D’après des sources fondées, le président de l’Union africaine, invité en août dernier par le FACT à jouer un rôle de médiateur avec N’Djamena, se remobilise dans le dossier tchadien. Il a reçu début octobre à Dakar l’ancien ministre burkinabè des affaires étrangères, Djibrill Yipènè Bassolé, très actif dans la recherche d’un accord entre N’Djamena et le groupe rebelle FACT.

La rencontre n’a figuré à aucun agenda officiel. L’ancien ministre burkinabè des affaires étrangères, Djibrill Yipènè Bassolé, a été reçu le 7 octobre par le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, à Dakar. Au cœur des discussions entre les deux hommes, le retour du groupe rebelle du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), dirigé par Mr Mahamat Mahdi Ali, dans l’accord négocié avec les groupes armés à Doha.

Le FACT est en effet la plus importante des dix-huit formations à avoir refusé de signer l’accord du Doha du 8 août 2022. Macky Sall avait été invité le 13 août par une missive du secrétaire général du bureau fédéral du FACT, Brahim Ahmat Ibrahim, à s’impliquer, par sa fonction de président de l’Union africaine (UA), en tant que médiateur entre le groupe politico-militaire et le gouvernement tchadien.

Si le dialogue national s’est clos le 8 octobre, des modalités existent pour réintégrer le FACT dans l’accord. D’ailleurs, le nouveau président de transition Mahamat Idriss Deby l’a encore affirmé lors de son discours d’investiture le 10 octobre 2022, qu’il reste disposé et ouvert à continuer des négociations avec tous les groupes politico-militaires non-signataires de l’accord de Doha dont le FACT fait partie.

Macky Sall devrait par ailleurs être associé au comité de suivi du dialogue national tchadien. La première session de ce nouvel organe devait se tenir le 16 octobre, mais pourrait être repoussée. L’hypothèse que ce premier comité de suivi ait lieu avant 2023 est néanmoins fragile. Les raisons est que Doha doit accueillir la Coupe du monde de football le 20 novembre pour un mois. Un évènement qui va absorber l’entière disponibilité des autorités qataries, et qui pourrait décaler le suivi de l’accord au premier trimestre 2023.

Impliquer davantage l’UA

Djibrill Yipènè Bassolé doit de son côté rejoindre Doha le 14 octobre pour évoquer le dossier avec la diplomatie qatarie. Son intervention au printemps dans la médiation aux côtés du Mauritanien Moustapha Limam Chafi avait été décisive dans l’avancée des discussions entre les politico-militaires et N’Djamena (AI du 05/07/22).

L’implication de Macky Sall s’avère d’autant plus importante que Mahamat Zene Chérif, le chef de la diplomatie tchadienne qui avait mené les négociations avec les politico-militaires, a annoncé sa démission le 19 septembre. Il se plaignait d’interférences diplomatiques parallèles (AI du 23/09/22).

Tchadanthropus-tribune avec Africa Intelligence

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