Aujourd’hui, l’opinion tant nationale qu’internationale, place le Tchad en tête d’affiche dans la lutte contre l’islamisme violent dans le sahel et dans le bassin du Lac-Tchad. Son leadership évident et extravagant dans cette lutte suscite même la jalousie de ses collègues chefs d’État des pays concernés par le fléau. Par cet engagement, pour l’hégémonie et sa propre grandeur, Idriss Deby Itno a englouti de centaines de milliards au détriment de sa population qui croupie dans la misère et le désarroi privée d’éducation et de système de santé. De ce fait, la vie économie et sociale du Tchad est parfaitement en berne. Mais au fond, certaines situations nous amènent à nous interroger sérieusement sur la sincérité de cet engagement et sur la justesse de la noblesse de motivation profonde de notre État.

A propos de l’intégrisme islamique l’alerte a été donnée en 1993 dans l’affaire dite de Faki Ali à Diguel Est. Plus tard, la situation s’est empirée dans l’affaire de Kouno. Dans les deux cas le pouvoir n’en tire aucune conséquence sérieuse en termes de prévision et d’anticipation d’autres phénomènes de cette nature. Aujourd’hui, qu’en est-il de la lutte contre l’intégrisme islamiste. Partant de Ndjamena en allant en profondeur au Sud tout comme au Nord, il n’y a pas un seul Hamont qui ne soit doté d’une mosquée flambant neuve flanquée d’une école coranique dont on ignore tout du contenu de la formation, ni de qualification de ceux qui y officient et moins encore leur région de provenance. Comme en Afghanistan, n’y fabrique-t-on pas là des talibans d’un genre nouveau ?

Au niveau de la foi chrétienne, les vieilles églises catholiques laïques et les églises protestantes traditionnelles n’ont plus pion sur rue. Des chapelles aux appellations curieuses et variées surgissent de partout et de nulle part. Du jour au lendemain, des maisons d’habitation se transforment en chapelle. Ces églises dites des prospérités propagent des messages violents menacent la cohésion de famille, des querelles entre les églises elles-mêmes. Malheureusement, toutes ces églises bénéficient toutes d’une autorisation d’exercice régulièrement délivrée par le ministère de l’intérieur et de la sécurité publique.

Dans l’un ou l’autre cas, l’État est désespérément absent abdiquant ainsi de sa fonction de régulation. Ce sont des situations de cette nature et en l’absence d’un État arbitre, qui ont engendré des guerres de religion à répétition au Nigéria et favorisé le surgissement violent de Boko Haram. Le Tchad peut-il raisonnablement prétendre lutter contre les intégrismes religieux et parallèlement fermé les yeux sur ses usines de fabrique des intégristes de demain ?

LAONA GONG RAOUL ADMINISTRATEUR CIVIL

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