Dans un live Facebook récemment réalisé, M. Yaya Dillo Djerou que nous ne présentons plus, a lancé un message clair au peuple tchadien et à ses ex-frères du système mafieux du MPS.
L’ancien Ministre et proche d’Idriss Deby tombé en disgrâce après avoir sévèrement dénoncé les agissements de la première dame Hinda, invite ses compatriotes à ne pas accepter la fraude électorale qui se prépare activement autour de l’élection présidentielle d’avril 2021.
M. Dillo parle en connaissance de cause. En précisant qu’il ne porte aucune casquette politique, il veut surtout faire comprendre qu’avec le parti d’idriss Deby, c’est bien fini. Toutefois, il précise qu’il n’appelle pas à la violence ni à la rébellion armée pour réaliser ce changement politique à la tête de l’Etat. Là aussi on comprend la prudence de l’ancien chef rebelle, fondateur du SCUD. Car, appeler à une révolte populaire ou insurrection armée, c’est se condamner sans procès. Parlant à ses ex-frères du camp présidentiel, M. Dillo leur dit de ne pas avoir peur que le pays soit dirigé par une autre personne.
Mais comment ne doivent-ils pas avoir peur quand on sait les crimes de sang et les crimes économiques dont beaucoup sont coupables ? M. Dillo pense t-il que les 30 années d’Idriss Deby peuvent-être passées pour pertes et profits ? Non, cela est impensable. Ils doivent tous rendre compte dès que le chef de bande tombe.
Aussi, M. Dillo doit nous dire comment défendre notre vote, comment exiger la transparence des urnes et le respect des résultats quand le candidat Deby est à la fois juge et partie à cette compétition électorale ?
Que ce même Deby use et abuse illégalement de tous les moyens de l’Etat pour avoir un avantage concurrentiel certain sur ses adversaires ? Comment réaliser ce changement politique sans manifestations ni rébellions ?
La nature du régime d’Idriss Deby n’est plus à rappeler : c’est une dictature criminelle et mafieuse, dépourvue du moindre patriotisme, sans aucun état d’âme. Ailleurs, dans les Etats de droit, quand l’élection est jugée frauduleuse, les populations descendent dans la rue et dénoncent le holdup électoral. Elles mettent la pression sur le gouvernement et les institutions chargées de ces élections (CENI, Conseil constitutionnel) pour empêcher cette fraude. Aujourd’hui, cet aspect est aussi contrôlé par le candidat du pouvoir. Les cas récents de la Guinée et de la Côte d’Ivoire sont des exemples concrets.
Face à cette gestion des crises post-électorales par les régimes dictatoriaux, les populations n’attendent plus la tenue des élections pour dégager ces dirigeants prédateurs et corrompus.
On l’a vu au Burkina Faso en 2014 avec le départ du Président Blaise Compaoré (27 ans au pouvoir, 24 morts, 615 blessés), au Soudan en 2018 avec la chute du Général Oumar el Béchir (30 ans au pouvoir, 380 morts, 1300 blessés) et en 2020 au Mali avec le président élu mais incapable de bien gérer l’Etat, Ibrahim Boubakar Keita (23 morts, 150 blessés).
Toutes ces insurrections populaires, bien que pacifiques, ont causé la mort de centaines de personnes.
Au Tchad où les manifestations sont interdites, où les forces de l’ordre ignorent tout du droit constitutionnel des citoyens et les répriment sauvagement à chaque occasion, où la chute d’un président république est une question de rapport de force, il faut nécessairement s’attendre à un bain de sang si jamais le peuple se mobilise, investisse les rues et étrangle le pouvoir du Maréchal autoproclamé du Tchad. C’est le sacrifice à payer à l’instar des autres peuples pour obtenir un changement politique.

Si cela s’avère trop lourd pour le peuple tchadien, il faudra donc croiser les bras et attendre qu’une rébellion armée viennent déloger Idriss Deby. Et si vous êtes réticents pour une énième prise du pouvoir par les armes, alors prenez votre mal en patience car le système destructeur du MPS a des beaux jours devant lui. Il se perpétuera du père en fils ou au sein de la bande pour que survive le système dictatorial, mafieux, prédateur et criminel. Car ce changement politique ne tombera pas du ciel. Il a un prix à payer. Il faut faire un choix.

Tchadanthropus-tribune avec La rédaction de #TchadHanana

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