Mahamat Idriss Déby, le président du Conseil Militaire de transition, avait convié au palais présidentiel la semaine dernière, les leaders des partis politiques, ceux des organisations de la société civile, et d’autres associations afin de communiquer sur la transition en cours, et définir les grandes étapes prévues dans la charte de transition, initiée et proposée par les penseurs du CMT.

Le jeune président du Conseil Militaire de transition, Général de corps d’armée MAHAMAT IDRISS DEBY, évoque presque en l’imposant à ses compagnons la ferme volonté de conduire une transition apaisée et limitée dans le temps, est-ce possible quand on a à ses côtés des dinosaures négatifs des 30 ans de pouvoirs aux côtés d’Idriss Déby père ?

Il affirme que le consensus et l’inclusion sont bien les codes de valeurs que le Conseil Militaire de Transition s’est doté pour mener à bien cette transition. Après la nomination du Premier Ministre de transition suivi de la formation d’un gouvernement de large consensus et le vote de confiance de l’Assemblée nationale. Une Assemblée nationale qui vivote dans l’illégitimité auparavant, suspendue ensuite et réhabilitée pour le besoin de la cause.

Il faut maintenant fixer le cap dit-il des grandes échéances prévues dans la charte de transition. C’est à cet égard que MAHAMAT IDRISS DEBY s’est entretenu le 27 mai 2021 avec une partie du microcosme de la vie sociopolitique du Tchad.

« Nous n’avons pas le droit à l’échec face aux énormes attentes du peuple »

Selon lui, l’une de grandes étapes de cette transition est l’organisation d’un dialogue national inclusif. Les signes d’une transition apaisée et limitée dans le temps, sanctionnée par l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes apparaissent chaque jour dans les actes que posent le Conseil Militaire de Transition et son Président.

Si MAHAMAT IDRISS DEBY a réitéré avec force et de manière intelligible que le CMT n’est pas là pour confisquer le pouvoir et s’y éterniser, rien ne garantit la main mise d’une oligarchie militaire avec les rapaces qui gravitent autour de lui, même si ces paroles et les actes qui accompagnent ses affirmations s’avèrent suffisamment convaincants lorsqu’on sait que ce sont ses vœux à lui, mais pas des officiers généraux autour de lui, parce que ceux-ci ont toujours vécus et prospérés par les prébendes, le clientélisme et le népotisme qu’acquiert le pouvoir et son exécutif.

La classe politique et les organisations de la société civile doivent saisir cette phase de transition pour prouver qu’elles aiment réellement ce pays certes, mais la méfiance est de mise.

Pour garantir une assurance de transition, une grande consultation doit être mise en place pour restructurer l’armée nationale, la gendarmerie, la GNNT, et la police.

Il faut la construction et la mise en place d’une véritable armée nationale quitte à mettre un quota à part égal par région, de manière équitable, une armée qui revêt un visage national du pays, et qui ne soit pas à la dévotion d’un homme politique, loin de tout clanisme et hégémonie entière des hommes politiques.

Cette armée apolitique garantira le suffrage universel du pays, et défendra ses lois et sa constitution.

Une armée qui sera un véritable socle d’union national et une institution véritable.

Ensuite, viendra le jour de cette assise nationale, cette table ronde inclusive que tous les Tchadiens appellent de leurs vœux, pour qu’ensemble, tous les fils du Tchad viendront s’assoir pour dire, évaluer, et évacuer toutes les frustrations, avant de faire la paix et définir l’avenir pour les générations à venir.

Aucun sujet ne doit être tabou, les 30 ans de gouvernance doivent être mise à plat, crimes de sang, crimes politiques, crimes économiques, tout doit être mis à plat pour un véritable pardon dans les cœurs des uns et des autres. Le facteur vérité, justice et réconciliation seront le crédo des objectifs afin qu’aucun tchadien ne soit lésé.

Certes, cette transition est une véritable chance pour notre pays, mais ne perdons pas de vue qu’elle est sensible, et tout esprit belliqueux risque de tout foutre en l’air les aspirations légitimes de la majorité des Tchadiens silencieux qui n’aspire qu’à la vie et l’épanouissement dans leur pays tout simplement.

Le CMT qui est perçu comme une suite logique du régime MPS précédent doit rester humble, ne pas se fondre dans l’arrogance et l’insolence du pouvoir MPS précédent, et aborder chaque tchadien et tchadienne avec la ferme volonté de reconstruire.

Le chemin ne sera pas facile, car tous les bandits qui ont émaillés le régime passé sont encore là. Ils gravitent autour du jeune président de la transition, et feront tout pour ne pas perdre les intérêts égoïstes, les mêmes qui ont pris Déby père en otage, travaillant dans l’ombre pour un Tchad où la population est frustrée par tant d’années d’injustice.

Tchadanthropus-tribune

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Les mots du président du CMT lors de la rencontre avec les partis politiques et la société civile.

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition ;

Messieurs les présidents des grandes institutions de la République ;

Mesdames, Messieurs les Présidents et Secrétaires Généraux des Partis politiques ;

Mesdames, Messieurs les Représentants des organisations de la Société Civile ;

Mesdames, Messieurs.

Je voudrais d’abord saluer votre disponibilité et votre présence à cette rencontre que j’ai tenu à avoir avec vous pour échanger sur un sujet d’importance capitale pour notre pays et son futur, à savoir la transition en cours.

Le processus de transition dans lequel s’est engagé notre pays, suite à la disparition tragique et brutale du Maréchal du Tchad, dans les circonstances que vous savez, s’est mis en route et fait son chemin dans le calme et la paix, grâce à l’action rapide, déterminante et salvatrice de nos forces de défense et de sécurité, ainsi qu’à l’esprit de consensus qui a prévalu entre le CMT et les acteurs majeurs que vous êtes.

Dans mon adresse solennelle à la Nation, le CMT a pris des engagements pour conduire une transition apaisée et limitée dans le temps, avec une volonté inébranlable, de déboucher à son terme sur la mise en place de nouvelles institutions démocratiques issues des élections libres, crédibles et transparentes.

Dans cette perspective, un Premier Ministre et un Gouvernement de transition de large ouverture ont été rapidement nommés. Les premières décisions de ce gouvernement dont notamment la levée du couvre-feu, l’autorisation des marches pacifiques encadrées, le versement des salaires aux fonctionnaires, sont unanimement saluées.

Les Tchadiens dans leur écrasante majorité aspirent à la paix et fondent leur espoir sur cette transition pour renforcer la stabilité de notre pays à travers une véritable réconciliation nationale.

Pour ce faire, un Ministre d’État a été nommé pour conduire le dialogue national inclusif, principal gage de la réconciliation entre les fils et filles du Tchad et de leur participation aux futures élections.

Nonobstant les prérogatives que la Charte de Transition confère au CMT, la mise en place du Conseil National de Transition, prévu par cette Charte, fera l’objet d’intenses consultations de toutes les parties prenantes.

À cet effet, un comité ad hoc, présidé par le Vice-président du CMT, et comprenant des membres venant de différents horizons, sera mis en place pour recevoir, analyser et nous soumettre les différentes candidatures, sur la base des critères bien définis, en vue de former un Conseil National de Transition véritablement représentatif de toutes les forces vives de la nation.

Dans cette optique, les partis politiques, les différentes corporations, les jeunes, les femmes, la société civile, la diaspora, doivent faire partie de cette importante institution de la transition. Tout en tenant compte de l’existant et de l’impérieuse nécessité des innovations et des exigences de l’heure, le futur CNT doit répondre aux attentes légitimes de notre peuple.

Mesdames, Messieurs

À la suite de l’adoption par l’Assemblée nationale du programme politique du Gouvernement de transition, des efforts intenses sont en cours pour rendre publique, dans les meilleurs délais, sa feuille de route mettant chacun de ses membres devant une mission précise limitée dans le temps et dans l’espace de façon à atteindre les objectifs assignés à ce gouvernement.

À cet égard, l’un des objectifs principaux et immédiats, est la tenue d’un dialogue national inclusif rassemblant les représentants de toutes les forces vives de la Nation. Aucune entité politique ou politico-militaire, aucune organisation de la société civile, aucune corporation, ni aucune compétence, s’engageant résolument et sincèrement dans la voie du dialogue, ne seront tenues à l’écart de ces assises qui détermineront le futur de notre pays.

Nous sommes conscients des conséquences et des frustrations qu’engendre l’exclusion. À ce titre, je lance un vibrant appel à vous tous présents ici, et à travers vous, à tous nos compatriotes de l’intérieur comme de l’extérieur, pour participer activement au chantier de la paix, de l’unité nationale et du développement, bref de la reconstruction de notre patrimoine commun, le Tchad.

La période exceptionnelle que traverse notre pays en ce moment est extrêmement difficile et pleine d’incertitudes, mais en même temps elle nous offre aussi des leviers rares pour mettre en commun nos intelligences et nos forces, pour refonder notre Nation sur de nouvelles bases.

Mes chers frères et sœurs,

Il n’est peut-être pas nécessaire de le répéter, mais je voudrais réitérer avec force que le Conseil Militaire de Transition n’est pas là pour confisquer le pouvoir ni pour s’y éterniser comme d’aucuns le disent ou le pensent à tort.  La confiance et la responsabilité doivent prévaloir de part et d’autre dans cette phase cruciale de notre histoire.

Nous devons tous nous engager à œuvrer, sans calcul des intérêts égoïstes, et avec foi dans notre avenir commun, pour relever ensemble tous les défis liés à la réussite de la transition.

Dans cette optique, j’en appelle au sens élevé de responsabilité de chacune et de chacun de nous pour préserver le calme, la sérénité, la stabilité et la paix qui prévalent en ce moment dans notre pays, en évitant tout attitude ou comportement de nature à nous faire dévier ou reculer dans la marche historique que nous avions entamée ensemble à travers la transition en cours.

Nous n’avons pas le droit à l’échec face aux énormes attentes de notre peuple, et à la responsabilité qui est la nôtre devant l’histoire et devant la postérité. Il n’y a rien qui ne puisse pas être à notre portée en prenant conscience de notre destin commun et en privilégiant le dialogue, l’ouverture d’esprit, la compréhension mutuelle et la volonté commune ferme de mettre les intérêts supérieurs de notre Nation au-dessus de toutes autres considérations.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Le président du CMT

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