Mercredi 19 septembre 2018 à 10 h 30 min, le président de la République a reçu pour une seconde fois le chef de file de l’opposition. Nous avons décidé de revenir sur cette rencontre pour éclairer l’opinion nationale et internationale. Contrairement à la première audience, cette fois-ci, kebzabo est accompagné par trois chefs de partis de l’opposition tous appartenant à sa coalition le FONAC. Lors d’une séance de restitution, le samedi 22 septembre 2018 au siège du parti URD, les représentants de l’opposition en absence du chef de file ont expliqué en détail les différents points qu’ils ont eu à échanger avec le chef de l’État. Les ordonnances liberticides, la crise sociale, la sécurité et les arriérés de la subvention des partis politiques sont les principaux sujets abordés avec le président Idriss Deby.

 

En ce qui concerne l’ordonnance 20 sur la charte des partis politiques, l’opposition a qualifié d’une bombe atomique et d’un monopartisme Hitlérien. Elle a exprimé de son rejet à travers d’une pétition signée par 68 partis politiques de l’opposition et remise au président. Selon les orateurs, Ie président est disposé à modifier la charte si l’opposition et le CNDP lui proposent des amendements sur les différents points jugés négatifs. En outre, il a constaté qu’au Tchad même les fous ont crée des partis politiques. On se demande quels sont ces chefs des formations politiques qu’Idriss Deby les qualifie des fous ? Certainement, ceux qui critiquent son régime et certains chefs ridicules des partis de la majorité présidentielle qui osent demander de l’argent au président pour acheter des chaussures à leurs enfants. Nous avons remarqué aussi qu’il ya de cas d’usurpation du titre de chef du parti politique. Un speaker de la radio Tchad fait souvent des sorties factices et sordides à la télé Tchad avec le titre du président d’un parti alors en réalité c’est une dame du nom FATIMATOU AHMADOU qui est le chef de ce parti (voir la liste générale des partis politiques). De même, l’opposition a abordé avec le président les autres ordonnances sur le régime des associations, les médias, ainsi sur le découpage administration.

 

Profitant de cette occasion, le chef de file de l’opposition a posé au président de la République, la question des arriérés de la subvention annuelle allouée aux partis politiques. Pour rappel, la dernière fois que l’État a payé la subvention à toutes les formations politiques datait de 2013. Selon des sources concordantes et confirmées par plusieurs acteurs politiques, l’État a déjà payé les arriérés de subvention des années 2014 et 2015 à certains partis politiques sur la base des listes arrêtées par la Cour des comptes.

 

En son temps, l’ancien ministre de l’Administration ABDEL RAHIM BRÊME HAMID a signé sur un tableau de répartition accordant la subvention à 66 partis (sur une liste des 78 Partis déclarés éligibles par la Cour des comptes) à titre de régularisation de l’exercice 2014. Le MPS a taillé la part de lion avec un montant de 634 millions sur un milliard inscrit au budget de l’État. Cet argent a été utilisé par le parti au pouvoir sous la commande d’EMMANUEL NADINGAR. Dans la même logique, pour le paiement de l’arriéré de la subvention de 2015, l’ex-ministre de l’Administration BACHAR SOULEYMAN a signé le 15 novembre 2017, sur un tableau de répartition accordant la subvention aux 49 partis politiques (sur une liste des 57 Partis déclarés éligibles par la Cour des comptes). Le MPS a empoché cette fois ci, une somme de 614 millions sur un montant d’un milliard alloué aux partis politiques .Cet argent a été viré dans le compte du MPS sous la direction de l’actuel secrétaire général MAHAMAT ZENE BADA ABBAS.

 

Le journal LA VOIX, dans son numéro 437 du 07 au 13 aout 2018 a publié un document signé par l’actuel ministre de l’Administration et de la Sécurité AHMAT MAHAMAT BACHIR, accordant la subvention aux 28 partis (sur une liste des 35 Partis déclarés éligibles par la Cour des Comptes). Sans surprise, le parti au pouvoir se retrouve avec 674 millions à titre de régularisation de la subvention de l’exercice 2016. Selon une source de la direction des affaires politiques, cette grosse somme se justifie par le fait que le MPS compte dans ses rangs plus des députés et des conseillers que les autres partis politiques. Si les partis politiques sont incapables de défendre leurs propres droits, en laissant le parti au pouvoir à s’accaparer de la quasi-totalité de la subvention allouée aux partis politiques, dans ce cas, comment défendront-ils le peuple tchadien ? S’interroge un militant d’un parti.

Surnommé la coquille, le garage ou encore le bantoustan, le nouveau Cadre National de Dialogue Politique (CNDP) a été mis en place le 24 mai 2018, lors de l’Assemblée générale des partis politiques présidée par le président de la République. Un mandat de six mois a été accordé par un vote à main levée à la première équipe dirigeante. Pour plusieurs acteurs de la scène politique, après environ quatre mois d’exercice, le CNDP présente un bilan très faible. Si les membres du cadre étaient des élèves, le conseil de classe marquera sur leurs bulletins de notes «  admis à redoubler sa classe » et un NPT (Ne Peut Tripler) pour certains d’entre eux. Un membre du CNDP nous a justifié ce maigre bilan par un manque de moyen financier. Mais, une source du trésor affirme qu’une somme de 80 millions a été versée pour le fonctionnement de cette institution. L’argent a été encaissé par HAMID MAHAMAT DAHALOP le trésorier général du CNDP. Comme des bêtes sauvages s’attaquant à un gibier, les membres du cadre ont déchiqueté le colis (80 millions) en plusieurs morceaux. Ainsi chaque membre du bureau (ils sont 10) s’accapare du morceau de trois millions et les autres (20) héritent chacun le morceau de deux millions. Même ALHABO et KEBZABO ont pris leur part alors que le FONAC a écrit au président de la République qu’ils vont travailler sans salaire. Un gros morceau a été sauvé de justesse par le président du CNDP ce qui lui a permis de préparer sa rentrée politique le 12 octobre 2018 à hôtel RADISSON BLU. Notons de passage que cette cérémonie a été boycottée par les partis politiques.

 

Ali Ahamat Abderahim

Correspondant particulier

N’Djamena

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