« On est en train de perdre la tête !
 
Quand des Tchadiens sont victimes de violence, y compris policière ou militaire, provenant d’autres Tchadiens, aucun vrai Tchadien n’a la conscience indifférente ou le cœur insensible.
 
Le zèle est contre-productif pour une institution étatique, encore davantage en cette période de transition politique où les fragilités sont nombreuses et où les droits doivent être respectés.
 
Le meurtre est intolérable indépendamment des identités et des statuts de la victime et de son bourreau.
Il suffit de lire et d’écouter les révulsions des Tchadiens pour prendre la mesure de l’unanimité nationale face aux drames successifs. Cette unanimité transcende les clivages géographiques, confessionnels, sociaux, générationnels et politiques. Le PCMT est en tête de cette communion.
 
Alors, comment comprendre cette gymnastique intellectuelle décousue qui consiste à vouloir vaille que vaille fabriquer une démarcation géo-confessionnelle artificielle à partir d’un crime commis par un individu maudit par tout le monde ?
 
Faisons attention aux mots, car généralement ce sont les mots qui engendrent les grands maux.
 
Le musulman qui tue n’a pas un mandat de ses coreligionnaires. Les victimes de ce tueur sont Tchadiennes et en tant que telles leur assassinat nous répugne tous. Le Gouvernement a fait ce que sa responsabilité lui incombe de faire.
 
Il n’y a rien de plus légitime que de dénoncer la mort des paisibles citoyens dans nos villes et villages. Mais ne tombons pas dans le piège de la passion, de la manipulation et de l’excès. Ne transformons pas un insignifiant et lâche assassin en un porte-étendard imaginaire.
 
Ensemble, exigeons la justice, agissons pour l’Etat de droit et la réconciliation, combattons les fauteurs de troubles. Ceux qui cherchent la chienlit en seront les premières victimes. »

ABDOULAYE SABOUR FADOUL

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