du pays) et un pourcentage équivalent dans l’oléoduc d’exportation entre Doba et le port camerounais de Kribi utilisé également par Glencore (Caracal Energy) et CNPC.

Bonus de cession à venir ?

Le ministre tchadien du pétrole Oumar Torbo Djarma et son collègue des finances Tahir Hamid Nguilin (ex-patron de la SHT) sont impatients de recevoir la demande de validation d’une possible cession entre Exxon Mobil et Savannah. Du fait du rôle central de la firme américaine dans le début de la production du pays, les deux ministres pourraient être tentés d’imposer un bonus de cession, comme cela se fait de plus en plus couramment – comme en Libye entre Marathon et Total sur Waha -, sans même que cela soit prévu par les textes légaux en vigueur.

Cette possibilité pourrait se justifier par la situation financière difficile du pays. En dehors des revenus pétroliers, en baisse du fait de la pandémie de Covid-19 et d’une production relativement atone, le Tchad ne peut guère compter sur d’autres secteurs pour se financer. De plus, les leviers auprès des bailleurs traditionnels de fonds, comme la France ou les pays du Golfe, sont largement inopérants depuis la mort du président Idriss Déby (1990-2021) en avril. L’arrivée aux affaires du fils du maréchal, Mahamat Idriss Déby dit « Kaka« , ne facilite ainsi pas le décaissement de nouveaux fonds pour financer la transition, qui devrait durer dix-huit mois.

Tchadanthropus-tribune avec la lettre du Continent

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