Idriss Déby s’est adressé à la nation dans un discours creux et insipide dont les seules promesses faites sont à son égard. Aucune promesse faite et tenue envers le peuple tchadien qui souffre dans son âme à cause de la mauvaise gouvernance, de la corruption endémique, des détournements de deniers publics, de l’insécurité provoquée par les siens et qui gangrènent l’ensemble du territoire, et les droits de l’homme à jamais bafoué. Rien non plus sur la crise économique et ses 16 mesures et les portes de sorties qu’entreprend son gouvernement. Que devient le panier de la ménagère ?

 

Les 4 points énumérés dans son allocution le concernent au 1er point.

 

Il a évoqué le PND. Depuis son organisation à Paris en 2017, les partenaires ne se bousculent pas au portillon pour matérialiser leurs promesses. Le contexte sécuritaire et de faisabilité n’est pas encore favorable pour permettre à un partenaire d’investir dans notre pays où aucune garantie n’est de mise. Le pouvoir tchadien actuel est un ogre prédateur, ou l’argent disparaît dès qu’il est investi, permettant à des individus de s’enrichir sur le dos du peuple tchadien, et cela sans aucune décision de répression contre les voleurs de la république.

 

Il a ensuite parlé de l’élevage et de l’agriculture. Il n’était pas le 1er à évoquer ces exemples. Plusieurs tchadiens avaient déjà mis ces exemples en avant, au moment où l’argent du pétrole enivrait les tenants du pouvoir et leurs affidés. Nous avions pensé que le pétrole ne peut pas être considéré comme la seule rente du pays, et qu’il faudrait diversifier les investissements dans l’économie nationale. L’argent du pétrole ne devrait pas être investi dans l’achat des armes, mais dans les facteurs de développement comme l’eau et des barrages dans les zones arides pour permettre à l’agriculture de se lancer. Des routes prioritaires aux échanges entre les régions pionnières de l’agriculture et les zones démunies. Qu’il faudrait aussi canaliser le développement du cheptel national, en lieu et place des transhumances quotidiennes vers les pays voisins. L’argent du pétrole permettrait à l’Etat d’investir dans les industries de fabrique de lait, fromage et autres dérivés du secteur de l’élevage. Idriss Déby avait lui même préféré l’achat des armes que le devenir du peuple tchadien.

 

Qu’entend-on par forum national inclusif ? Un slogan de grand titre qui parle plus pour Idriss Déby, un clin d’œil aux partenaires du Tchad, mais le peuple tchadien ne trouve aucun bénéfice dans ces documents taillés sur pièce pour l’exécutif tchadien. La commission qui s’est penché pour l’élaboration des textes a pompé plusieurs paragraphes sur le net, dans un mémoire appartenant à un africain. Le frère et camarade Lyadish Ahmed l’avait découvert et dénoncé la manœuvre illicite. Ce forum appelé inclusif ne concerne que le parti au pouvoir et ses alliés, néanmoins aucun autre parti politique de l’opposition et de la société civile ne participe à l’élaboration des textes, sauf les partis alliés et les sociétés civiles satellites crées pour divertir. Tout le monde a rejeté la participation à ce forum parce que les priorités sont ailleurs. Mr Alhabo l’avait bien expliqué.

 

Il a manqué aussi un courage politique à Idriss Déby. Dans sa convocation à la participation au forum national, il ne devrait pas seulement s’arrêter aux tchadiens de l’intérieur et ceux de la diaspora. Même ceux de l’opposition politico-militaire devraient y être conviés. Un appel de cet ordre aura un écho plus que favorable, mais en s’arrêtant sur les tchadiens de l’intérieur et ceux de la diaspora, il a manqué de courage politique. Ce n’est pas en excluant une partie des tchadiens qui lui tiennent tête qu’il saura se mettre à l’abri des contestations et des dénonciations.

 

Qu’il veuille au grain, et qu’il ne baisse pas sa garde sur tout les tchadiens qui vivent l’injustice dans leur propre pays, où les prisons politiques ne désemplissent pas simplement par raison d’expression. Mahyedine Babouri est en prison depuis plusieurs mois sans aucun jugement. D’autres prisonniers y sont parce qu’ils avaient opté pour dénoncer l’injustice sociale (citoyens, journalistes, homme politique) vivent dans la terreur absolue. Nous avons des compatriotes qui sont assassinés par ses milices au Tibesti, à l’est du Tchad entre autres, sans que Déby ne daigne s’exprimer à la nation pour évoquer l’assassinat de ces compatriotes.

 

La chambre des députés a été toujours perçue comme une caisse d’enregistrement du régime MPS. Les rares députés qui ont une liberté de paroles y sont menacés et mis sous pressions. Cette législature est illégitime depuis plusieurs mois. Il a fallu que ses parrains français tapent sur la table pour qu’il se hâte à l’organiser sans précision de date. Cela peut se faire au début, au milieu, où à la fin de 2018.

 

En somme, que faut-il retenir de son discours ce 31 décembre 2017 ? Si ce n’est la continuité de la même politique de répression du système envers le peuple tchadien et exercer la longévité de son pouvoir. Un discours creux et sans aucune promesse d’essor pour le peuple tchadien.

 

Tchadanthropus-tribune

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