Le Laboratoire d’études et de recherche en économie appliquée et gestion (LAEREAG) de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG) de l’Université de N’Djamena a organisé, ce 16 septembre 2025 au CEFOD, un atelier de dissémination des résultats de son enquête sur la situation des jeunes au Tchad.

Selon le coordonnateur du LAEREAG, Gadom Djal Gadom, cette enquête nationale, menée du 19 février au 13 avril 2025 en partenariat avec Afrobarometer, un réseau africain de recherche par sondage, a exploré plusieurs thématiques d’intérêt national, notamment les réformes économiques.

Présentant quelques chiffres à l’ouverture des travaux, le doyen de la FASEG, Dr Mahamat Mouta Djirabi, a révélé que près de quatre jeunes tchadiens sur dix, âgés de 18 à 35 ans, sont aujourd’hui sans emploi. Une proportion qu’il a jugée alarmante, car elle traduit non seulement la rareté des opportunités économiques, mais également l’insuffisance de la formation et de la préparation professionnelle.

« Ce constat révèle avec force le lien vital entre la qualité de notre système éducatif et l’avenir de notre jeunesse. Le faible taux de satisfaction — à peine 11 % concernant les efforts de création d’emplois — n’est pas une critique, mais un signal d’alerte et un appel pressant à l’action collective pour transformer ce défi en véritable levier de développement national », a-t-il déclaré.

Le chercheur a insisté sur le fait que l’enquête envoie un message clair : l’éducation et la création d’emplois doivent constituer les priorités absolues afin d’améliorer la situation des jeunes. « Les résultats de cette enquête ne doivent pas être perçus comme un constat d’échec, mais comme une opportunité de transformation. Ils nous offrent une feuille de route claire, basée sur les aspirations exprimées par nos concitoyens eux-mêmes », a-t-il ajouté.

Évoquant l’inadéquation entre formation et emploi, identifiée comme un obstacle majeur, il a souligné que cette problématique interpelle l’ensemble des acteurs : institutions éducatives, secteur privé, pouvoirs publics et partenaires au développement. « Elle nous invite à repenser nos approches pédagogiques, à renforcer l’enseignement technique et professionnel et à établir des passerelles plus solides entre le monde de la formation et celui de l’entreprise », a-t-il conclu, rappelant que cette enquête constitue avant tout un outil d’aide à la décision pour les responsables politiques.(TI)

Tchadanthropus-tribune

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