“ On ne peut jamais et au grand jamais dresser un bois sec “, m’avait dit mon professeur Djekaou Nestor Beban (ex Directeur de la Documentation et des Archives à l’École Nationale de Formation judiciaire et enseignant à l’Université de N’Djamena). L’être humain est, par nature, un sujet à l’erreur et nul n’est à l’abri des erreurs si ce n’est que l’omniscient, le maître de l’univers, le détenteur de toutes les connaissances.


Le coran nous a, dans sa sourate Ikhra, montré combien de fois la lecture est utile pour la transformation du cerveau humain. Et même le prophète Mohammed (paix et bénédiction soient sur lui) a reçu la visite de l’ange Gabriel qui lui a appris à lire avant d’avoir eu la chance de propager la parole divine (gloire à Allah).

 

Apprendre nous permet de connaître ce qui nous est impossible ou difficile, transformer notre cité, rendre vivable notre environnement et donner une forme existante à la chose apprise comme le dit l’aphorisme latin “forma DAT esse Rei “.

 

En rapport avec une publication que j’avais partagée avant hier, samedi 09 juillet 2016, je ne me permets pas de dire que je suis parfait et excellent dans mes publications, mes fautes et erreurs ont été, à maintes reprises, relevées et corrigées par mon professeur Abazène Aboumkoulla que je lui dis, une fois de plus, merci et je le remercie du plus fond de mon cœur.

 
Qu’Allah lui accorde une longue vie.


Grâce à cet espace social Facebook, j’ai appris pas mal des choses qui me sont vraiment bénéfiques à l’exemple des sujets d’actualité que notre ami Kebir Mahamat Abdoulaye pose chaque jour, d’analyses pertinentes de Lyadish Ahmed et d’exercices grammaticaux intéressants de Tchouanaba Patalet Mapori et Zusaane, aussi beaucoup d’autres amis dans leurs publications.

 

Revenons au sujet, objet même de l’article, qui, tantôt rejette la responsabilité de la baisse de niveau aux enseignants, tantôt aux parents et tantôt aux gouvernants qui crient chaque jour et tous les jours que l’école tchadienne cherche l’excellence, une excellence ratée d’avance et en grande partie responsable de ce cheminement vers une DISPARITION TOTALE DE NIVEAU.

 

 

Je me permets de dire que cette excellence cherche plutôt à primer la médiocrité et donner une autre "figure de noblesse" à cette école tchadienne, à notre école qui meurt à petit feu.

 

Beaucoup des personnes me diront que la langue française n’est pas notre langue maternelle, mais moi, je dis, dès lors que la constitution de notre pays, en son article 9, reconnaît le français et l’arabe comme langues officielles, celles-ci sont devenues ipso facto nos langues et si on doit les parler ou les écrire, ça doit absolument et nécessairement être bien, ne serait-ce que pour répondre à l’image de notre niveau.

 

 

L’école n’est pas un lieu où il faut aller faire les “m’as-tu-vu “ ?

Avec quel véhicule on m’a déposé aujourd’hui ou quel modèle de tenue, j’ai porté ? C’est ça l’image de notre école actuelle et certains élèves ne lisent même pas dix bouquins durant leur parcours scolaire et bizarrement, par quelle magie je ne sais, obtiennent leur baccalauréat et ironiquement avec MENTION parfois. De surcroît pas n’importe quelle série, série A4, une série sérieuse et sincère (les trois S compliqués).

 

La plupart de mes frères tchadiens sont fatalistes au point où ils confondent travail/destin, chance/mérite.


Depuis un certain temps, le gouvernement n’a pas manqué de faire une foultitude d’infrastructures scolaires dans presque toute l’étendue du territoire, de surplus, il a instauré une politique de l’EXCELLENCE primant les meilleurs élèves et les encourager à faire plus.

 

Oui, c’est une bonne politique ;


Oui, c’est une meilleure façon d’encourager les enfants et les inciter à travailler ;


Oui, c’est l’EXCELLENCE qui excelle vers la perfection, un vrai sobresalir (terme espagnol désignant le verbe exceller).


Mais quand cette excellence tant chantée et valorisée avec tous ses honneurs reconnaît comme excellent, un élève qui ne sait pas conjuguer le verbe échapper au passé composé ou ne sait pas que le nom chance est du genre féminin, ça, c’est la MÉDIOCRITÉ gravissime que notre système éducatif cherche à exceller.

 

Pour finir, je conclus par une anecdote qui m’a permis jus qu’aujourd’hui à ne pas écrire cela avec accent, c’était en 2006 quand nous étions en terminale, notre enseignant de français, Mr Mirengaye qu’on l’appelle affectueusement papa, que Dieu le bénisse, nous humiliait lors des contrôles si jamais on commettait des bêtises, il venait écrire toutes nos fautes au tableau et nous indexait.

Un jour, j’avais commis une faute grave et à l’accoutumée, Mirengaye ne m’a pas raté et m’a poussé à doubler d’efforts.

 

Par Matalama Adoum Tchoroma.

 

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