Le chef de l’État a remplacé son directeur de cabinet, le Palais a un nouveau secrétaire général et le Conseil national de transition se prépare à choisir son président. Des choix hautement politiques, révélés par Jeune Afrique.

Alors que le dialogue national inclusif se profile à l’horizon et doit se tenir avant la fin de l’année, Mahamat Idriss Déby Itno a décidé de procéder à des ajustements dans ses équipes. Premier changement d’importance : Houdeingar David Ngarimaden a été nommé ce 1er octobre directeur de cabinet du président de la transition, en remplacement d’Aziz Mahamat Saleh.

Considéré comme un technocrate à même de dialoguer avec l’opposition, Houdeingar est un ancien pilier du système de feu Idriss Déby Itno (IDI). Il fut aussi ministre de l’Agriculture, de l’Enseignement supérieur ou encore des Mines. Cadre du Mouvement patriotique du salut (MPS, fondé par IDI), ex-président du Conseil constitutionnel, son nom avait déjà été cité au plus haut niveau après la mort du maréchal comme possible Premier ministre de la transition.

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Le chef de l’État lui avait cependant préféré Albert Pahimi Padacké, et l’avait nommé au secrétariat général de la présidence. Ces derniers jours, Houdeingar David Ngarimaden avait été une nouvelle fois envisagé à un autre poste, celui de président du Conseil national de transition (CNT, assemblée provisoire). Selon nos sources, plusieurs membres du Conseil militaire de transition (CMT, organe exécutif) et des cadres du MPS étaient favorables à ce choix.

Nomination controversée

Mais, d’après nos informations, c’est un autre homme qui, cette fois encore, a été choisi : Haroun Kabadi. Jusqu’à il y a peu président de l’Assemblée nationale, ce dernier a en effet beaucoup insisté pour conserver son poste de chef du pouvoir législatif. Il a surtout fait valoir sa maîtrise des arcanes financiers de la chambre basse, où il avait favorisé la nomination de fidèles, comme son bras droit Ali Kolotou Tchaïmi.

Le choix de Kabadi, qui doit être officialisé dans les prochains jours – sauf changement de dernière minute –, n’a pas fait l’unanimité dans l’entourage du chef de l’État et au sein du MPS, où nombre de cadres, de soutiens financiers et de militants (notamment chez les plus jeunes) s’y sont opposés. Outre Houdeingar David Ngarimaden, Moussa Kadam, ex-vice-président de l’Assemblée nationale, a un temps représenté une alternative. Mais Kabadi a su s’imposer grâce à ses réseaux et malgré la grogne.

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Selon nos sources, seuls les trois postes de vices-présidents restent donc à pourvoir. L’un d’entre eux pourrait aller à l’opposition, notamment à Théophile Bongoro, Ngarlejy Yorongar ou Félix Nialbé Noradoumngar. Un autre pourrait échoir à un proche de Albert Pahimi Padacké, comme Delwa Kassiré Coumakoye ou Achta Mahamat Nour.

Abdelkerim Idriss Déby reste à la présidence

S’il n’a pu supplanter Haroun Kabadi, Moussa Kadam a tout de même obtenu d’être nommé, également le 1er octobre, secrétaire général de la présidence de la République, en remplacement d’Houdeingar, lequel a quant à lui repris le poste d’Aziz Mahamat Saleh à la direction du cabinet du chef de l’État. Ce dernier n’a pour le moment pas de nouvelles fonctions. Certaines sources l’imaginent intégrer un gouvernement à l’occasion d’un proche remaniement, mais rien n’est encore acté.

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Mahamat Idriss Déby Itno a en revanche conservé auprès de lui son directeur de cabinet adjoint, Abdelkerim Idriss Déby. Le frère cadet du chef de l’État a lui-même demandé à conserver ce poste, qu’il occupait déjà auprès de son défunt père. Il est aujourd’hui l’un des plus proches conseillers du président, tant pour la gestion du pays que pour celle du MPS.

Jeune Afrique

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