Selon le Centre de contrôle de qualité des denrées alimentaires (CECOQDA) qui a effectué les analyses, la farine contient un taux très élevé des aflatoxines cancérigènes. Les consommateurs demandent au gouvernement tchadien de faire la lumière sur cette affaire.

Tout est parti de simples soupçons sur la qualité de cette farine. Cela a poussé le gouvernement tchadien, en février dernier, à saisir le CECOQDA.

Une équipe sera mise en place très rapidement afin d’effectuer des analyses au niveau de la société chinoise CPL en charge de production de la farine ‘’Yes’’.

Selon Alladoum Vincent, Directeur de microbiologie au CECOQDA et chef d’équipe de ladite mission, « les résultats montrent que ces échantillons sont impropres à la consommation humaine et animale et ensuite ça révèle le taux élevé des aflatoxines. Et selon l’ OMS (Organisation mondiale de la santé) les aflatoxines sont cancérigènes.’’

‘’Les autorités chargées de la surveillance du marché doivent s’activer pour détruire systématiquement tout ce qui a été contaminé. La farine se trouve sur le marché. Les gens en consomment depuis longtemps. Imaginez le risque pour la population !’’ s’alarme-t-il.

Cette annonce crée la panique au sein de la population. Celle-ci inquiète des effets que pourrait avoir ce produit sur leur santé. Plus de 5 mois après, la situation est restée la même. La société mise en cause rejette les conclusions des analyses du CECOQDA.

Son Directeur général adjoint Mahamat Abderamane Goukouni demande plutôt une contre-expertise d’un autre laboratoire.

« Nous exprimons notre entière disposition pour une contre-expertise par un laboratoire international renommé par qui voudra. Nos produits sont conformes aux normes internationales. Nos produits ne sont pas cancérigènes’’, assure-t-il.

‘’Nous n’apportons rien de l’extérieur et nous n’ajoutons aucun produit chimique », martèle M. Goukouni.

 

L’inquiètude des populations

« Ces informations m’inquiètent parce que c’est depuis plus de trois ans que je consomme cette farine. Je ne sais pas quelles seront les conséquences à long terme. Le gouvernement doit nous dire la vérité », déclare Richard, un des consommateurs de cette farine, encore sidéré par ces accusations.

Cette situation inquiète l’association de défense des droits des consommateurs (ADC). Son secrétaire général Daouda Elhadji Adam dénonce ce qu’il qualifie de laxisme de l’Etat : « Comment un problème de consommation aussi important crée une psychose au niveau de la population mais nous avons en face un gouvernement qui ne répond pas pour rassurer la population. C’est scandaleux et nous sommes vraiment indignés par rapport à cette situation.’’

‘’Nous demandons au gouvernement de diligenter une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur la situation en vue de situer les responsabilités pour que de tels cas ne se répètent plus dans notre pays; d’accorder une priorité à la prévention sanitaire et à la sérénité des aliments. Il vaut mieux prévenir que guérir’’, insiste M. Adam.

Plusieurs consommateurs réunis autour d’une structure dénommée « Association des Victimes de la Farine Yes » ont promis également de porter plainte contre la société chinoise et le gouvernement tchadien dans les jours à venir.

Tchadanthropus-tribune avec BBC-Afrique

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