Une semaine après la visite d’Idriss Deby à l’Elysée et ses propos sur les avancées au Tchad, les leaders de l’Union des Syndicats du Tchad sont à Paris pour s’expliquer sur la crise sociale qui secoue le pays.
 

Depuis trois mois, l’UST a appelé la fonction publique à se mettre en grève pour réclamer l’application de l’accord avec le gouvernement tchadien sur la revalorisation des salaires des fonctionnaires. Les prix, y compris très récemment de l’essence, ne cessent d’augmenter. Faute de négociation sérieuse, le mouvement s’est durci en grève sèche. Condamnés, entre autres actes d’intimidation, à un an de prison avec sursis pour avoir fait circulé une pétition mettant en cause la gestion de la manne pétrolière (qui a recueilli quelques 5000 signatures, une première au Tchad),  les syndicalistes ne se sont pas découragés. Ils se battent pour plus de justice sociale au Tchad, un pays producteur de pétrole depuis 2003, mais où les bienfaits tardent à se faire sentir. La Banque mondiale qui avait soutenu le projet Doba sur l’exploitation du pétrole a fini par se retirer, critiquant la gestion du gouvernement. Le Tchad reste à ce jour l’un des pays les moins développés du monde, mais aussi l’un des plus corrompus selon la communauté internationale.
 

La dernière tentation d’intimidation en date est une lettre qui somme les fonctionnaires grévistes et les syndicats à mettre fin à leur grève "indéfendable" selon les propres termes du gouvernement tchadien. Un ultimatum qui expire le 15 décembre.

C’est pourquoi à 5 jours de la fin de cet ultimatum, déçus par l’absence de réactions et de soutien des autorités françaises, les leaders syndicaux tchadiens donneront une conférence de presse ce lundi 10 décembre 2012.

Mahamat Assileck Halata.
La Rédaction de Tchadanthropus-Tribune.

 

 
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