01/07/2016: TCHAD/Justice/Affaire Zouhoura: Dix ans de travaux forcés pour les violeurs de Zouhoura. De sources concordantes, la justice tchadienne aux ordres aurait jugé les violeurs de la jeune Zouhoura à des peines d’emprisonnement allant d’1 an à 10 ans de travaux forcés. Si sur la forme le régime veut faire de cette histoire un exemple parce que l’opinion internationale s’en est mêlée, une question de fond existe. Est-ce réellement cette sentence ira jusqu’au bout? Pourquoi certains accusés formellement par la victime ont été soustraits à la justice? Pourquoi encore cette histoire de fuite avec complicité de la prison de ce Djonga n’est pas élucidée? Les Tchadiens seront pris à témoin que cette affaire à partir du moment qu’elle touche aux enfants des hauts placés et des généraux, fera pschitt. Au bout de quelques mois, ils seront libérés ou à la limite graciés. Le reste est pour la consommation publique. Mais retenons au passage ce jugement d’1 an d’emprisonnement pour l’un, et 10 ans de travaux forcés pour les 6 autres. Un mandat d’arrêt aurait été lancé contre le huitième qui est en fuite depuis son évasion de la maison d’arrêt le 13 juin dernier. Il est aussi condamné à 10 ans de travaux forcés. Telle est la peine retenue contre les auteurs d’enlèvement, de séquestration, de viol et d’apologie de crime perpétré et leurs complices par la session criminelle du 30 juin 2016 au Palais de Justice de N’Djamena en l’absence de la victime (partie civile). Ni les circonstances atténuantes tenant à leurs jeunes âges et leur statut d’élèves ainsi le remord exprimé par l’un des accusés, Mahamat Bichara, au moment de l’instruction du dossier à la barre invoquée par le Procureur général pour requérir six mois d’emprisonnement ferme contre celui-ci et cinq ans de privation de liberté contre les autres, ni les plaidoiries des avocats des accusés sollicitant une condamnation des uns à une peine d’emprisonnement avec sursis et l’acquittement des autres, ni encore les quelques mots d’excuse présentés publiquement par les accusés à la victime, à sa famille et à toutes les femmes n’ont emporté la conviction de la cour ainsi que celle des jurés dans cette cause. Hormis l’accusé Hassane Youssouf Abdelkérim qui est condamné à douze mois d’emprisonnement ferme pour apologie du crime, les six autres écopent quant à eux de dix ans de travaux forcés pour s’être rendus coupables des crimes d’enlèvement de mineur, de séquestration et de viol. Il faut signaler qu’à cette audience, seulement six accusés ont comparu. Le septième surnommé Djonga qui s’était évadé de la maison d’arrêt quelques jours plus tôt se trouve toujours en cavale. La victime a aussi brillé par son absence à l’audience. Ce qui a amené la cour à prononcer une décision par défaut à l’encontre des deux, en réservant ainsi les intérêts de la partie civile et en décernant un mandat d’arrêt contre le fugitif. 

 

Tchadanthropus-tribune avec Le Pays-Tchad

 

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