25/07/2016: TCHAD/ONU: Selon nos correspondants à N’Djamena, l’ONU est inquiète du climat post-électoral entretenu par le pouvoir d’Idriss Déby envers l’opposition et la société civile. Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les Affaires politiques, M. Jeffrey Feltman, a terminé au Tchad sa tournée en Afrique centrale, en compagnie du Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique centrale, M. Abdoulaye Batilly. De ce qui a filtré de l’entretien lors de l’audience accordée par Idriss Déby, Mr Jeffrey Feltman aurait clairement demandé au pouvoir d’amorcer un dialogue avec l’opposition et la société civile, et de chercher à atténuer le climat social. Une position qui se démarque de la position ambiguë de la France, qui voit, sait tout, et qui n’est pas de bon conseil pour le peuple tchadien. À l’issue de l’audience avec le président Idriss Déby, M. Jeffrey Feltman a appelé « ses interlocuteurs à soutenir un dialogue inclusif, notamment en vue des prochaines élections législatives ». Il a souligné l’importance pour tous les acteurs concernés à s’engager dans un processus électoral pacifique et à s’abstenir de tout acte de violence. Mais nos confrères de Tchadpages ont remarqué que le haut responsable onusien semble ignorer que, depuis plus de trois mois, le gouvernement tchadien empêche délibérément l’accès à internet et aux réseaux sociaux, situation largement dénoncée par l’ONG Internet sans frontières (ISF) et 17 autres organisations dont le Réseau panafricain des défenseurs des droits de l’homme et Witness, qui disent détenir les rapports d’usage de plus de 300000 internautes. « La raison est politique: le gouvernement tchadien a ordonné aux opérateurs de télécommunications de réduire l’accès aux réseaux sociaux à la suite des manifestations massives qui ont secoué le pays en 2016 », accusent ces ONG. Faut-il rappeler que le vendredi 1er juillet 2016, les Nations Unies ont adopté une résolution condamnant les pays qui perturbent intentionnellement l’accès à Internet de leurs citoyens? Cette résolution a pour vocation de réaffirmer en particulier la liberté d’expression couverte par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’ONU a fait donc de l’accès à Internet un droit des peuples. À N’Djamena, les Tchadiens n’ont pas entendu une quelconque condamnation du Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les Affaires politiques de la censure qui perdure malgré les dénonciations des ONG des droits de l’Homme.

 

Tchadanthropus-tribune avec Tchad Convergence

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